ACIDES TANNIQUE ET GALLIQUE
Généralement, dans les substances astringentes, c’est l’acide tannique qui domine; l’acide gallique ne s’y trouve jamais qu’en fort petites quantités tant qu’elles n’ont pas éprouvé l’influence de l’air humide. Il y a même des substances astringentes qui ne contiennent aucune trace d’acide gallique ; telles sont, d’après M. Stenhouse : l’écorce
Fig. 775. — Noix de galle du chêne.
de chêne, le kino, le cachou, l’écorce des quinquinas, le café. Par exception, on cite la graine de mango ( Mangifera indica , L.), les gousses de libidibi, les cupules du chêne vélani, les feuilles des sumacs, de busserolle, les fleurs d’arnica, dans lesquelles la proportion de l’acide gallique l’emporte de beaucoup sur celle de l’acide tannique. Ainsi, de 1 kilogramme de graines sèches de mango, Avequin a retiré 142 grammes d’acide gallique et seulement 5 grammes de tannin.
On a aussi trouvé l’acide gallique, à l’état de sels, dans quelques plantes non astringentes. Ainsi on l’a reconnu, combiné à la vératrine , dans les semences de la cévadille, les bulbes du. colchique, les racines des hellébores blanc et noir, et, uni à la brucine, dans l’écorce de fausse angusture.
Cet acide gallique partage avec le tannin la propriété de colorer les sels ferriques en noir bleuâtre, mais il s’en distingue en ce qu’il ne trouble pas les solutions de colle forte et de blanc d’œuf.
Composition. — Voici la composition élémentaire de ces deux acides, dans leurs différents états.
Anhydres
ou Desséchés à 100».
combinés aux bases.
Acide tannique... C34H 903i C54H19031,3 HO
— gallique.... Ci4H307 C14H307,3 HO
Ce sont donc des acides tribasiques.
Il paraît, du reste, que l’acide gallique doit son origine à une altération particulière que le tannin subit au contact de l’air humide ; car la solution de ce dernier principe, qui n’éprouve aucun changement en
Cristallisés.