VAISSEAUX DU NEUF OPTIQUE
rameaux vasculaires viennent des artères ciliaires. Plus loin, les vaisseaux centraux de la rétine pénètrent dans le tissu môme du nerf, lui abandonnent un grand nombre de ramuscules qui s'anastomosent, d'une part, avec ceux qui viennent (les enveloppes du nerf, et d'autre part, avec des branches récurrentes fournies par un cercle artériel situé autour de la papille, et dans l'épaisseur de la sclérotique. Ce cercle sclérotidien, nommé aussi « cercle artériel de Zinn », du nom de l'auteur qui le décrivit le premier, provient des
I artères ciliaires courtes et, d'après Leber et H. MuUer (1),
I fournit à la papille des rameaux très-minces. Ainsi la partie terminale du nerf est aussi la plus vasculaire. Ce fait rend
I bien compte de la couleur rougeâtre de la papille optique à l'état normal. On comprend aussi par là qu'une inflammation localisée à la partie terminale du nerf optique (névrite rétrobulbaire) puisse suffire pour donner à la papille une coloration rouge intense.
L'assertion de Galezowski (2), d'après lequel la papille recevrait directement des vaisseaux du cerveau, ne saurait être considérée comme exacte au point de vue anatomique. Les déductions que certains cérébroscopistes ont voulu tirer de l'état de la circulation de la papilleoptiquepour juger des lésions correspondantes du cerveau manquent ainsi de base
: anatomique, de même qu'elles manquent de base clinique. Leber, dont nous partageons complètement l'avis, pense que la fantaisie a joué en tout cela le plus grand rôle.
I (1) H. MuLLER, Archiv. f. Ophthalm., IX, 2, p. 8, 10. (2) Galezowski, Gaz,, hebd., 1865, no 51.
Sommaire. — Palliologin du nerf 0|)li(|uc. — Embolie des vaisseaux de la rétine et du nerf optique. — Division. — Syniploinatologie. — Mardie. — Étiologic. — Anutoniie patiiologiquc. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.
Avant d'aborder l'étude de l'intlammation du nerf optique, nous exposerons les troubles circulatoires dont ce nerf peut être le siège. Cette étude nous permettra de mieux saisir les caractères propres aux névrites optiques, en même temps qu'elle nous conduira à nous occuper de l'embolie de l'artère centrale de la rétine. Cette dernière affection constitue précisément une transition naturelle entre les maladies de la réline que nous venons d'étudier, et celle du nerf optique; aussi c'est par elle que nous commencerons.
Embolie des vaisseaux de la rétine et du nerf optique.
L'obstruction des artères de la rétine par une embolie peut être totale ou partielle. Dans le premier cas, il s'agit de l'oblitération du tronc même de l'artère; dans le second cas, l'oblitération porte sur une ou plusieurs de ses subdivisions.
Avant de chercber à établir les signes qui caractérisent l'embolie rétinienne, il est bon de rappeler ce que les expériences sur les animaux et les observations sur l'homme
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nous ont appris au point de vue de la possibilité du rétablissement de la circulation rétinienne. La réline et le neri" optique reçoivent leur nutrition non-seulement des vaisseaux centraux, mais aussi du cercle de Zinn, émanation des artères ciliaires courtes postérieures, ainsi que d'autres troncules venus directement de ces mêmes artères ciliaires. Il se pourrait, en outre, que les couches les plus externes de la rétine, privées de vaisseaux, reçussent des éléments nutritifs de la choroïde sous-jacente, par simple voie de diffusion, comme cela a lieu pour le cristallin et l'humeur vitrée. Quant à l'établissement d'un courant collatéral entre les vaisseaux de la choroïde et ceux de la rétine vers l'ora serrata, lorsque la circulation de la rétine est interrompue, comme l'ont prétendu Kugel (1) et Rosow (2), rien ne démontre que cela soit exact. Leber (3) pense que chez l'homme l'anastomose des vaisseaux rétiniens et des vaisseaux ciliaires, surtout au niveau du cercle artériel de Zinn, peut seule aider au rétabhssement de la circulation ; et même cette circulation collatérale ne s'établit qu'à la longue en restant toujours incomplète. Leber en conclut que l'artère centrale doit être considérée comme une endartère dans le sens attribué à ce mot par Conheim (4).
Les choses se passent autrement, d'ailleurs, suivant que le tronc de l'artère centrale ou l'une de ses branches sont oblitérées. Dans le premier cas, la pression intra-oculaire s'oppose à l'entrée d'un faible courant collatéral dans le globe, et les vaisseaux de la' rétine restent vides. Dans le
(t) KUGEL, Arch. f. Ophthalm., IX, 3, p. 129,
(2j Rosow, Bull. del'Acad. rfessciences de S<-Péfers6ou/'£f, t. XLIX eL L, 1864. (3) Leber, Grœf's Archiv., XVIII, 2, p. 25.
( i) CoNUEiM, Untersehungen ûber die embol. Processe, Berlin, 1873. PANAS. -14
second ^c'est-à-di 1-e lorsqu'une l)ranchc seulement de l'artère centrale est oblitérée, il survient un ralentissement dans la circulation des veines correspondantes, avec reflux de sang des veines voisines. Il en résulte une thrombose avec ou sans taches apoplectiques, dans le territoire de l'artère oblitérée, ainsi que cela a été observé par Sœmisch (1), par .Hirschmann (2), par Knapp (3) et par quelques autres. Chez un malade qui s'est présenté tout récemment à nous à l'hôpital Lariboisière, la moitié supéro-externe du champ visuel était seule obscurcie, ce qui correspondait à un trouble circulatoire dans les points diamétralement opposés de la rétine.
Symptoinaiologie. — Nous décrirons séparément l'embolie de l'artère centrale et l'obstruction de l'une de ses branches, vu la diversité des symptômes dans l'un et l'autre cas.
Sur une trentaine de cas pubUés jusqu'ici sous la dénomination à^embolie totale de Vartère centrale de la rétine^ ce qui frappe, c'est la variété même des divers aspects ophthalmoscopiques décrits par les auteurs, ainsi que la marche différente de la maladie dans des cas réputés identiques. On est dès lors en droit de se demander si toutes les observations données comme telles, rentrent réellement dans la classe des embolies. En pareil cas, l'obstacle à la circulation artérielle, l'embolie, siège profondément dans la portion du tronc artériel située derrière la lame criblée et au centre même du nerf optique; il devient dès lors inacces-
(1) SiEMiscu, Klinische Monatsblàlter, IV, p. 32.
(2) Hirschmann, ibid., p. 37.
(3) Knapp, Arcliiv. f. Attgen und Ohrenheilkimde, I, p 29.