‹ Leçon cliniques sur les maladies du cœur, trChapitre 19 sur 28 · AU MILIEU DU · texte numérisé non relu

AU MILIEU DU

Il n'est point facile d'indiquer l'origine de la percussion. Rosière de la Chassagne, un des premiers divulgateurs, en France, de la découverte d'Avenbrugger, et avec lui Barth et Roger, ont fait remonter à Hippocrate *■ la connaissance

^ Roziëre de la Chassagne (Manuel des ptdmofiiques, ou Traité complet des maladies de la poitrine; Paris, 1770), cite le passage suivant des Praenot. coact.: «In quibus multus editur strepitus; il minus puris habent, quam quibus paulo difficilior inest respiratio, iique melius colorati videntur. Quibus vero nullus intus fit j strepitus, difficultas tamen vehemens spirandi adest, et livescunt ungues, ii pure pleni sunt, ac perniciose babent.» Roziére se condamne lui-même quand il dit que le moyen physique d'exploration de la poitrine, employé par Hippocrate, était la succussion; il arrive ainsi à la confondre avec la percussion. Voici comment il ^^^ s'exprime: cLe procédé d'Hippocrate pour s'assurer du son de la

de la percussion : mais le passage auquel il est fait allusion, a rapport à la succussion, qui diffère beaucoup de la percussion.

Dans Âretèe* qui vivait du temps de Néron, puis dans Galien' qui florissait au 2.® siècle de l'ère chrétienne, nous

poitrine n'est pas le même que celui d'Avenbrugger; le premier secouait les malades en les prenant par Taisselle, celui-ci se contente de frapper le thorax. » D y a dans Hippocrate un autre passage que Rozière ne cite pas, qui conduit plus facilement à soupçonner que le médecin de Cos connaissait la percussion; le voici: cSuppuratos hac ratione dignoscas. Lateris moUitudinem ab intio dolor detinet; ubi vero jam pus collectum est dolor similiter vexât, et tussis suboritur, tum pus excreatur, et diffîcultas spirandi occupât. Quod si nondum pus eruperit in lateris mollitudine concutitur, ac velut in utre strepitum edit. i Ici encore le père de la médecine se rapporte à la succussion. Nous pensons donc qu Hippocrate n'a pas connu la percussion; tout au moins nous ne rencontrons dans ses ouvrages un passage où cette méthode physique d'exploration soit clairement indiquée : les endroits cités à l'appui du contraire se rapportent à la succussion.

1 «Dans l'opisthotonos... le thorax aussi bien que l'abdomen sont proéminents, les urines diffieilment retenues, le ventre tendu résonne quand on le percute.» (Lib. i. cap. 6.)

tLa tympanite... est encore sensible à l'ouïe par la résonnance de cette cavité, parce que quand nous la percutons avec la main, elle donne un son, mais il ne se produit aucune fluctuation.» (Liv. II, de l'hydropésie.)

2 . . . Sed ad veram notitiam comparandam pulsare cogimur abdomen, ut attendamus, si veluti tympanum resonet. Secundo loco aliter componere hominem, et in latera convertere, quo fluctuationem aliquam exaudiamus: ac nobis strepitys in modum tympani

trouvons clairement indiqués quelques uns des résultats de la percussion abdominale.

Après ces célèbres écrivains, on rencontre de plus en plus fréquente Tapplication de ce moyen d*exploration au diagnostic de quelques maladies du ventre: on est cependant obligé d'avouer que ce que les écrivans postérieurs à Galien nous ont légué sur ce sujet, jusqu'au xvni siècle, est presque tout simplement la reproduction du texte du célèbre médecin de Pergame. C'est ce que nous constatons dans beaucoup de passages d'Aetius *, d'Alexandre de Tralles*, de Paul d'Egyne^, d'Avicenne* et de beaucoup d'autres auteurs, que nous omettons de citer parce qu'ils ne nous présentent rien d'intéressant.

En résumé, dans cette période, la percussion a été limitée, dans ses applications, à un cercle très-restreint, à quelques affections de l'abdomen; elle faisait connaître que Tascite, le squirrhe de l'ovaire, l'hydropisie utérine, etc., ne donnent point le son de la tympanite.

spiritum annuntiat: fluctuatio humorem, (De Cognosc. puis., lib. IV, cap. 3.)

* ...Et ad digitorum pulsationem sonus tympani redditur. (Sermo 4, cap. 78. Medicae artis principes.)

* . . . Askites igitur inde internosci débet, quod ubi nos ferimus ventrem, tympani modo strepitum quemdam elidere videatur. (Lib. 9, cap. 2., de Askite; Medicae artis principes.)

3 ... In qua (affectione) aliquando flatus copia. . . adeo ut si verberetur superior venter, instar tympani sonitum edat. (De re med; de aqua inter cutem.)

^ ... ex quo auditur sonitus tympani, si percutiatur manu, et est signum malom valde. (De causis tympanitis,lib. 3, fen. 14, tract. 4.)

Il reste donc surabondamment pronvè que la percussion médicale est connue et employée depuis une époque fort reculée, que Avenbrugger ne Fa point découverte, et que son application était restreinte au ventre.

Seconde période

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