XIV PRÉFACE
à la priorité de la connaissance du double souffle crural et à l'indication de l'importance de ce bruit dans le diagnostic de l'insuffisance aortique, importance qu'il a exagérée outre mesure.
En effet, d'accord sur la réalité du fait, c'est-à-dire l'existence du double souffle artériel, crural ou autre, dans l'insuffisance aortique^ nous avons montré que ce souffle n'a ni la constance ni la valeur séméiologique absolue que le docteur Duroziez lui accorde. En examinant séparément chacun des deux bruits qui constituent le double souffle artériel, nous avons prouvé, avec des faits tout d'abord, que le premier bruit ne tient pas directement, immédiatement à l'insuffisance aortique, qu'il n'appartient pas plus à cette maladie qu'à toute autre du système sanguin; qu'au contraire, il se manifestait dans plusieurs affections, qu'il était même fréquent dans les longues convalescences, et s'observait aussi dans l'état de santé à l'aide de la compression de l'artère. Que le raisonnement indiquait d'ailleurs qu'il peut manquer dans l'insuffisance aortique, car il n'est pas l'effet immédiat, nécessaire du reflux du sang, puisqu'il le précède, en élant synchrone à la systole ventriculaire, d'où vient qu'il manque ordinairement au début de la formation de l'insuffisance aortique, soit qu'elle résulte de la dilatation de l'orifice aortique, soit de l'insertion vicieuse de l'une des valvules sigmoïdes, comme nous en possédons des exemples. Ce bruit ne caractérise donc aucunement l'insuffisance aortique.
Quant au second bruit, isochrone à la rétraction artérielle^ tout en lui accordant beaucoup plus de valeur