‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 30 sur 41 · DIAGNOSTIC DE L'EMBOLIE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE L'EMBOLIE DE LA RÉTINE

j rière le vaisseau est réduit à un calibre très-pelil, à peine perceptible; toutefois il contient encore çà et là quelques ; amas granulaires. Plus en arrière encore, il présente une dilatation, puis un rétrécissement. Les veines de la papille ont subi une réduction de calibre, tout en restant beaucoup plus volumineuses que les artères. Il n'y a plus apparence de capillaires dans la papille ni dans la lame criblée. La rétine, au pourtour de la papille, à la distance d'un dia- ( mètre papillaire environ, est parcourue par de nombreux capillaires plus ou moins dilatés; leur direction est oblique ou perpendiculaire à la couche des fibres nerveuses; ils semblent provenir de la choroïde, sans que toutefois on puisse les poursuivre au delà des couches granulaires de la rétine. Les noyaux, dans le nerf optique, ne sont guère plus nombreux qu'à l'état normal; mais les fibres nerveuses ont subi un commencement de dégénérescence; on trouve parmi elles un certain nombre de globules de myéline. Ajoutons à ces détails que, pendant la vie, l'aspect louche de la rétine étant aussi marqué autour de la papille que dans la région de la macula, celle-ci n'offrait pas la tache rouge que l'on a considérée comme pathognomonique. L'examen du cœur montrait un épaississemBnt et des rugosités de la valvule mit raie, avec des concrétions calcaires sur la face auriculaire de cette valvule. Il y avait des caillots anciens dans les auricules et à la pointe du ventricule droit. Les poumons, les reins et la rate étaient le siège d'infarctus.

Diagnostic. — En outre des signes précédemment indiqués, une affection cardiaque, lorsqu'elle existe, confirme toujours le diagnostic d'embolie rétinienne; aussi faut-il la rechercher avec le plus grand soin. En l'absence de tout

«22 QUlNZlEMli LEÇON.

signe de maladie du cœur, la marche des accidents oculaires servira de guide et cmpôcliera de confondre l'affection qui nous occupe avec une névrite ou une atrophie simple du ncrl optique.

L'embolie est à peu près la seule affection qui puisse déterminer d'un seul côté une cécité instantanée et définitive, suivie de légers troubles passagers de la membrane nerveuse et d'une atrophie rapide de la papille. L'amincissement excessif des vaisseaux centraux, allant parfois jusqu'à la disparition de certains d'entre eux, qui se montre presque au début de l'attaque, sert à différentier nettement l'atrophie de la papille par embolie de l'atrophie consécutive à d'autres lésions. Dans ce dernier cas, en effet, ce n'est qu'au bout d'un temps fort long, de plusieurs années même, que cette dimiuution des vaisseaux centraux peut se montrer.

Pronostic. — L'affection se termine le plus souvent par une amaurose incurable; de plus, on peut craindre de voir survenir dans le cerveau des accidents du même ordre. Ainsi, dans les observations de Landsberg (1) et Galezowski (2), peu de temps après l'embolie rétinienne il survint une attaque d'hémiplégie complète, avec ou sans aphasie concomitante.

Les embolies partielles offrent généralement un pronostic plus favorable.

Traitement. — Aucun des traitements essayés jusqu'ici n'a

(1) Landsberg, Arch. f. Ophth., XV, 1, p. 214.

(2) Galezowski, loc. cit., p. 665. {Observation relative à un jeune malade du service de Chareot.)

(3) QuAGLiNO, Deux observations d'amatirose soudaine par embolie, in Annales d'oculistique, t. LXVI, p. 159, 1866.

Page 1