CIRCÉ
Un homme sage et vertueux, qui a passé toute sa jeunesse dans une vie active et des périls honorables , ne peut-il^ au déclin de ses ans 5 se reposer sans honte, et jouir du reste de ses jours au sein de la paix et du plaisir.
ULTSS£.
Nul repos ne peut être honorable pour un homme sage et vertueux que dans le commerce des Muses : je suis privé ici de cette société sainte. Les Muses n^habiteront pas Tasile de la volupté et des plaisirs des sens. Gomment puis -je m'occuper de Tétude, comment puis-je me livrer à la méditation, lorsque tant d'animaux ( et je sais quUls ne sont tous que des hommes changés en animaux) hurlent, rugissent ou grondent autour de moi ?
GIRCÉ.
Voilà bien quelque chose ; mais ce n'est pas tout : vous supprimez la raison la plus puissante qui vous attire à Ithaque. Il y a une autre image que celle de vos premiers exploits qui vous apparaît dans tous les coins de cette île , qui vous suit dans vos promenades, qui se place entre vous et moi, et qui vous arrache de mes bras : c*est Pénélope, Ulysse, je le sais. Ne prétendes pas me démentir: vous soupirez pour elle jusque sur mon sein. Et cependant elle n'est pas immortelle; elle n*a pas reçu en partage, ainsi que moi, le don d'une jeunesse inaltérable : depuis bien des années, la sienne s'est fié-
trie. Je crois 9 sans vanité , qu'elle n*a jamais été aussi belle que moi; mais que doit^elle être maintenant?
ULTSSE.
Vous m'avez dît vous-même^ dans un de nos derniers entretiens 9 quand je vous interrogeais à son égard^ qu'elle est fidèle à mon amour, et aussi éprise de moi , après vingt ans d'absence , que quand je la quittai pour aller à Troie. Je la laissai dans la fleur de sa jeunesse et de sa beauté. Combien sa constance a dû être éprouvée depuis ce temps ! Combien sa fidélité est glorieuse ! La paierai- je par la perfidie ? oublierai- je celle qui ne peut m'oublier, qui n'a rien de si cher que mon souvenir ?
CIRGÉ.
/Son amour est soutenu par l'espoir continuel de votre prochain retour. Otez-lui cet espoir : que vos compagnons partent, et lui rapportent que vous avez établi en ce lieu votre séjour avec moi , que vous l'y avez éta-. bli pour toujours; qu'elle sache qu'elle est libre de disposer de son cœur et de sa main quand il lui plaira. Envoyez -lui mon portrait; priez -la de le comparer avec ses traits. Si tout cela ne la guérit pas des restes de sa passion, si vous n'apprenez pas son mariage avec Eurymaque en moins d'un an , je n'entends rien aux femmes.
ULYSSE
O cruelle déesse ! pourquoi m'obligez-vous à vous dire des vérités que je voudrais taire ? Si, par une épreuve aussi injuste, aussi barbare, je pouvais perdre
4iS DIALOGUES.
son cour^ je hruerais le mien. Comment souffrir le supplice de songer que j'aurais outragé une telle épouse? Qui pourrait me dédommager àe savoir qu'elle n'est plus à moi, qu'elle appartient à un autre? Ne montrez point de dépit, Circé: j'avoue (puisque vous voulez que )e parle avee frasicliise ) que vou» ne pourriez m'offrireedédonuEnagement. Aveo tout l'orgueil de votre immortelle beauté > avec tous vos charmes magiques pour mieux rehausser ceux de la nature, vous n'êtes pas une magicienne aussi puissante qu'elle. Vous sentez le désir, et vou» le eommuniquea;^ mais vous n'avez ja* mais connu l'amour, et voua ne sauriez Tinspirer. Gomn»ent puis-je aimer celle qui aurait voulu me changer en un vil animal ? Pénélope me métamorphosait en héros : son amour ennoblissait, fortifiait, exaltait mon âme. Elle me dit d'aller au siège de Troie, quoique notre séparation fût pour elle plus pénible que la mort. Elle me dit de m*y exposer à tous les périls parmi les premiers héros de la Grèce, quoique son pauvre cteor frémit en songeant au moindre danger que je pourrais courir, et fût prêt à répandre lout son sang pour épargner une goutte du mien. Et puis , quelle conformité dans toiYtes nos inclinations ! Quand Alinerve me dîetait les leçons de la sagesse, elle aimait à être présente; elle écoutait, elle retenait les instructions morales, et les sublimes vérités de la nature ; çlle me les rendait adoucies et embellies par les grâces touchantes de so« âme. Quand nous délassions notre esprit par le charme de la poésie, quand nous lisions ensemble les poëmes d'Orphée, de Musée «t i}je Linus, avec quel goût elle en révélait touteus les beautés 1 Ues sensations étaient froides en comparaison des siennes. Elle semblait elle-
même la muse qui avait inspiré ces vers , et moBté leurs lyres pour faire passer daos le cœur des hommes Tamour de la sagesse et de la vertu, et la craiote des dieux. Gommie elle était bienfaisante et affable pour mes peuples ! Quel soin elle prenait de les instruire des nobles travaux et des arts élégants ^ de soulager les maux des infirmes et des vieillards, de surveiller Téducation des enfants, de rendre à mes sujets tous les bons offices d'une favorable intercession , de m'exposer leurs besoins, de seconder leurs prières; d*appuyer de sa médiation ceux qui imploraient ma clémence, de solliciter pour ceux qui méritaient les grâces de la couronne I Et ie renoncerais pour toujours à une pareille compagne I Je sacrifiwais notre union aux joies brutales d'une vie sensuelle, en conservant, il est vrai, les traits de l'homme, mais en abjurant Tàme humaine, ou au moins ses plus nobles .et ses plus divins attributs ! O Gircé, pardon nez -moi; je ne puis soutenir cette pen-
ciacB.
Partez ! Ne vous imaginez pas que je vous supplie de demeurer avec moi, La fi|le du ^oleil n'oublie paft assez sa gloire pour solliciter un mortel de partager son bonheur. C'est un bonheur, je le vois, dont vous n'êtes pas capable de jouir. J'ai pitié de vous, et je vous méprise. Ce qui semble obtenir de vous tant d'estime, je n'en ai aucune idée. Tout ce que vous m'avez dit me parait un jargon de sentiment plus digne d'une femme visionnaire que d'un grand homme. Allez lire , et filer même , si oela VQU9 plaît, avec votre épou&e. Je v<vus dé^pds de rester encore un jour dans mon île. Vous ai^rez ^^ vent
4ao DIALOGUES,
propice pour vous en éloigner. Après cela, puissent toutes les tempêtes que déchaîne la nature vous poursuivre et voua engloutir! Partez, dis- je : retirez- vous de ma présence.
ULYSSE
Grande déesse , j'obéis ; mais souvenez-vous de votre
serment.
Ltetleton.
Règles de Bayes pour composer.
SMITH
Comment 9 monsieur, des ressources pour aider l'esprit !
BATES
Justement , monsieur, c'est là mon grand secr» t : et je soutiens ici que jamais aucun homme sous le soleil n'eut par lui-même assez de talent pour briller au théâtre, sans le secours de mes règles.
SMITH
Et quelles sont ces règles, je vous prie ?
BATES
Les voici- Ma première règle est la règle de traMversion , ou régula duplex , qui consiste à changer des vers en prose , et de la prose en vers alternativement, comme on veut.
SMITH
Fort bien, monsieur; mais par queUe règle s'opère ce changement?
DIALOGUES. 4ui
BATBS.
Je vais voug le dire, monsieur; rien de si aisé que / ma méthode, quand on l*entend bien. Je prends un livre, chez moi ou ailleurs, peu importe; si j*y trouve quelque esprit, et il n'y a aucun livre qui n*en ait un peu , je le traïuverse , c'est-à-dire que s'il est en prose , je le mets en vers , mais cela demande quelque temps ; et s'il est en vers , je le mets en prose.
SMITH
Il me semble , monsieur Bayes , que mettre des vers en prose devrait s'appeler transproser,
BATES
Par ma foi, monsieur, c'est une fort bonne idée, et dorénavant j'en profiterai.
SMITH
Très bien , monsieur; et que faites- vous ensuite ?
BATES
J'en fais mon affaire ; l'ouvrage est si changé qu'il est méconnaissable. Ma seconde règle est la règle de concorde , au moyen de tablettes. Observez bien t je vous prie.
SMITH
Je vous écoule, monsieur, continuez.
BATES
Voici comment je m'y prends. J'entre dans un café ou dans quelque autre endroit où se rendent les hom-
mes d'esprit ; )e fais semblant de ne songer à rien ( remarquez-vous bien ceci ?))mais aussitôt que quelqu'un parle , zest ! je m'empare de ce qu'il a dit , et j'en fais encore mon affaire.
SMITH
Mais, monsieur Bayes, n'ètes-vous pas quelquefois en péril de rendre par force aux autres ce que vous leur avez dérobé par adresse ?
BATES
Non , monsieur : les gens sont sans défiance ; ils ne font pas attention à ces misères-là.
SMITH
Mais f je vous prie, monsieur Bayes , parmi vos autres règles , n'en avez-vous aucune pour l'invention?
BATS s.
Pardpnne£-moi , monsieur, c^est ma troisième règle; et je l'ai ici dans ma poche.
SMITH
Quelle peut être cette règle ? c'est ce qui me surprend fott.
BATBS.
La voici, monsieur. Quand j'ai quelque chose à inventer, je ne me fatigue jamais la tète, comme les autres ; mais je me mets sur-le-champ à feuilleter mon livre de îieux communs dramatiques, et là j'ai à la fois tout oe que Perse, Montaigne, les tragédies de Sénèque, Horace, Juvénal, Glaudien, Pline, les vies de
Piutarque, et les autres , ont pensé sur ce sujet : ainsi, en un tour de main, en retranchant quelques mots, ou en ajoutant quelque chose de mon cru, Taffaire est bâclée.
SMITH
D'honneur, monsieur Bayes, voilà, pour trouver de resprk, le moyen le plus commode et le plus expéditif dont j'aie jamais ouï {Parler.
BATES
Monsieur, si vous avez le moindre doute siu* Tefficacité de mes règles, venez seulement avec moi à la comédie, et vous en jugerez par l'effet. Mais, je vous prie, monsieur, puis-je maintenant vous demander en quelle disposition vous êtes quand vous écrivez?
SHITH.
Ma foi , monsieur , je suis d'ordinaire en fort bonne santé.
BATES
Sans doute; mais je voulais savoir ce que voYisfaites quand vous écrivez.
SMITH
Je prends une plume , de l'encre , du papier , et je m'assieds.
BATES
Pour moi, j'écris debout; c'est déjà yn p^iot; :ii|^is en voici un autre : comment vous préparez-v«ius P
SMITH
Comment je me préparej? (Peste soit du fou avec sa question ! )
BATBS.
£h bien , je vais vous dire la précaution que je prends. Si je veux écrire des compositions familières , comme des sonnets pour Armide , et autres ouvrages de ce genre, je fais usage seulement de pruneaux; mais quand fai quelque grand dessein en tête, je prends médecine, et je me fais saigner : car quand vous voulez avoir une certaine vivacité d'esprit y et de brillants éclairs d'imagination, il faut avoir soin de la partie pensante; enfin y il faut vous purger.
SMITH
En vérité f monsieur, voilà une merveilleuse recette pour écrire.
BAYES
Oui, c'est mon secret; et sérieusement je crois que c'est un des meilleurs que je possède.
SMITH
De bonne foi, monsieur, c'est peut-être vrai.
BAYES
Peut-être! monsieur, j'en suis certain. Easperto crede Roberto. Mais il faut que je vous donne un avis en passant : ayez soin de ne jamais prendre du tabac quand vous écrivez.
SMITH
Pourquoi 9 monsieur?
BAYES
Pourquoi? Il m'a gâté autrefois une des comédies les plus piquantes qu'on ait faites en Angleterre. Mais un de mes amis du collège de Gresham m'a promis quelques spiritueux pour me mettre en verve , et c'est ce qu'il me faut.
BVGKINGHÀM.
La comparaison des montres.
Lorsque Griselda crut que son mari avait assez joui de sa nouvelle existence ^ et qu'il était en*^danger de perdre le goût des tracasseries , elle changea dp ton. Un jour qu'il n'était pas revenu au logis à la minute précise y elle le reçut avec un air de mécontentement qui aurait fait reculer Mars lui-même, si Mars avait remarqué un pareil air sur le visage de sa Vénus.
a Le dîner a été retardé pour vous jusqu'à cette heure, mon cher. »
« J'en suis très fâché; mais pourquoi m'avez -vous attendu , ma chère ? Je suis réellement mortifié d'arriver si tard; mais ( en regardant sa montre ) je n'ai que six heures et demie à ma montre. »
f J'ai sept heures à la mienne. »
Ils se présentèrent chacun leur montre, lui avec l'attitude de l'apologie, et elle avec l'air du reproche.
« Je crois que vous êtes en avance , ma, chère , dit le mari. »
4a6 DIALOGUES,
« Je suis certaine que vous êtes en retard , mon cher ^ répondit la dame. »
a Ma montre ne se dérange jamais d^une minute en vingt-quatre heures 5 dît-il. »
a Ni la mienne d'une seconde, répliqua-t-elle. »
«J'ai des motifs pour croire que j'ai raison, mon amour, dit le marî avec douceur. »
« Raison ! s'écria la dame du ton de Tétonnenient. Quels motifs pouvez - vous avoir pour croire que vous avez raison, lorsque je vous dis que je suis moralement sûre que vous avez tort, mon amour? »
' « Mon seul motif d'en douter est que j'ai réglé ma montre aujourd'hui sur le soleil. »
« En ce cas , le soleil a tort, s'écria la dame brusquement. Vous n'avez pas besoin de rire ; car je sais ce que {e dis. Il faut teilir compte de la variation, de la déclinaison..., en calculant l^eure sur le soleil. Vous comprenez parfaitement ce que je veux dire; mats vous vous garderez bien ée l'expliquer pour moi , parce que vous êtes convaincu que j'ai raison. »
« Eh bien, ma chère, si vous êtes certaine d'avoir raison, cela suffit; nous ne disputerons pas plus longtemps pour une pareille misère. Va-t-on servir le diner ? »
« Oui, si Ton sait que vous êtes de retour; mais je ne puis dire si on en est informé ou non. Je tous prie, ma chère Nettleby, reprit la dame en se tournant vers une de ses amies ^ et en tenant encore la montre à sa main, quelle heure avez- vous ? Il n'y a personne au monde qui déteste autant que moi de disputer pour des bagatelles; mais )e confesse que j'aime coùVcilincre les gens que j'ai raison. •
La montre de madame Nettleby était arrêtée. Quel contre-temps! Piquée de n'avoir pas sur-le-çhamp les moyens de convainc»:e les ^ns qti*^e avait raison ^ notre héroïne se consola en procédant à accuser smi mari, non seulement pour ce cas particulier, où il s'avouait coupable, mais en lui reprochaat en général d'arriver toi»|our8 trop tard pour diner ; accusation qu'il repoussa de son mieux.
Il y a dans cette espèce de reproche, qui passe fièrement du particulier au général, quelque chose de singulièrement offensant pour toute âme raisonnable et susceptible ; et il y a dans le reproche général d'arriver toujours trop tard pour dîner quelque chose dont la ponctualité de l'homme s'accommode malaisément, surtout quand il a faim. Nous conseillons humblement aux personnes de notre sexe d'éviter de soumettre la patience d'un mari à une pareille épreuve , ou au moins de l'adoucir ^vec beaucoup de ménagement; sinon il en résultera infailliblement quelque malheur.
Mademoiselle Edgev^cmith-.
Folie de disputer sur des bagatelles.
Un matin, Griselda et son mari observaient Emma, qui montrait à de pauvres enfants à tresser des pailles pour faire des chapeaux.
« L'été prochain, ma chère, quand jious serons établis dans notre domaine, j'espère que voua encouragerez quelque manufacture de ce genre pour les enfants de nos fermiers, dit M. Bolingbroke à son épouse. »
« Je n'ai aucun goût pour présider à des établisse-
428 DIALOGUEwS.
ments de celte espèce , repartit madame Bolingbrokc dédaigneusement- »
Le mari n'insista pas sur son observation. Quelques minutes après , il tira une paille d'une poignée que tenait un des enfants.
« Voilà une belle paille , dit-il avec indifférence. »
c Une belle paille ! s'écria madame Bolingbroke ; non, elle est fort ordinaire. Voici, continua-t-elle en en tirant une d'une autre poignée, voici une belle paille , ne vous en déplaise. »
« Je crois que la mienne est la plus belle, dit M. Bolingbroke. »
c Alors il faut que vous soyez aveugle, monsieur Bolingbroke , répliqua ]a dame en les saisissant vivement pour les comparer. »
« Eh bien, ma chère, dit-il en riant, nous ne disputerons pas sur des brins de paille, t
« Non , sans doute , répondit-elle ; mais j'observe que, quand vous savez que vous avez tort, monsieur Bolingbroke , vous dites toujours , Nous ne disputerons pas, ma chère. Examinez, je vou,s prie, ces deux pailles, madame Granby, vous qui avez des yeux, et dites-nous quelle est la plus belle. »
« Je tirerai au sort, dit Emma prenant une des pailles des mains de madame Bolingbroke en souriant ; car il me semble qu'il n'y a que peu ou point de différence entre elles. »
« Point de différence , ma chère Emma I dit madame Bolingbroke. »
« Ma chère Griselda, s'écria le mari en prenant l'autre paille de sa main, et en soufflant dessus, vérîtable-
ment cela ne vaut pas la peine de disputer ; ce serait trop puéril. »
« Puéril ! répéta-t-elle en suivant des yeux la paille qui flottait au gré du vent; je ne vois rien de puéril à prouver qu'on a raison ; ce n'est pas en élevant la voix de cette manière que vous me convaincrez. Vous savez que Jupiter a toujours tort quand il a recours à son tonnerre. »
« Le tonnerre, ma chère Griselda, à propos d'une paille ! Quand les femmes sont résolues à disputer, j'admire combien elles sont ingénieuses à trouver des sujets de dispute. J'avoue à votre gloire , ma chère , que vous avez atteint la perfection de cet art : vous pouvez maintenant à la lettre disputer pour des brins de paille. »
La même, Théron et Aspasio.
( La beauté et l'utilité réunies dans les productions de la nature.)
Théron et Aspasio firent un tour de promenade , le matin, dans les champs : leur humeur était gaie, et leur imagination vive; une pieuse reconnaissance enflammait leurs coeurs, et toute la création souriait autour d'eux.
Après avoir pris un peu d'exercice , ils s'assirent sur un tertre dont la mousse leur offrait un banc. Le soleil levant avait réchauffé la terre , séché la rosée , et dissipé les humides vapeurs nuisibles à la santé -, les violettes s'entr'ouvraient, et les primevères qui embellissaient la verdure étaient épanouies. L'ombrage épais des bois s'é-
43o DIALOGUES.
tendait derrière eux, et un paysage délicieux , knicense et varié n se déployait à leurs regards.
Théron , selon sa sotéthode ordinaire , fit quelques réflexions utiles svir la perspective et les beautés du site, n remarqua remjM^nte d'une sagesise qui embrasse tout, et indiqua les traits d*un pinceau inimital^. Il observa les grands effets d'un pouvoir infrni et dhine inépuisable bonté, qui brillent avec un caractère phis frappant et plus aimable dans Tensemble de la nature. Il insista sur luie circonstance avec une satisfaction particulière.