‹ Leçons anglaises de littérature et de moraleChapitre 3 sur 16 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

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tères 9 choisis chez les plus célèbres historiens ; des préceptes et des jugements littéraires empruntés aux critiques les plus recommandables. La forme même de ce recueil, la continuelle variété de tons et de sujets , doivent en rendre la lecture aussi agréable qu'instructive. Plusieurs fragments de sermons, de discours politiques, et de tragédies des meilleurs auteurs anglais, suU firont pour apprécier le génie divers des deux peuples dans l'éloquence de la chaire , l'éloquence de la tribune, et l'art dramatique. On reconnaîtra aussi la source où ont puisé quelques uns de nos grands écrivains , depuis Voltaire, qui le pre- ' mier inspira en France le goût de la littérature anglaise, tantôt eii la jugeant avec une légèreté capricieuse , et tantôt en l'imitant avec une élé** gante originalité 9 jusqu'à DeliUe, qui, malgré sa fécondité brillante, doit beaucoup à Thomson, Gray , Akenside, Goldsmith , Cov^rper , et surtout à Darwin, dont il retrace la manière dans le genre descriptif. Quelquefois les mêmes sujets traités par les plus beaux génies des deux nations offriront aux lecteurs des rapprochements curieux et un

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intéressant parallèle. Us aimeront sans doute à comparer Pascal avec Addison ', Clarendon avee Bossnet % Voltaire tour à tour avec Shakespeare^, Pope*, et ParnellS Massillon avec Blair% Delîlle avec Denham % Goldsmith ?, et Darwin ^ Thomson avec Saint^Lambert ""*, Florian avec Byron", M. Andrieux avec Pope '% M. Baour-Lôrmîan avec Logan '' , M. de Chateaubriand avec Goldsmith '*, etc.

J'ai cru devoir conserver avec soin Tempreinte des coutumes, des mcfeurs, et des institutions, les allusions aux souvenirs historiques et aux croyances populaires, les noms de pays et d'individus , et tout ce qui forme , en quelque sorte , le coloris local. J'ai respecté les hardiesses, les originalités , souvent même les bizarreries qui se rencontrent dans les écrivais anglaiif. Sans

' L'Échelle des êtres, ou grandeur et petitesse de la nature. — * Portrait de Cromwell. — ^ Éloge funèbre de César par Antoine, — ^ L'an ire du Spleen. — * L'Ermite. — ^ L'Ambition, ' La chasse du cerf. — ^ Le maître d'école et le curé de campagne, -— • Destruction des arméeê de Cambyse. — *° L'orage. — » » Le combat du taureau. — »» Le rat dû ville et lu rat des champs. Imitation d'Horace. — ' ^ Hymne d'Ossian au soleil. — ' ' La cataracte de Niagara.

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doute quelques tableaux , tels que la Heine Mab par Shakespeare , et le Costume de sir Hudibras par Butler y paraîtront d'un goût assez étrange à certains lecteurs ; mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici d'une littérature distincte , et pour ainsi dire isolée comme le peuple auquel elle appartient. Par la même raison j'ai dû chercher à reproduire avec toute sa franchise l'expression des sentiments, des opinions, ou des préjugés nationaux. Cette ardeur d'esprit public , cette énergie et quelquefois cette exagération de patriotisme , si fortement empreintes dans les productions de la Grande-Bretagne , ne déplairont pas à des cœurs français. D'ailleurs, malgré une prévention trop commune parmi nous , on verra avec quelle impartialité, quelle bonne foi, souvent même quelle bienveillance , les esprits éclairés de l'Angleterre jugent les nations voisines et en particulier la France'.

Le ton religieux , philanthropique et moral qui

> Voyez la Lettre de Chesterfield à son fils ; le Parallèle de l'Mo^ quence en France et en Angleterre , par Blair; le Caractère des Frati" fflcf, parGoldsmith.

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domine dans cet ouvrage hii assure un favorable accueil de tous les amis de la vertu et de Thumanité. On y retrouve partout l'éloge des bienfaits du christianisme \ de la philosophie , de la liberté : on y voit flétries presque à chaque page les doctrines de l'intolérance , de la corruption , et de la servitude. Les prétentions du pouvoir absolu y sont poursuivies sans relâche 9 tantôt avec une piquante ironie, tantôt avec un amer dédain ou une sévère indignation. Au reste 9 ce caractère d'indépendance et de vérité était inévitable dans un choix quelconque de la littérature de cette grande et magnanime nation qui fut pour les deux hémisphères le berceau de la civilisation politique , et où toutes les tyrannies rencontreront toujours d'héroïques résistances 9 toutes les infortunes un appui généreux. '

Je n'ai que peu de mots à dire sur le système de traduction qu« j'ai suivi. Je me suis attaché, autant, que le permettait le génie de notre langue , à une fidélité scrupuleuse, convaincu que c'était le seul moyen de conserver à tant d'auteurs et de morceaux différents quelque chose de leur

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physioaiMmMe et 4e leur caractère. Je ne E»e Aaitte pas cependant d'avoir toujours atteint ie iHort de mes efforts. Ceux qui se sont exercés à traduupe les poètes anglais s^Tent combien fl est diffidiede feirepaeser leurs mou^^ements et ^leurs images dans une laague mof>ns rkhe , vr^oins rapide, «t oiwns bardie ". Je «aïs que , panni tant de l»biea«tx,îl eaest linéiques unsdomt les grâees légères et le coloris délicat 01^ «dû se À^rbraf so«i$ la plume du traducteur. Mais j'espère qu'une foule, de morceaux pleins de verve et de nouveauté , dont le mérite ne saurait périr entièrcr ment dans la version la plu3 imparfaite , obtiendront grâce pour ceux dont le charme aurait disparu.

Nota, J'ai adopté Tordre et le choix suivis par les éditeurs du recueil anglais , en me réservant de profiter des améliorations qu'ils pourront y introduire dans la suite. J'ai seulement supprimé

■ Il est inutile d'observer que cette remarque , purement applicable à ridiome , n'a aucun rapport à la question de la prééminence d'une des deux littératures , et qu'elle tend même à rehausser la gloire des grands écrivains français.

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