RÉSULTAT FINAL DÉPLORABLE
oTand trochanter, il semble au contraire que la résection de la tête soit capable de l'augmenter plutôt un peu, et de compenser en partie cette atrophie, la suppression de l'épiphyse supérieure ayant pour effet d'accroître l'activité de l'épiphyse inférieure. En outre, de cette suppression peut résulter, dans le segment sous-jacent du membre, une hyperplasie conjugale compensatrice aboutissant à ce qu'Ollier a appelé « allongement atrophique ». Je m'en tiens à cette courte mention, car l'étude détaillée de tous ces phénomènes physiologiques et de leurs conséquences chirurgicales sera mieux placée quand, la semaine prochaine, je vous ferai toucher du doigt les méfails de la résection du genou. Alors je tâcherai de vous expliquer ce qu'est le raccourcissement tardif et progressif observé chez l'enfant à la suite des résections : retenez seulement aujourd'hui qu'après la résection de la hanche, vous n'avez guère à compter avec celte nouvelle cause d'ennuis. Heureusement, car j'espère vous avoir démontré que nos deux petits infirmes en ont leur suffisance.
Comme conclusion de tout ce qui précède, nous devons arriver à nous demander quelle doit être notre action thérapeutique chez nos deux malades.
Il n'y a, vous ai-je dit, que peu de perte réelle de la longueur du levier osseux; le fémur est raccourci de ce qu'on a réséqué, et ce raccourcissement n'est pas voué à l'aggravation progressive. Il n'y a donc pas cette lésion contre laquelle je vous dirai que nous sommes radicalement désarmés après la résection du genou. Le fémur dévié et luxé en haut peut être redressé, et même en grande partie abaissé, puisqu'il n'est pas ankylosé. En fixant bien le bassin et en mobilisant avec précaution la néarthrose, soumise au besoin pendant quinze jours ou trois semaines à l'extension préalable, il sera possible, et même probablement assez facile, d'immobiliser le membre en abduction à l'aide d'un appareil plâtré, puis on reprendra le traitement comme à l'origine.
On doit se méfier un peu de ces manœuvres de redressement dans les foyers tuberculeux mal éteints. Aussi ne vais-je y recourir tout de suite que chez un des malades, insistant d'abord sur l'extension continue chez celui dont la région trochantérienne est
fistuleuse ; d'autant plus que chez ce dernier l'appareil plâtré rendrait plus difficile les pansements nécessaires.
Mais que pouvons-nous espérer de ce traitement? Quelque chose de médiocre, car la réalisation de l'ankylose osseuse en bonne position est plus que douteuse, et sans elle la récidive des déviations est à peu près fatale. Elle sera probablement légère si l'appareillage est continué avec persévérance et minutie jusqu'à! la fin de la croissance : nos petits infirmes ont encore de beau) jours à voir, et ils en auraient moins connu s'ils n'avaient pasi été réséqués.