‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 24 sur 41 · STRUCTURE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU NERF OPTIQUE

breuses fibres élastiques. Les noyaux el les cellules qu'on y rencontre ne lui appartiennent pas en propre, ils dépendent de la membrane adventice des vaisseaux qui la pénètrent (1). D'après Sappey (2), Ilenle (3) et Merckel (4), ces vaisseaux forment un réseau à larges mailles et sont accompagnés d'un plexus nerveux très-délié provenant des filets ciliaires du ganglion ophthalmique. Schwalbe (5), au contraire, nie l'existence de tout filet nerveux, aussi bien à la surface qu'à l'intérieur du nerf optique, de même que le long de l'artère et de la veine centrale de la rétine. Mais G. Krause (6), en traitant le nerf optique par une solution d'acide acétique à 3 pour 400, a pu se convaincre de l'existence de ce plexus dont les mailles, de plus en plus fines, peuvent être suivies sur l'artère et la veine centrale de la rétine et sur leurs principales branches.

La gaîne interne ou névrilématique adhère intimement au tissu du nerf auquel elle envoie de nombreuses cloisons interfasciculaires, d'où l'aspect caractéristique de moelle de jonc que présentent les coupes transversales de ce nerf. De la face externe de cette gaîne partent une foule de filaments entre-croisés qui la relient à la gaîne externe, mais d'une façon assez lâche pour permettre le glissement du nerf dans sa gaîne sclérale. Ces filaments, examinés à un fort grossissement, surtout après avoir été colorés par le carmin ou la purpurine, se trouvent formés par des faisceaux

(1) Leiîer, Arch. f. Ophthalm., XIV, % p. 169.

(2) Sappey, Journal de l'anatomie et de la physiologie, t. V, p. 47, 1868.

(3) Henle, Nervenlehre, 1873, p. 359.

(4) Merckel, Grœfe und Sœmisch Handbuch, 1874, t. I, p. 124.

(5) Schwalbe, ibid.,ip. 358.

(6) G. Krause, Arch. f. Ophthalm., XXI, l,p. 296-298.

(le Lissu conjonclif ondulés et entourés d'une gaine vitreuse renfermant, d'après Leber (1), de grands noyaux ovales et finement granulés.

Nous avons eu l'occasion d'étudier nous-même les faisceaux qui relient les deux gaines du nerf optique, et nous les avons trouvés constitués par des gaines vitreuses anastomosées et confondues entre elles, surtout là où les faisceaux conjonctifs s'entre-croisent. Ces faisceaux possèdent non de simples noyaux, mais des cellules plates à très-grands noyaux, analogues aux cellules endothéliales. L'élasticité dont jouissent ces faisceaux nous semble devoir être attribuée uniquement à la gaine vitreuse qui les entoure et que nous considérons comme une membrane élastique. Quant aux nombreuses fibres élastiques entrelacées qui, d'après Dond^rs et Henle, serviraient à relier les divers foisceaux entre eux, nous ne les avons pas observées (2).

Dans un cas de décollement infundibuliforme total de la rétine, simulant à l'examen ophthalmoscopique une tumeur choroïdienne avec soulèvement de la membrane nerveuse, Reich (3) a trouvé le nerf optique augmenté de volume et l'espace intervaginal rempli et oblitéré par suite de la prolifération de l'endothélium. Une prolifération cellulaire semblable s'observait entre la choroïde et la sclérotique au voisinage de la papille. La choroïde était saine ainsi que la gaînedes vaisseaux, très-réduits de volume d'ailleurs. D'après Reich, il s'agissait ici d'un endothélium qui, en effaçant la cavité vaginale et en entravant la circulation de la lymphe,

(1) Leber, loc. cit.

(2) Panas, Bull, de la Soc. de chir., 1876 (avec figure).

(3) Reich, Zur Pathologie des Sehnerven. Arch. f. Ophlh., XXII, 1, p. 103.

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