‹ Leçon cliniques sur les maladies du cœur, trChapitre 14 sur 28 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

Sommaire. — Autopsie du malade des 3.% 5." et 6.' leçons : poumons exangués, excepté la base ou hypostase; cœur volumineux et globuleux; horisocardie ; orifice aortique très-dilaté; valvules aortiques en par-' tie adhérentes, deux entr'elles et une à l'aorte^ et insuflSsantes ; grande dilatation de la cavité ventriculaire gauche, diminution de la droite ; hypertrophie du ventricule gauche; dilatation de Taorte ascendante; dilatation moindre de la crosse, des. carotides et des sous-clavières; plaques athéromateuses à la surface interne de Taorte, quelques -unes^ petites, dans les grosses artères du cou. Hyperémie du foie et des reins; masse encéphalique anémique; mesures des diverses parties du coeur

capacité du ventricule gauche d'après laformule— — - — ; endocarde

blanc et épais sur divers points.

Messieurs,

Un fait, prévu depuis longtemps, nous oblige à interrompre nos leçons sur le malade que nous observions : c'est une autopsie qui ne saura manquer d'être intéressante à beaucoup tfégards.

Le sujet atteint de lésion cardiaque, couché au lit 43, et qui a servi de texte à plusieurs de nos leçons, a succombé hier, 10 mars 1863, vers onze heures du malin. Vous en avez suivi jour par jour l'observation; vous êtes par conséquent à même de bien apprécier le cours de sa maladie.

Hier matin, de bonne heure, il luttait déjà corps à corps

avec la mort. Penché sur son lit, il était accablé; les yeux déjà sans expression, la face pâle, terne; des gouttes de sueur couvraient son visage presque moribond ; respiration lente, haletante, presque exclusivement diaphragmatique ; pouls filiforme; impulsion cardiaque à peine perceptible; les forces étaient défaillantes.

Il y avait chez cet homme, durant ses derniers jours d'existence, et l'on peut encore observer, une diSérence entre sa physionomie et celle de la dernière malade de lésion cardiaque, dont nous avons fait l'autopsie. Chez celle-là les traces de Thyperémie, de la cyanose, étaient bien manifestes; chez celui-ci, au contraire, domine la pâleur, la décoloration.

Notez bien cette particularité, qu'il y aura lieu de rappeler quand nous nous occuperons de la mort par insuffisance aortique, de ses variétés et des théories proposées pour les expliquer

Le diagnostic que nous avons posé le premier jour de l'observation, et que dans les leçons subséquentes nous n'avons pas eu motif de modifier, était: «insuffisance des valvules aortiques; hypertrophie excentrique du ventricule gauche du cœur; endocardite chronique ; dilatation simple de l'aorte ascendante.» De ce diagnostic nous avons déduit touts les symptômes. Nous allons savoir, les pièces du procès sous les yeux, si nous avons été dans le vrai ou dans l'erreur. Dans le cas d'erreur, nous en rechercherons les causes.

Le malade avait trente ans; il était célibataire, domestique, d'un tempérament sanguin, de constitution moyenne, né à rile de Madère, résidant à Lisbonne depuis longtemps.

Étant enfant il eut une variole confluente; il ne fut jamais vacciné. Il entra à l'hôpital le 22 mars, à ii heurs du matin; admis tout d'abord dans la salle S.^ Joseph, il fut le lendemain transporté dans notre service où il a fini ses jours.

Examinons attentivement ses organes.

Voyez ces poumons; comme ils sont pâles» exangues; à peine une légère hyperémie à la base du poumon gauche.

Quelques gouttes de sérosité citrine dans le péricarde. Cœur trés-volumineux et globuleux, couché presqu'horisontalement sur le diaphragme; une large plaque laiteuse sur la face antérieure du ventricule droit, d'où elle se détache en partie, sous la traction de la pince, laissant voir à sa place la membrane séreuse sous-jacente.

Remarquez que la globosilé du cœur résulte principalement de son sommet qui est entièrement constitué par l'extrémité inférieure du ventricule gauche, l'extrémité inférieure du ventricule droit étant à deux pouces au dessus de celle du gauche.

Les valvules aortiques ne s'ajustent pas au centre de Toriflce, ce qui produit leur insuffisance, ce qui est facile de démontrer expérimentalement; cavité du ventricule gauche très-étendue, surtout à la partie moyenne, où la cloison interventriculaire présente une grande concavité, dont la paroi occupe une bonne partie de la cavité du ventricule droit, d'où résulte une grande diminution de cette cavité, et l'élargissement considérable du ventricule gauche vers la droite du sillon longitudinal du cœur; parois du ventricule gauche hypertrophiées.

L'endocarde, dans la cloison intenrentricalaire, à la base du ventricule gauche, dans Toreillette gauche et dans une partie de la droite, est blanc et épaissi.

Valvules pulmonaires, tricuspide et mitrale, sans altération, ainsi que leurs orifices respectifs.

Orifice aortique trës-dilatë; les valvules aortiques, trans^ parentes et peu altérées dans la majeure partie de leur étendue, offrent quelques petites plaques athéromateuses sur la face ventriculaire. Deux de ces valvules (la postérieure et Tantérieur-droile) sont unies entr'elles par les bords correspondants, depuis leurs extrémités jusqu'à la distance d'un centimètre, par une substance intermédiaire, blanche, comme fibreuse; cette adhérence pourtant ne s'oppose point à l'abaissement des valvules, mais les écarte transversalement et dès lors les raccourcit en éloignant du centre les bords libres.

La troisième valvule, messieurs, mérite particulièrement votre attention: en partie elle adhère intimement à l'aorte, dans uns étendue de 11 millimètres transversalement, dans le reste elle est libre, présentant un bord flottant, par où la valvule s'est rompue et séparée de la partie adhérente ; dans le milieu de ce bord il y a une végétation d'un blancjaunâtre.

Il résulte de cette disposition, comme vous le voyez, un espace vide dans la circonférence de l'orifice aortique, qui ne peut être bouché par la valvule, et par lequel devait refluer beaucoup de sang, reflux déjà favorisé par la dilatation de l'anneau de 1 orifice aortique et par l'abaissement de la partie flottante de la valvule, qui peut se mouvoir librement en dedans et en dehors du ventricule.

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