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TRAITEMENT DU DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

son obscurcissement total, finalement la présence dans ce milieu d'une vésicule bleuâtre, pourraient en imposer au premier abord pour un décollement de la rétine, avec ou sans troubles lloconneux concomitants du corps vitré. Mais l'absence de tous les signes ophthalmoscopiques qui dénotent la présence de la rétine, surtout l'absence de vaisseaux et la possibilité de constater les mouvements de l'entozoaire lorsque l'humeur vitrée reste suffisamment transparente, lèveront tous les doutes.

4" Le gliome de la rétine, que nous avons mentionné précédemment, ne saurait être confondu davantage avec le décollement, sauf dans quelques cas exceptionnels de décollement total avec transformation celluleuse des parties, analogues à celui déjà cité précédemment.

Traitement. — L'inefficacité des agents médicamenteux a suggéré de bonne heure l'idée de traiter le décollement de la rétine par des moyens chirurgicaux. Sichel (1) eut le premier l'idée d'évacuer, à l'aide d'une ponction pratiquée à travers la sclérotique, le liquide épanché sous la ré line, mais c'est Kittel (de Yienne) qui a exécuté pour la première fois cette opération sur le vivant. Après lui Grœfe (2) a tenté d'établir une communication entre le corps vitré et le liquide sous-rélinien ; c'est cette dernière opération qui a prévalu en Allemagne, en Angleterre et en France. Le procédé opératoire a un peu varié au point de vue de l'instrumentation. Ainsi Bowman (3) fait la déchirure au moyen de deux aiguilles à cataracte. Wccker se contentait d'abord de vider le liquide

(1) Sichel, Iconographie ophthalmologiqiie.

(2) Gr^eke, Arch. f. Ophtlialm., IX, 2 p. 85.

(3) RowMANN, Ophtkalmic Ilospilal's Reports, 1866, p. 133.

à l'aide d'un trocart-aiguille, puis il a donné la préférence au couteau à cataracte de Gniefe. Galezowski s'est servi d'un couteau semblable, mais à double trancliant, et muni d'une cannelure pour faciliter l'écoulement du liquide.

Quel que soit l'instrument employé pour pratiquer la paracentèse de l'œil et de la poche rétinienne, il faut s'éloigner autant que possible de la cornée, de 7 à 11 millimètres au moins, pour éviter de blesser le corps ciliaire, blessure qui ne manquerait pas d'offrir de la gravité.

Quant aux résultats obtenus par cette méthode, ils ont été très-variables et la plupart du temps peu satisfaisants. On a même signalé des cas de suppuration avec perte de l'œil opéré. C'est pour cela sans doute que Wallon (1) considère cette opération comme dangereuse et lui préfère un traitement général et Tocal antiphlogistique. Hirschmann a vu dans le service de Pagenstecher quatre opérations de discision du décollement, suivies d'inflammation violente et même, dans un cas, d'irido-cyclite : aussi il condamne cette opération, quoique Pagenstecher ait obtenu une amélioration dans àeiit autres cas; cet auteur a fait en tout 11 opérations sur 8 malades.

D'après les statistiques de Greefe, sur 50 malades opérés, la moitié seulement eurent une amélioration notable, et cette amélioration ne dura pas plus de quatre mois à Un an, les récidives survenant presque toujours avant cette époque. Une seule fois Grœfe a vu l'amélioration se maintenir pendant deux années. A ce dernier cas, relativement heureux, de Grœfe, on peut en ajouter deux autres. Le prenlier est Celui de Arlt, relaté dans la monographie de Rydel (de Gra^

(1) Walton, Med. Times and Gazette, 1866 et 1869.

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covie), et dans lequel il n'y avait pas encore de récidive après U mois ; l'autre, celui de Secondi (1), concernant un paysan de soixante-huit ans, chez lequel il n'y avait pas eu de récidive cinq ans et demi après l'opération. L'auteur italien attribue cet heureux résultat, encore unique, à l'absence d'altérations profondes des membranes et à la simplicité du décollement qui était récent, circonscrit et constitué par une sérosité transparente. Ces cas exceptionnels étant misa part, Secondi n'a vu, dit-il, sur une cinquantaine de malades opérés par lui, que de simples améliorations qui disparaissaient au bout de peu de semaines.

En thèse générale, cette opération peut être suivie de douleurs et d'irritation de l'œil, mais rarement elle provoque des accidents graves. Ainsi, d'après Graefe, sur ^0 cas, près de la moitié, l'opération n'a pas occasionné d'inflam: mation et n'a pas altéré la vue. Zehender (f) affirme qu'une seule fois sur 50 opérations Grsefe aurait perdu un œil, et encore cet insuccès était-il dû à une tumeur sous-rétinienne.

Bowmann n'a pas vu d'accidents graves, et la vision se serait souvent améliorée, soit immédiatement, soit au bout de quelques jours ou de quelques semaines.

Wecker, de son côté, soutient l'innocuité de l'opération, et siir 12 cas il n'aurait eu qu'une seule fois de l^irido-choroïdite suppurative avec hypopyon.

De notre côté, sur six opérations de ce genre 3 nous n'avons jamais eu d'accidents, sauf de la congestion avec douleurs ciliaires parfois intenses; mais nous en sommes

(1) SEf:oNDi, An7mUdi oltalmologia, di Milano, 1871.

(2) Zehender, Klin. Momtsbldlter; 1860.

encore à attendre une amélioralion durable. Cela suffit à prouver que la paracentèse constitue une méthode Irès-infidèle, et nous concevons qu'on ait cherché à lui en substituer d'autres, telles que l'iridectomie et le drainage.

Virideclomie a été proposée et pratiquée, dans les cas de décollement de la rétine, par Galezowski, sans doute dans l'espoir de modifier favorablement la nutrition et les sécrétions de l'œil. L'auteur pense que cette opération est capable d'arrêter les progrès de la maladie, à condition que l'iris soit excisé au voisinage de la partie décollée {loc. cit., p. 277). Poucet se déclare également partisan de cette opération {loc. cit.), mais sans apporter aucun fait clinique à l'appui. C'est donc là un point de pratique chirurgicale qui ne nous paraît pas encore résolu, bien que notre expérience personnelle lui soit défavorable.

Le drainage de l'œil est une nouveauté sur laquelle son auteur, de Wecker, n'a pas encore formulé une opinion définitive. Malgré cela, comme elle constitue un mode particulier de traitement applicable, d'après son auteur, aussi bien au décollement de la rétine qu'à d'autres affections hydrophthalmiques de l'œil ou même à certains glaucomes, nous en parlerons en détail.

Flarer, de Grœfe, et tout récemment Feuer (1), avaient proposé l'emploi d'un séton filiforme (fil de soie) placé dans l'œil pendant quelques jours, en vue d'obtenir la réduction de cet organe dans l'hydrophthalmos. Ces deux premiers auteurs passaient intentionnellement ce fil à travers le corps ciliaire pour y développer une inflammation qu'ils croyaient favorable à leur but. Ce procédé, dou-

(1) Pener, Wiener Med. Press., 1875, p. 25.

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