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DIAGNOSTIC DE LA RÉTINITE PIGMENTAIRE. U

et dès lors la maladie se trouve définitivement constituée dans ses principaux délinéaments.

Landolt {loc. cit., p. 156) ayant eu l'occasion d'examiner la rétine à l'ophtlialmoscope à cette période de la maladie, a noté des lésions qui semblent se rapporter à l'hyperémie avec sufîusion séreuse de la réline et du nerf optique. « La papille était grisâtre, nébuleuse, dit-il; sa circonférence était masquée par le tissu rétinien infiltré. Les vaisseaux étaient légèrement voilés dans toute l'étendue de la rétine. ))

D'après Netter et Galezowski, l'œdème péripapillaire s'observe également dans l'héméralopie dite essentielle. Si le fait était exact, il y aurait un rapprochement intéressant à faire entre les deux affections héméralopiques; nous ne l'avons pas conslaté chez deux malades qui sont venus nous consulter récemment à Lariboisière pour de l'héméralopie essentielle, sans aucune altération delà rétine.

Diagnostic. — Lorsque la rétinite pigmentaire se montre avec la triade de symptômes que nous avons signalés : les dépôts pigmentaires, l'héméralopie et le rétrécissement concentrique du champ visuel, il ne saurait subsister le moindre doute sur sa nature. Mais lorsqu'il manque l'un ou l'autre de ces symptômes, le cas mérite une attention particulière.

Il est des cas, avons-nous dit, où les dépôts pigmentaires rétiniens ne se montrent pas à l'ophthalmoscope; ailleurs on ne rencontre qu'une ou deux petites taches vers la périphérie de la rétine. Que faut-il conclure dans ce cas? Si, malgré l'absence du pigment, on note de l'héméralopie remontant à

(1) Netter, Trois lettres sur l'héméralopie el l'affeclion dite rélinite pigmentaire, Annales d'oculistiqiie, 187G, t. LXXVet LXXVI.

DIXIKMI': LEÇON.

une époque déjà (Moignée; si,d'aulrepart, il existe un rétrécissement concentrique et periïiLinent du cliamp visuel, nul doute qu'il ne s'agisse là d'une rétinite pigrnenlaire. Nous verrons, à propos de l'anatomie pathologique, que cette conclusion est pleinement justifiée.

Sauf des cns très-rares d'obscurcissement annulaire circummaculaire, comme ceux qui ont été signalés par de Grijcfe et Windsor, le rétrécisse^nent concentrique du champ visuel ne manque jamais. Il constitue donc un signe précieux delà maladie qui nous occupe.

Quant à Vhéméralopie, elle fait encore moins souvent défaut que les deux autres symptômes cardinaux de l'alîection, et comme elle se montre dès le début, on ne saurait lui attribuer trop d'importance pour le diagnoslic. Monoyer et Leber disent, il est vrai, l'avoir vue parfois manquer; mais, comme Hocquard, nous pensons qu'il serait au moins téméraire de diagnostiquer une rétinite pigmentaire vraie en l'absence de tout signe d'héméralopie. D'ailleurs, pour que ce symptôme ait toute sa valeur, il faut que l'héméralopie dure depuis quelques temps et que, au heu de s'amender, elle montre au contraire de la tendance à suivre les progrès de la maladie. Sans cela on pourrait confondre l'héméralopie symptomatique d'une rétinite tigrée avec l'héméralopie essentieUe épidémique. Celle-ci, quoi qu'en dise Netter, est une affection différente de la première, aussi bien au point de vue anatomo-pathologique qu'au point de vue clinique.

Sans doute, les diverses affections inflammatoires de la rétine et de la choroïde ont beaucoup de points de contact; cela explique les erreurs de certains auteurs très-compé-

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