DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
rétine peut devenir total dans un temps relativement trèscourt, comme il nous a été donné de l'observer.
A une période avancée du mal on peut craindre encore les effets fdcheux de la rétraction du corps vitré; cette rétraction déforme le globe, le rend petit et mou (phthisique), et peut, en déterminant des tiraillements sur l'iris et les procès ciliaires, provoquer le développementd'une iritis ou d'une cyclite. Dans ce cas également, le cristallin perd sa transparence (cataracte vraie ou cataracte calcaire régressive).
Diagnostic différentiel, — Les seules affections que l'on puisse, à un examen superficiel, confondre avec le décollement de la rétine sont :
1" Une variété de rétinite parenchymateuse décrite tout récemment par Manz (1) sous le nom de rétinite proliférante. Mais, ainsi que l'auteur le fait observer (p. 233), la marche de l'affection, la forme de la lésion (plis à pic), la disposition des vaisseaux qui ne forment pas de crochets et sont comme enfoncés dans la masse, empêchent de confondre cette maladie avec un décollement rétinien ;
2" Le décollement du corps vitré seul, avec accumulation de liquide séreux entre ce corps et la rétine, mais sans décollement concomitant de cette dernière membrane. Knapp (2) le premier a porté sur le vivant un diagnostic de ce genre, vérifié plus tard par la dissection de l'œil énucléé; il parle simplement de membranes bleuâtres, ondulées et flottantes. Le corps vitré était décollé en entonnoir dans toute son
(1) W. Manz, Rédnitis proUferans. Arch. f. Ophth., XXII, p. 229-235, 1876- (2j Knapp, Arch. f. Ophth., LVIII, 1.
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étendue, tandis que la rétine et la choroïde étaient restées en place.
Galezowski, dans son Traité des maladies des yeux (p. 535) et dans une communication faite sur le môme sujet à la Société de biologie (1), assigne à cette affection les caractères suivants :
1° La maladie se développe (comme le décollement rétinien) sur des yeux fortement myopes et qui sont le siège d'une choroïdite atrophique. 2" Elle peut survenir à la suite de l'opération de la cataracte avec issue de l'humeur vitrée (même cause pour le décollement de la rétine). 3° Le début est brusque (comme pour le décollement de la rétine). Mais voici où commencent les différences : 4" Il n'y a rien qui ressemble à une membrane flottante; tout ce qu'on voit, c'est une tache semi-lunaire, sorte d'arc de cercle grisâtre qui contourne les deux tiers externes de la papille dont il reste distant d'un diamètre papillaire. Ce qui pourrait faire croire au premier abord qu'il s'agit là d'un décollement rétinien, c'est que les vaisseaux, arrivés à la tache semi-lunaire, forment des crochets. Cette apparence flexueuse des vaisseaux rétiniens serait due, pour l'auteur, à un effet de réfraction.
Ainsi la différence entre ces deux lésions, dit l'auteur, est grande; de plus le décollement isolé de l'humeur vitrée est rare, tandis que le décollement de la rétine est beaucoup plus fréquent ;
3° Le cysticerque du corps vitré. Le trouble parfois subit de la vue, comme dans le cas cité par Gra^fe (2), le rétrécissement du champ visuel sur l'une de ses parties, et plus lard
(1) Bulletins de ta Société de biologie, 1877.
(2) Gr^fe, Arcli. f. Augenlieilk., H, 1 p. 263.