‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 25 sur 41 · STRUCTURE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU NERF OPTIQUE

avait produit secondairement le décollement de la rétine. C'est là, croyons-nous, un fait analomo-palhologique important et que l'on fera bien de ne pas perdre de vue à l'avenir, toutes les fois que l'on examinera au microscope des yeux atteints de décollement de la rétine. Reich a trouvé une hypergénèse non de simples noyaux, mais de cellules comme celles que nous avons décrites nous-même à l'état normal. Plusieurs de ces cellules, dans le cas examiné par le chirurgien de Saint-Pétersbourg et chez un enfant de douze ans, avaient déjà subi l'altération graisseuse régressive. La rétine elle-même, altérée dans ses éléments, offrait dans ses différentes couches, surtout vers les cônes et les bâtonnets, de gros globules colloïdes.

Le tissu pro-pre du nerf est constitué : 1" par des faisceaux de fibres nerveuses longitudinales et parallèles; 2° par des cloisons conjonctives de plus en plus fines (névrogiie), qui sont, comme nous l'avons déjà dit, une dépendance de la gaîne interne du nerf. Les faisceaux nerveux, plutôt polyédriques que cylindriques, offrent, sous le champ du microscope, un aspect plus foncé que les cloisons conjonctives qui, sur plusieurs points, les séparent incomplètement les uns des autres. Chaque faisceau est composé de fibres nerveuses très-fines pourvues d'une gaîne myélinique et devenant rapidement variqueuses après la mort. On admet généralement que cette gaîne disparaît pour la plupart des fibres au moment de leur pénétration dans l'œil à travers la lama criblée. Henle toutefois pense, comme il a été dit, que la gaîne myélinique, simplement réduite, se continue dans la rétine, et que c'est à l'amincissement des fibres optiques, et non à la disparition de la myéline, qu'est due la transpa-

rence de la couche des fibres nerveuses. On sait d'ailleurs que, chez certains animaux et parfois chez l'homme, un certain nombre de ces fibres restent blanches et opaques à l'intérieur de l'œil. Il peut arriver, au contraire, que les fibres optiques deviennent transparentes bien avant la lame criblée; dans ce cas, d'après la remarque de Jseger, le regard peut pénétrer dans le nerf à une profondeur considérable; on peut alors commettre l'erreur de croire à une excavation profonde de la papille (1).

Les cloisons conjonctives^ ou névroglie, sur des coupes préalablement éclaircies par l'huile de térébenthine, comme le recommande Leber, ont l'aspect d'un réseau très-fin, à mailles transversales, et possédant des rangées de cellules endothéliales plates, munies d'un noyau et pourvues de prolongements qui pénètrent entre les fibres nerveuses.

Les vaisseauar du nerf optique méritent une description détaillée, d'autant plus qu'on leur a fait jouer un grand rôle dans la pathologie de l'œil et du cerveau. Nous ne parlerons ici que des vaisseaux sanguins, car les lymphatiques, décrits par Walfring (2), nous semblent mériter de nouvelles recherches avant d'être définitivement admis.

Les vaisseaux sanguins viennent de deux sources, de la gaine externe et des vaisseaux centraux. Nous étudierons successivement la disposition et l'origine des vaisseaux dans les différentes régions traversées par le nerf.

Dans le crâne, le nerf optique est alimenté par des vaisseaux venant de la pie-mère et du cerveau. Dans l'orbite, jusqu'à une distance de 15 à 20 millimètres de l'œil, les

(1) Weckër et J.EGER, Traité des maladies du fond de l'œil, p. 54,

(2) Walfrino, Arch. f. Ophth., XVHIj 2, p. 10.

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