‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 34 sur 41 · TROUBLES FONCTIONNELS DES NÉVRITES · texte numérisé non relu

TROUBLES FONCTIONNELS DES NÉVRITES

ration de son tissu et une diminution notable du calibre des vaisseaux. Tl ne faudrait pas toutefois chercher une relation rigoureuse entre les troubles fonctionnels et les lésions révélées par l'ophtlialmoscope, car il peut exister une acuité visuelle satisfaisante, dans des cas où l'atrophie de la papille paraît très-avancée, et inversement on peut trouver une cécité à peu près complète, tandis que le nerf paraît peu altéré. En dehors des cas de névrites symptomatiques d'une tumeur cérébrale oii la promptitude de la cécité égale sa gravité, on peut dire avec Greefe, d'une façon générale, qu'une inflammation du nerf survenue très-promptement a plus de chances de guérison que lorsqu'elle se manifeste lentement en s'accompagnant d'une diminution progressive de la vue. Toutes choses égales d'ailleurs, la névrite optiqueparaît moins funeste chez les jeunes sujets que chez les adultes, probablement à cause de la plus grande extensibilité de l'anneau scléral qui rend les effets de l'étranglement moins prompts €t moins complets chez les premiers.

La photopsie et la chromopsie sont parfois liées à la période aiguë de la maladie, plus rarement à la forme chronique. Ce sont là, bien entendu, des images purement entoptiques. La photophobie est très-rarement observée.

La névrite et la névro-rétinite dépendent presque toujours d'une lésion du cerveau et des méninges; aussi elle s'accompagne souvent de troubles généraux. On trouve assez souvent des vomissements, des céphalalgies et des névralgies oculaires ou périorbitaires. L'hémiplégie et les paralysies des muscles moteurs de l'œil, en particulier de la troisième paire, indiquent bien qu'il s'agit là d'une lésion cérébrale dont on peut même arriver à préciser le siège exact, comme

nous avons pu le faire deux fois cette année dans notre clinique de l'hôpital Lariboisière. Chez le premier malade il s'agissait d'une double névrite par stase, sans aucun signe de paralysie motrice; nous portâmes le diagnostic, vérifié en tous points par l'autopsie, de tumeur sarcomateuse de la base dans la région du chiasma. Chez le second, la névrite, déjà parvenue à la période atrophique, s'accompagnait d'une paralysie des deux oculo-moteurs, surtout de celui du côté gauche. Notre diagnostic de tumeur de l'espace interpédonculaire s'est trouvé également exact : à l'autopsie nous avons trouvé le moteur oculaire commun du côté gauche englobé dans la tumeur et atrophié; celui du côté droit était simplement comprimé par le néoplasme qui provenait surtout du pédoncule cérébral gauche et de la partie voisine de la lame interpédonculaire.

Sommaire. — Névrite et névro-rélinitc (suite). — Anatomie pathologique. Éliologie. — Pronoslic. — Traitement.

Les lésions fondamentales de la névrite optique consistent dans l'œdème de la papille, dans l'altération variqueuse des libres nerveuses et dans une hyperplasie du tissu conjonctif du nerf et de (a partie voisine de la rétine.

Cette hyperplasie, très-peu étendue pour Sa^misch (1), Leber (2) et Iwanoif (3), occupe de préférence la membrane adventice des vaisseaux et les couches postérieures de la rétine, tout autour de la papille, d'où dépend en partie la saillie de celle-ci. Le gonflement du disque optique est également dii à l'altération variqueuse des fibres nerveuses, et c'est aussi à cette dernière altération que l'on doit rapporter les plaques blanches dont la rétine est le siège. Leber insiste particulièrement sur ce fait que les fibres ainsi groupées perdent la propriété de se colorer en noir par l'acide osmique , comme le font les fibres nerveuses saines. Dans certains cas, en outre des lésions précédentes, on trouve des apoplexies et des dépôts de pigment.

La lame criblée met assez longtemps obstacle à l'envahis-

(1) SMMiscn, Beitrage z-ur normalen uncl path. Anat. des Auges, Leipzig, 1862.

(2) Leber, Arch. f. Ophlhalm., XIV, 2, p. 333-378.

(3) IwANOFF, Klin. Momlsbl. f. Augenheilk, 1868.

PANAS. le

sèment du nerf optique lui-môme par les altérations de nutrition que nous venons d'indiquer. Elle finit toutefois par céder, et dans ce cas on a affaire h une névrite ascendante, caractérisée par la prolifération du tissu conjonctif le long des vaisseaux et de la gaîne interne du nerf, y compris le stroma de celui-ci (périnévrite et névrite interstitielle).

Nous avons déjà parlé de l'hydropisie de la gaîne du nerf et du rôle important qu'elle semble jouer. Parinaud (/oc, cit, p. 37), dans les autopsies de névrites consécutives à la méningite qu'il a faites, dit avoir toujours retrouvé l'hydropisie de l'espace sous-vaginal. En même t6mps que cet état œdémateux du nerf, on trouve une accumulation de cellules rondes ou fusiformes le long des cloisons conjonctives du nerf ainsi que dans la membrane adventice des vaisseaux qui est sensiblement épaissie. La gaîne interne et les tractus qui la relient à l'externe offrent une prolifération cellulaire très-prononcée.

Parinaud rapporte le résultat de l'examen hislologique de quatre névrites optiques observées par lui. L'examen a été fait au collège de France, dans le laboratoire de Ranvier, par Renaut et Chambard. Après durcissement des nerfs dans l'acide picrique, la gomme et l'alcool, on a pu y pratiquer des coupes qui furent colorées par le carmin et montées dans le baume du Canada. La lésion observée, la même dans les quatre cas, à des degrés différents, consiste dans la multiplication des éléments lymphoïdes qui existent normalement dans les mailles du tissu conjonctif, et qui ne sont pour divers micrographes, pour Ranvier entre autres, que des lacunes lymphatiques. Ces éléments se retrouvent dans le nerf près de son extrémité antérieure, ainsi que dans la pa-

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