‹ Leçon cliniques sur les maladies du cœur, trChapitre 7 sur 28 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

qu'au premier, puisqu'il tient au reflux du sang, nous ne le considérons pas comme un signe pathognomonique de l'insuffisance aortique, parce qu'il peut manquer dans cette maladie, et se produit aussi dans d'autres maladies, les anévrysmes de la crosse de l'aorte, par exemple, et par conséquent ce second bruit artériel ne peut être considéré comme un signe caractéristique, pathognomonique de l'insuffisance aortique. Qu'ainsi donc le premier bruit artériel isolément, ni le second seulement, ni les deux ensemble (double souffle artériel) n'étaient point des signes pathognomoniques de l'insuffisance aortique.

En poursuivant nos études pratiques des bruits artériels, nous avons agrandi le cercle de nos observations, par l'emploi simultané, sur la même artère, de la compression faite avec le stéthoscope et avec les doigts, et la combinaison de ces compressions faites de diverses manières, et nous sommes arrivé à déterminer comment on peut obtenir la plus grande intensité du premier et du second bruit dans les artères. On ne trouve aucune mention de cette étude, ni des faits qui s'y rapportent, dans le mémoire du docteur Duroziez, ni même, à notre connaissance, dans aucun autre travail. C'est un sujet nouveau que nous avons exploré, et nous avons justement apprécié, à ce qu'il nous semble, son importance séméiologique.

Quant à ce qui est relatif au siège et à la pathogénie des bruits vasculaires, nous avons dû analyser les travaux plus modernes des médecins allemands, et nous avons émis franchement no\re opinion.

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La vibration artérielle a été de même l'objet d'une étude spéciale dans nos Leçons.

Bien que nous ayons conservé l'intégrité du sens de l'audition, qui s'est même chez nous développé avec la pratique, nous avons voulu établir la correspondance qui existe entre les variétés de la vibration artérielle et les variétés des bruits des mêmes artères, afin de vérifier par la palpation les phénomènes obtenus au moyen de l'auscultation, et vice-versa; et substituer, jusqu'à un certain points l'auscultation par la palpation dans les cas de dureté d'oreille ou dysacuse. C'est une chose fort délicate^ et qui demande une longue pratique.

Mais dans nos Leçons, notre attention s'est fixée sur la connaissance des effets de la compression de l'artère, d'abord avec les doigts explorateurs au point où se vérifie la vibration, puis avec les doigts de l'autre main, tantôt en amont, tantôt en aval de ce point. C'est ainsi que nous sommes parvenu à déterminer, par la combinaison des compressions, le moyen d'obtenir le plus fort degré d'intensité de la vibration artérielle, tant dans le premier comme dans le second temps, ce qui est d'une importance capitale pour les médecins peu exercés dans ce genre d'investigations. Nous ne connaissons aucun ouvrage qui traite de ce sujet, donnant les résultats de la compression, qu'elle soit simple, au dessus ou au dessous du point qu'on explore, ou qu'elle soit combinée ; c'est pour cette raison que nous nous sommes étendus plus longuement sur cette matière, afin d'en montrer toute l'importance.

Le retard anormal du pouls fut remarqué pour la

PRÉFACE XYII

première fois, en 1831, dans TinsufiSsance aortique,par le docteur Henderson, qui le considéra comme un signe caractéristique de cette maladie. En 1855^ nous avons dit que les faits cliniques que nous avions recueillis, ne confirmaient pas la valeur diagnostique attribuée par 1 eminent médecin d'Edinbourg au retard du pouls.

Au mois de janvier 1877, le docteur Tripier publia sur ce sujet un intéressant article*, dans lequel il établit, en se basant sur vingt -six de ses observations personnelles, que la connaissance du retard carotidien est plus importante que celle du retard radial, et qu'il constitue un signe pathognomonique de l'insuffisance aortique. Après avoir examiné attentivement ce travail et rigoureusement analysé les observations cliniques qui lui ont servi de base, nous sommes arrivé à une conclusion tout-à-fait opposée à celle du docteur Tripier, et nous avons trouvé dans ces observations la confirmation de ce que nous avions avancé en 1855, et qui était déjà prévu par le raisonnement. Â cette occasion, nous proposons un moyen, simple et sûr, d'apprécier le retard du pouls.

En mesurant les diverses parties du cœur dans les autopsies, nous avons indiqué un moyen d'évaluer, avec toute l'exactitude possible, la capacité du ventricule gauche suivant notre formule ,-- -

Ayant rencontré un cas d'horizocardie, dans une des

* Revue mensuelle de médecine et de chirurgie , n.° 1. Paris, 1877.

XVUI PRÉFACE

autopsies que nous avons faite, quelques unes de nos Leçons ont porté sur les ectocardies ou déplacements du cœur, et nous avons indiqué une espèce, non décrite avant nous, à laquelle nous avons donné le nom de trochocardie.

Enfin, nous avons consacré trois leçons au mécanisme de la production, ou genèse, de la cyanose.

Tels sont, en résumé, les points principaux, dont nous nous sommes occupé dans nos Leçons.

Dr. p. F. DA Costa Alvarenga

Lisbonne, le 29 Juin 1878.

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