‹ Leçons anglaises de littérature et de moraleChapitre 12 sur 16 · THÉRON · texte numérisé non relu

THÉRON

« Voyez , Aspasio , comme tout est coiobiné pour offrir à rhomme les plus vives jouissances! Ces arbres qui bordent l'extrémité du paysage, en perdant à Tœil leur grosseur réelle, et en diminuant par un progrès insensible, paraissent d'élégants tableaux en miniature* Ceux qui occupent des pians moins éloignés présentent un amas de majestueux oolosses , qui plaisent à la vue par leurs larges proportions, et par la variété de leurs attitudes gracieuses; le? uns et les s^utre^orçe^t les diverses parties de notrQ commun séjour avec un méliUii^ de délicatesse et de grandeur*

iLes boutons épanouis qui p^r^Qt les l'AmeaiKi^,^ les fleurs dont les prairies sont émaillées, attirent et ravissent nos regards par tous les cbarooies ^ la beauté , tandis que, pour d'autres créatures,, ils manqueal de oet attrait qui résulte de la combioaîson des plus aimables couleurs , et des formes les plus séduisai^es. Ciqs ruisseaux qui glissent dans tes vallons d'un cours uuifQnpe et paisible, et qui briUent dans le lointain conone des

DIALOGUES. 43i

miroirs d'un crisUl uai, ou qui charment Toreille attentive par la douceur de lew murmure, en même tetiip« qu'ils réîouisseot l'imagination, rafraîchissent le sol partout où ils portent leurs eaux. La montagne énonne et sourcilleuse , le précipice eifrayant et profond 9 la eime formidable du promontoire escarpé , malgré leur aspect sauvage et terrible, offrent encore un tableau intéressant pour l'âme humaine; ils plaisent . en natale temps qu'ils étonnent, pendant que les animaux n'observent leurs sublimes horreurs que pour se garantir des périls dont elles les menacent. »

ASPASIO.

« Combien des considérations de>cette nature ajoutent à l'opinion que nous nous formons de la bonté du Créateur, de cette bonté si attentive pour le genre humain ! £t ne devraient-elles pas redoubler dans la même proportion notre amour pour cet éte^rnel bienfaiteur ? Sa main, toujours généreuse, a répandu avec une magnifique profusion ses faveurs sur toutes les classes des créatures vivantes; mais il exerce envers nous une bien* veillaoce d'un ordre supérieur : nous sommes traités avec plus de prédilection ; nous sommes admis à des scènes de délices dont nous sommes seuk eapables de jouir. »

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