EXTRACTION DES HUILES ANIMALES
tourteau pulvérisé et sec. Pour 6 hectolitres d’huile, on emploie 50 kil. de tourteau. Après vingt minutes de brassage, on laisse déposer. Huit à dix jours après cette opération, on peut soutirer environ 4 hectolitres d’huile parfaitement claire, qu’on remplace par une égale quantité d’huile trouble. Trois jours après, on peut exécuter un nouveau soutirage, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait clarifié, avec les 50 kil. de tourteau, près de 200 hectolitres d’huile.
Le déchet des huiles par l’épuration varie de 1,5 à 2 pour 100, suivant leur qualité, le procédé de fabrication, etc.
Pour qu'une huile épurée soit de bonne qualité, elle ne doit, en brûlant, ni noircir ni charbonner les mèches, ce qui indiquerait que le lavage a été mal fait et n’a pas enlevé tout l’acide;
Ni les couvrir de petits champignons, ce qui prouverait une épuration incomplète;
Ni être colorée ou trouble ;
Ni avoir perdu toute sa viscosité et couler comme de l’eau, parce qu’elle se consumerait alors trop vite, ce qui serait dû à l’emploi d’un trop grand excès d’acide.
Le meilleur moyen d’essayer les huiles, sous ces rapports, est de faire brûler une quantité égale de divers échantillons avec une mèche de veilleuse : la durée de chacune des huiles, la qualité de la lumière et l’éclat des mèches feront juger de leur valeur relative.
6° Extraction des huiles animales. — Les matières grasses liquides d’origine animale, sont de deux sortes : les unes proviennent du traitement des abatis d’animaux terrestres, notamment des mammifères ; les autres proviennent des animaux marins et des poissons; celles-ci sont connues sous le nom générique d’ Huile de 'poisson.
A. Les huiles de pieds de bœuf, de vache, de mouton, de cheval, qui ont tant d’analogies entre elles, s’obtiennent en faisant bouillir avec de l’eau, jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement cuits, les os de la jambe et du pied des susdits animaux, ou ce qu’on appelle leurs abatis. On enlève l’huile et la graisse qui nagent sur l’eau, et on les jette dans de l’eau bouillante : on laisse reposer pendant vingt-quatre heures pour que les substances étrangères les plus grossières se déposent. On soutire l’huile devenue claire ; on la soumet à un second traitement semblable. Elle est alors limpide, presque incolore avec les pieds de bœuf et de mouton, jaune-rougeâtre avec ceux du cheval.
Ces sortes d’huiles laissent déposer du suif par le repos au froid, excepté l’huile de pied cle bœuf de Buenos-Ayres. Elles sont sans odeur quand elles sont fraîches. Leur saveur est agréable. Elles peuvent être chauffées plus longtemps et un plus grand nombre de fois que les autres corps gras, sans être altérées sensiblement : voilà pourquoi, elles sont très-avantageusement employées pour faire les fritures, lorsqu 'elles ont été soigneusement préparées avec des abatis bien frais.
L’huile de pied de cheval est partout adoptée pour cet usage par les vendeurs publics de friture de Paris.
L’huile de pied de bœuf proprement dite, que les horlogers pré-
Fig. 882. — Baleine.
fèrent, parce qu’elle ne s’épaissit pas et ne se fige que difficilement, est rarement pure dans le commerce; on la mélange avec l’huile de
baleine, l’huile d’œillette, et le plus souvent môme on vend sous son nom de l’huile de pied de cheval ou d’autres graisses animales mélangées avec de l’huile d’olive.
Fig. 884. — Phoque.
B. Les huiles des cétacés, tels que baleines ( fig . 882), cachalots, narvals, dauphins et marsouins (fig. 883), celles des amphibies carnassiers, tels que phoques (fig. 884) et morses, s’extraient du lard épais qui se trouve sous la peau de ces animaux.