‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 152 sur 317 · OSTÉITE DES NAClllEUS · texte numérisé non relu

OSTÉITE DES NAClllEUS

de cet os une certaine sensibilité. La radiographie montre une sorte de cylindre osseux pas très dense, entourant en virole le corps à contours très nets du troisième métacarpien, de la base inclusivement à la région du cartilage dia-épipliysaire, au niveau duquel il finit en s'amincissant. Cet étui d'os nouveau double le diamètre de Tos. Le tiers supérieur du deuxième métacarpien et les 2/5 du quatrième portent aussi une virole d'os néoformé, mais dont la trace est moins évidente.

L'enfant recommença donc son travail, mais, au bout de quelques jours, le gonflement phlegmoncux du dos de la main ayant reparu, il revint me trouver. L'évolution des accidents et l'aspect de la radiographie me firent repousser le diagnostic de tumeur osseuse; j'écartai, avec moins d'assurance peut-être, celui de tuberculose; et je me confirmai dans ma première idée d'une ostéomyélite subaiguë, dont l'infection péritonéale aurait peut-être été la porte d'entrée; dans ces conditions, l'évidement de l'os semblait indiqué.

Aussi, le 10 décembre 1902, j'incisais la tuméfaction, sur le dos de la main, parallèlement à l'axe du troisième métacarpien, et j'arrivais sur l'os nouveau engainant l'os ancien. Celui-ci, friable au niveau de sa base, se laissait effondrer facilement à la curette, et j'évidai tout le métacarpien. Je fus assez surpris de ne point trouver de pus, mais seulement des fongosités grisâtres assez fermes, remplissant l'ancienne diaphyse, entourée d'os nouveau.

Pendant un mois, le malade ne ressentit plus rien, la plaie se cicatrisait, et tous les accidents inflammatoires semblaient disparus, quand se produisit à la même main gauche une tuméfaction de la face dorsale, ayant son maximum au niveau du quatrième métacarpien ; la région soulevée ne présentant ni rougeur, ni chaleur, était à peine douloureuse. Pas de fièvre. Au bout de quelques jours apparut un œdème généralisé de la main, sans grands phénomènes généraux. Cette fois, je réformai mon diagnostic et il me sembla bien qu'il fallait songer à une ostéite tuberculeuse en voie de diffusion.

Aussi, le 4 février 1903, je trace une nouvelle incision sur la cicatrice de la précédente opération, et je mets à nu un tissu

PERIOSTOSE D'UN METACARPIEN

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FiG. 64. — Périostoses des 2« et 3'= métacarpiens.

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osseux friable, et des fongosités, partie molles, partie fibreuses, qui remplissent le troisième métacarpien et atteignent aussi le deuxième et le quatrième ; mais comme dans la première opération, pas de pus, pas de matière caséeuse, et l'aspect n'est pas macroscopiquement celui de la carie tuberculeuse. Désireux de savoir la véritable nature de ces lésions, je fais faire l'examen histologique des débris enlevés. On me répond pouvoir affirmer les deux points suivants : il ne s'agit pas de tuberculose; nous sommes en présence d'une ostéite raréfiante de cause inconnue. Il n'a pas été fait de recherches bactériologiques par cultures ou inoculations.

Rien à noter dans l'évolution de la plaie, qui se cicatrise rapidement, si ce n'est que cette activité de réparation ne concorde pas non plus avec l'idée de tuberculose, mais doit nous porter bien plutôt vers celle d'une affection inflammatoire. Quelques semaines après l'intervention, le malade reprenait son travail. Remarquez l'évolution de cette ostéite, qui, suffisamment intense et suffisamment aiguë pour nous conduire par deux fois à une intervention, guérit chaque fois en quelques semaines au point de permettre au malade de reprendre un métier manuel. Ceci est tout à fait en dehors des allures et de la tuberculose et de l'ostéomyélite, qui se contentent rarement d'une seule intervention, et qui, de toute façon, demandent de longs mois pour guérir.

Mais bien mieux; le 18 mai 1903, le malade reparait, se plaignant de souffrir de la main droite et du pied gauche depuis une quinzaine de jours ; mais il n'a cessé son travail que l' avant-veille. Son attention fut attirée tout d'abord par le gonflement, qui s'accompagna presque aussitôt d'une douleur légère. Peu à peu douleur et gonflement augmentèrent, si bien qu'au bout de deux semaines il se décida à entrer de nouveau dans le service ; cependant, malgré la tuméfaction du pied gauche, il a pu marcher jusqu'à l'hôpital.

A la vue, la main droite présente un gonflement qui occupe sa face dorsale au niveau des premier et deuxième espaces interosseux et empiète sur le troisième métacarpien. Cette tuméfaction

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