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SYMPTOMES DE L'EMBOLIE

d'un pointillé brillant disposé en anneau et qui, d'après Mauthner, serait dû à la présence de cristaux de cholestérine. A une période encore plus avancée de l'atrophie, la macula s'éclaircit, mais en perdant toute trace de vaisseaux rétiniens périphériques.

Dans des cas plus favorables, mais malheureusement exceptionnels, la vision centrale reparaît sans que le champ visuel gagne notablement d'élendue. L'ophthalmoscope nous révèle alors des changements du côté des vaisseaux, dont le calibre augmente principalement vers l'équateur. Le voile grisâtre et les lésions de la macula disparaissent également. Des altérations visibles à l'ophthalmoscope, il ne reste qu'une pâleur uniforme de la papille et Tétroitesse des vaisseaux qui la parcourent.

Le début de l'affection se caractérise par l'apparition brusque d'un voile qui couvre soudainement la vue et qui, au bout de quelques instants, met un œil dans un état de cécité absolue. Ce double caractère de la soudaineté de l'attaque et de son siège unilatéral doit toujours faire penser à l'embolie de l'artère centrale. Si la cécité se montre brusquement sur les deux yeux à la fois, comme nous venons d'en observer un exemple à Lariboisière, il faut songer à une lésion centrale (apoplexie de l'encéphale dans la région du centre optique), ou bien à une double névrite optique (névrite rétro-bulbaire de Grsefe). Il serait bien difficile, en effet, d'admettre une embohe survenant au même instant dans les deux systèmes des artères carotides droite et gauche, et par suite dans les deux artères ophthalmiques et les deux artères centrales à la fois.

Il n'est pas rare de voir l'embolie de l'artère centrale se

montrer l;i nuil, pendant le sommeil du malade, qui s'en aperçoit alors à son réveil. Mautliner (1) et Wecker (2) ont publié des faits dans lesquels les malades, avant de perdre la vue d'un œil, avaient été sujets pendant quelque temps à une sorte d'obscurcissement momentané périodique de la vision du même côté. Ainsi, chez le malade de Wecicer, il survenait le soir un obscurcissement momentané de l'œil menacé, qui se dissipait quelques instants après pour réapparaître les jours suivants et de la même manière. Chez notre malade, dont il a été parlé précédemment, il y a eu trois de ces attaques prémonitoires dans l'espace d'un mois. La durée de chaque attaque avait été d'un quart d'heure à une demiheure.

Peut-être, dans les cas de ce genre, ainsi que le pense Mauthner, la forme elle siège de l'embolie se trouvaient être telles qu'au début le courant sanguin, momentanément entravé, finissait par se rétablir, et cela jusqu'au moment où l'obstruction devenait complète et définitive. Quant à ce fait, que l'embolie de la rétine se montre le plus fréquemment pendant la nuit, il s'explique par la position déclive de la tête, qui facilite la progression du caillot.

Lorsque l'embolie de la rétine est partielle, c'est-à-dire lorsque l'une des branches collatérales de l'artère se trouve seule oblitérée, les symptômes ophthalmoscopiques et les symptômes fonctionnels diffèrent de ceux que nous venons de décrire. Saîmisch (4) le premier, puis Hirrschmann (5),

(1) Mauthner, Lehrbuck der Ophthahnoscopie, p. 342.

(2) De Wecker, Traité des maladies du fond de I'orH, p. 150 (note).

(3) Mauthner, Mediz. Jahrb. V. Stricker 1873. Lif. 2, p. 195-212.

(4) S^EMiscH, Klinische Monatsblàlter, IV, p. 32.

(5) Hirrschmann, ibid., p. 37.

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