Rhytbme cardiaque régulier
6.^ Frémissement cataire, simple ou double, plus pro* nonce vers la base du cœur, avec le maximum d'intensité dans le 3.® espace interchondral droit.
7.° Vibration artérielle, simple ou double, dans les gros vaisseaux, principalement dans les sous-clavières, carotides, bumèrales et crurales, devenant plus forte par la compression graduée in situ, la première ou diastolique principalement par la compression en amont et la seconde ou sys* tolique par la compression en aval.
8.^ Bruit cardiaque anormal faible, doux, sans rudesse notable, commençant au second temps de la révolution cardiaque, se propageant dans le grand silence, ou perisystole, et se terminant au premier temps suivant ou un peu avant; perceptible dans la région précordiale ou dans une plus grande aire; plus fort et superficiel vers la base du cœur, avec le maximum d'intensité dans le 3.® espace interchondral droit et dans la portion contiguë du sternum; s'étendant de ces points avec moins de force vers le sonunet du cœur et avec intensité sur l'aorte ascendante et la crosse, de sorte que dans le second espace intercostal droit il est encore assez fort et ordinairement accompagné d'une cer^ taine résonnance.
0.° Au lieu d'un bruit simple diastolique il y a souvent un double bruit qui, ordinairement, se présente sous la forme d'un bruit de va-el-^vient, le diastolique conservant
ses caractères, et lé systoliqae, de timbre et tonalité diffèrents, étant plas on moins rude et plus rapide;
10.^ Bruit artériel anormal, simple ou double, dans les gros vaisseaux, notamment dans les sous-claviëres et les carotides, semblables à ceux qui leur correspondent originairement dans l'orifice aortique: la compression stétboscopique et digitale graduée augmente Tintensité de ces bruits, la compression digitale s'exerçant au dessus est plus propre à renforcer le premier bruit ou diastolique, tandis qu'exercée au dessous elle renforce le second bruit ou systolique ; le maaimufn d'intensité de ces bruits, comme celui de la vibration, s'obtient par la combinaison convenable des compressions stétboscopique et digitale ;
11.® Signes locaux d'hypertrophie excentrique du ventricule gaudie ; ~ 12.® Parfois plus grand retard du pouls;
Tel est, messieurs, Tensemble des signes dits physiques de l'insuffisance aortique ptir^, non compliquée. Ils peuvent présenter des modifications provenant tantôt des altérations valvulaires qui la produisent, et du rétrécissement de Torifice aortique, tantôt des lésions de l'appareil valvulaire mitral qui en déterminent l'insuffisance ou le rétrécissement Si à cet ensemble de symptômes nous joignons les phénomènes généraux qui sont communs aux autres maladies du cœur, nous aurons la tableau clinique complet de l'insuffisance aortique.
Le diagnostic exact, précis, des maladies du cœur n'est point, messieurs, une pure curiosité, comme le prétendent ceux qui, par inaptitude ou défaut d'attention, ne savent pas l'obtenir ou n'en ont pas l'habitude. Le diagnostic exact
SUR LES MALiOlIBS DU GCBDR 193
est une condition indispensable pour établir le traitement approprié ; il y a des moyens thérapeutiques qoi sont utiles dans certaines maladies du cœor et qui, dans d'antres, sont préjudiciables. Aussi, le médecin dont le premier devoir est €non nocerei^ et le second €prode8sei^ est strictement obligé d'employer les moyens nécessaires pour atteindre la plus grande précision dans le diagnostic. Aux moyens dont nous ayons parlé U faut joindre la thermologie pour les maladies aiguës principalement, et la sphygmographie, qui en raison de leur importance feront l'objet de leçons spéciales, que nous réservons pour une autre occasion.
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LEÇON
Sommotre.— Suite de la leçon antérieure : encore la question sur la yaleur diagnostique du double souffle crural dans l'insuffisance aortique. Opinions des docteurs Traube, Riegel, Hoffinann^ Weil, Talma, Gffaerardt, Landois et Friedreich sur le mécanisme de la prodaction du double souffle; analyse de ces opinions. Double souffle yeineux; sa valeur diagnostique dans l'insuffisance tricuspide et aortique ; opinion de l'auteur.
Nous avons exposé les résultats pratiques de notre observation à regard du double souffle artériel, ainsi que notre opinion sur la genèse de ce phénomène acoustique.
Les médecins cliniciens, surtout en Allemagne, ont fixé leur attention presque exclusivement sur le double souffle artériel crural, sous l'inffuence, peut-être, des travaux du dr. Duroziez, qui a cru avoir découvert, en 1861 *, le double souffle crural dans l'insuffisance des valvules aortiques. Le dr. Garnier, de Paris, a démontré péremptoirement, dans r Union Médicale^ que le double souffle avait été observé et décrit par moi, dans mon Mémoire sur rinsuffir sance des valvules aortiques ^^ plusieurs années avant M, Duroziez, non seulement dans les artères crurales, mais aussi dans les carotides, les sousclavières et d'autres artères.
'^ch. Gén. de Méd., avril et mai. Paris, 1861. Nom. 39 et 44. Paris, 1863.
^Pans, 18K5.
Le dr. Friedreicb, professeur à Heidelberg, dans une récente publication à ce sujet S rapporte que le dr. Gonrade avait aussi noté, avant de le dr. Daroziez, en 1860, le double soufSe crural dans deux cas d'insuffisance aortique. Il appartient au dr. Duroziez d'avoir exagéré la valeur diagnostic du phénomène acoustique, dont il s'agit, en le considérant, sans raison, comme le signe pathognomonique de l'insuffisance aortique.
En 1863 nous avons écrit à ce sujet ceci:
Entrons maintenant en matière. M. Duroziez dit dans son mémoire :
cLe double souffle intermittent crural accompagne toujours l'insuffisance aortique; il la trahit dans les cas difficiles et compliqués; il en est le signe pathognomonique.»
tOr, ceci n'a été dit par aucun auteur; je vais le démontrer. »
Deux découvertes dont je ne désire nullement lui dispuputer l'honneur, et que je vais examiner à part, bien que, relativement à la priorité de la connaissance du double souffle crural dans l'insuffisance aortique, notre érudit confrère, M. Gamier, ait bien tranché la question en mettant les faits en relief.
Sur la question capitale, fondamentale et vraiment importante de la valeur séméiologique, réelle^ positive, du double souffle crural dans l'insuffisance aortique, il s'agit de savoir si ce souffle accompagne cette maladie toujours, s'il la trahit dans les cas difficiles et compUqués, s'il en est
^ Ueber Dapelton an dêr eruralarterie^ sowie ueber Tonbildung an der cruralvenen^ 1878.
le signe patbognomoaique ; si, quand on ne Ta pu entendre, rinsnffisance aorlique ne se Irouye pas à Tantopsie ; propositions résolues a£Snnatiyeinent par M. Duroziez, pages 417» 440 du mémoire cité.
Tout en respectant l'autorité de Fauteur, et en m' appuyant sur ces paroles de l'éminent chirurgien de la Charité. M. Velpeau: «Les sciences forment une république où chacun doit être libre de chercher, d'examiner, d'avoir ses opinions, et dire ce qu'il pense; la vérité est le but avoué de tous ceux qui les cultivent]^ je ne puis me défendre de répondre: Non! mille fois non! Le double souffle crural n'accompagne pas toujours l'insufiisance aortique; il ne la trahit souvent pas dans les cas difficiles et compliqués; il n'en est aucunement le signe pathognomoniquey et, en son absence, on peut trouver, à l'autopsie, l'insuffisance aortique.
Ainsi, d'après les faits cliniques, il fait souvent défaut: 1.^ Au commencement de la maladie.