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PÉRIODE AIGUË DE L'OSTÉOMYÉLITE

tuberculose ; et en outre les séquestres sont des lamelles diaphysaires minces, blanches, dures, compactes, pointues, découpées et perforées en dentelle. Cet aspect ne laisse pas de place au doute : ce n'est pas celui des séquestres poreux, spongieux, grisâtres de la tuberculose, c'est celui des séquestres de l'ostéomyélite.

Voilà ce que vous voyez aujourd'hui, indépendamment de tout interrogatoire, et cela vous suffit pour une quasi- certitude : avec deux ou trois questions sur l'évolution du mal, votre certitude va devenir absolue, car vous allez apprendre que l'histoire du début a été, sans contestation possible, celle d'une ostéomyélite aiguë.

Le 24 avril 1898 l'enfant, délicat jusque-là, mais bien portant, est rentré de l'école en se plaignant d'une douleur au genou qui le faisait boiter; le lendemain il a gardé la chambre, mais non le lit, et le surlendeniain on l'a purgé. Déjà cependant il souffrait davantage; puis la région a gonflé, est devenue douloureuse au toucher, la fièvre s'est allumée, l'appétit a disparu, et c'est après une nuit d'agitation, de délire, que le malade nous a été apporté, le 29 avril, à Thôpital Trousseau.

Ce début fébrile rend le diagnostic assuré, et cela, joint à l'état local actuel, nous permet de remonter à l'origine vraie du mal, car tuberculose ou syphilis ont, sauf exception, un début insidieux, une évolution torpide, on ne peut préciser quel jour a commencé la lésion. Et, permettez-moi d'ajouter, rétrospectivement, qu'à cette période initiale un temps précieux a été perdu, faute, pendant les cinq premiers jours, d'un diagnostic précis. On semble avoir cru, d'abord, à une arthrite, à un rhumatisme peut-être, et si, dans l'espèce, le retard n'a pas eu de conséquence mortelle, souvent il n'en sera pas ainsi et vous ne sauverez la vie du sujet que si vous opérez dès les premières heures, si vous luttez de vitesse avec le mal. Or, le diagnostic avec le rhumatisme est aisé, au genou tout au moins, car la douleur à la pression est vive, en cas d'arthrite, sur l'interligne articulaire et sur la synoviale, en cas d'ostéomyélite, sur la ligne dia-épiphysaire : et au genou plusieurs centimètres séparent ces deux lignes, le cartilage conjugal étant franchement au-dessus des condyles. Et, dans cette

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