‹ Leçons sur les rétinites [electronic resource]Chapitre 5 sur 41 · AN.VTOMIE PATHOLOGIQUE DE LA RÉTINITE LEUCÉMIQUE · texte numérisé non relu

AN.VTOMIE PATHOLOGIQUE DE LA RÉTINITE LEUCÉMIQUE

occupé par des amas de leucocytes et de graisse disposés en foyer dans la rétine et faisaient une notable saillie dans le corps vitré sous forme de grains miliaires. Poncet, de son côté, a fait l'examen liistologique d'un autre œil également présenté par Perrin (1) à la Société de chirurgie. Pendant la vie, on avait noté des taches apoplectiques de la rétine ; il n'y avait ni taches blanches ni autres productions pathologiques. L'examen macroscopique permit à Poncet de constater la transparence absolue du corps vitré et de nombreuses apoplexies rétiniennes, jusqu'à cent et plus, dispersées suivant des rayons partant de la papille. Ces apoplexies étaient beaucoup plus abondantes vers le pôle postérieur qu'au niveau de l'équateur. — C'était le contraire dans les faits antérieurement publiés. — Le centre de chaque tache était occupé par un point blanc de la grosseur d'un grain de millet, très-distinct au milieu d'une auréole rouge.

L'examen microscopique, fait après macération dans la liqueur de Miiller, a donné les résultats suivants :

LdLpapille, très-saillante, est infiltrée d'une grande quantité de globules blancs. C'est principalement autour des vaisseaux et dans leur gaine lymphatique que les leucocytes s'amassent au point de les comprimer et de les aplatir. Il en existe également entre les fibres nerveuses, en même temps que des globules rouges en petit nombre.

La rétine est le siège d'apoplexies, principalement dans sa couche antérieure, immédiatement au-dessous de la limitante antérieure qui se trouve soulevée par places. Le centre de ces hémorrhagies est occupé par des globules blancs, leurs bords et leur fond par des globules rouges.

(1) Peurin, Gazelle des hôpilaux, 1874, p. 4.19.

PANAS. g

En allant vers les couches extérieures de la rétine, on voit les épanchcmcnls diminuer; ces épanclicmenls cessent môme d'exister à partir de la couche externe des grains. A ce niveau les glohules rouges deviennent plus abondants que les blancs.

Outre les éléments figurés du sang, Poncet décrit dans la limitante interne des globes colloïdes contenant une ou deux taches hématiques et simulant des noyaux. Pour cet auteur, ce serait des amas fibrineux altérés, devenus colloïdes et englobant une ou deux hématies. Les cellules ganglionnaires sont intactes ; il n'y a donc pas de dégénéi-esccnce colloïde de ces éléments nerveux. Les deux couches des grains et la substance granulée intermédiaire sont également intactes; il en est de même de la presque totalité des cônes et des bâtonnets.

Nulle part il n'y avait de reticulum lymphoïde, preuve qu'il s'agit bien ici de simples cxtravasa et non d'amas néoplasiques lymphoïdes. Sur la rétine et sur la papille, c'est le long des vaisseaux et dans leur gaine lymphatique qu'on trouve surtout les épanchements leucocytiques et hématiques. En outre, et cela offre beaucoup d'importance, près des points par lesquels les vaisseaux ont livré passage aux globules épanchés, ces vaisseaux sont dilatés et gorgés de globules blancs. Ce sont là de véritables infarctus formés par des amas de globules blancs. Ces globules, en gênant la circulation, doivent favoriser en certains points la diapédèse et ailleurs la rupture des parois vasculaires.

Dans la choroïde il n'existe pas de globules blancs en dehors des vaisseaux. Les artérioles et les capillaires en sont gorgés, et il existe par places de véritables obstacles à la

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