‹ Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industrielsChapitre 109 sur 125 · DU DOSAGE DE LALCOOL · texte numérisé non relu

DU DOSAGE DE LALCOOL

4° Matières féculentes .

iit.

Fécule de pomme de terre,

blanche et sèche 34 à 40

Riz 35 à 37

Riznza (résidus du perlage

du riz) 29 à 31

Maïs 28 à 31

Sarrasin 24 à 27

Rlés Touzelles 28 à 30

— de Brie 27 à 29

lit.

Millet, panis ... 26 à 29

Blés durs 24 à 26

Seigle 24 à 2T

Orge 21 à 25

Avoine 19 à 22

Haricots, pois, lentilles.. . . 15 à 17

Châtaignes vertes 12 à 16

Fèves de marais 12 à 15

Marrons d’Inde 6 à 9

Glands verts 5 à 8

Pommes de terre. 5 à 7

Dosage de l’alcool dons les boissons fermentées. — Le meilleur moyen de reconnaître la proportion d’alcool contenue dans un vin ou toute autre boisson spiritueuse, c’est d’en distiller une portion, de noter le volume d’alcool faible obtenu, et de déterminer son degré à l’aide de l’aréomètre, afin de calculer la quantité d’alcool absolu ou pur qu’il représente. Descroizilles (t) a imaginé, pour ces essais, un petit alambic que Gay-Lussac, et plus récemment MM. Duval et Salleron ont perfectionné.

Cet appareil, dont voici la figure ( fig . 1034) se compose d’une petite cucurbite de cuivre A, surmontée d’un chapiteau B portant à sa partie supérieure et latérale une ouverture qui est en communication avec

(1) Descroizilles, né à Dieppe, est un des chimistes praticiens qui ont rendu le plus de services à l’industrie, et notamment à celle de la Normandie. Doué d’une vive imagination et d’une activité incroyable, il ne tarda pas, au sortir du laboratoire de Rouelle, à signaler sa présence à Rouen par une foule d’inventions utiles qui ont rendu son nom à jamais célèbre. A peine le procédé de blanchiment par le chlore eut-il été publié par Bertliollet, que Descroizilles s’empressa de le mettre en pratique dans son établissement de Lescure-lez-Rouen ; il réussit parfaitement, et bientôt même, par les améliorations qu’il sut y apporter, il décida son adoption dans toutes les fabriques. Après avoir perfectionné le procédé de Berthollet pour l’extraction du chlore, il imagina de mettre de la craie en suspension dans l’eau où il recueillait ce gaz, et mit ainsi sur la voie de la découverte importante des chlorures de chaux, de potasse, etc. Il eut l’heureuse idée de construire, d’après le procédé d’analyse des alcalis par Vauquelin, un instrument qui pût être manié facilement par les hommes étrangers à la science Il imagina Yalcalimètre, qu’il fit servir aussi à l’évaluation du titre des vinaigres et de la force des dissolutions de chlore ; c’est ce qu’il appela Yacètimètre et le berthollimètre. C’est encore à Descroizilles qu’on doit le premier instrument et le seul qui puisse donner des indications exactes sur la valeur vénale des vins à distiller .... Membre de l’Académie et de la Société d’émulation de Rouen, il a composé différents mémoires qui tous attestent sa haute capacité et ses solides connaissances pratiques en chimie. Dans les dernières années de sa vie, il alla habiter Paris, où il devint secrétaire du Conseil général des manufactures. Il y mourut presque octogénaire, le 14 avril 1825. Malgré les immenses services qu’il a rendus à l’industrie normande, aucun de ses compatriotes n’a songé encore à les rappeler au monde savant et industriel par une notice biographique. C’est à peine si les Sociétés savantes dont il fut un des membres les plus instruits, ont consacré quelques lignes à sa mémoire ! J’essaierai plus tard de réparer ce regrettable oubli.

l’extrémité d’un tube D, contourné en spirale et placé dans un réfrigéuant de cuivre E.

A cet alambic sont jointes deux cloches à pied graduées. La plus grande F porte 300 divisions, qui représentent 150 millilitres. La

Fig- 1034. — Alambic de Gay-Lussac pour l’essai des vins et autres liqueurs alcooliques.

seconde G est également divisée en millilitres et porte 180 divisions, dont 100 représentent 50 millilitres.

Lorsqu’on veut se servir de cet alambic, on commence par verser du vin dans la grande éprouvette jusqu a la division 300. On l’introduit dans l’alambic, puis on adapte à celui-ci le réfrigérant, et on place l’alambic dans un cylindre ou manchon de tôle HH échancré, faisant office de fourneau; le tout est chauffé par une lampe à esprit-de-vin.

On place la petite éprouvette au-dessous du réfrigérant pour recueillir le produit alcoolique. On a soin, pendant la distillation, de tenir de l’eau froide dans le réfrigérant et d’humecter continuellement la toile dont on entoure le tuyan du chapiteau. On arrête la distillation lorsqu’on a recueilli dans l’éprouvette précisément le tiers du vin employé, c’est-à-dire lorsque le liquide s’élève à la division 100. On détermine alors la richesse alcoolique de ce produit au moyen de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac et en divisant par 3 le nombre qui la représente, on a celle du vin employé. Supposons, par exemple, qu’en agissant comme je viens de le dire, on ait obtenu 100 parties d’alcool à 24% 5 de l’alcoomètre cenésimal, à la température de -f- 15°, on en conclura que la richesse alcoolique du vin est de

c’est-à-dire qu’il renferme 8,16 p. 100 d’alcool absolu ou complètement pur.

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