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LÉSIONS MULTIPLES ET SUCCESSIVES

]e bord spinal, l'angle inférieur, points qui, nous l'avons vu, sont signalés déjà comme fréquemment atteints; c'est en outre, et ceci paraît plus rare, le bord axillaire. Je trouve en ces points un soulèvement considérable du plan osseux et une sensibilité très vive à la pression. L'articulation de l'épaule parait indemne, la rotation de l'humérus sur son axe est indolore, mais l'élévation du bras atteint avec peine l'horizontale et ne peut la dépasser. Tout mouvement de force nécessitant le concours des muscles rotateurs de l'humérus est impossible en raison de la douleur vive ainsi provoquée. Vous remarquez d'ailleurs que la région deltoïdienne n'est nullement tuméfiée et que la pression assez forte que j'exerce sur la tête humérale, en avant et en arrière, n'amène aucune réaction douloureuse.

Continuons maintenant la revue rapide des différents os que nous voyons frappés dans les observations viennoises.

Au membre inférieur, l'ostéite envahit trois fois le fémur, et toujours son extrémité inférieure seulement, sans s'accompagner d'hydarthrose du genou, et sans rendre tout à fait impossible la station debout.

Le tibia et le péroné sont malades, l'un sept fois, l'autre deux fois, les lésions de l'un et de l'autre ne coïncident qu'une seule fois.

Sur le tibia, la tuméfaction apparaît au niveau de l'extrémité inférieure, sauf dans un cas où la partie moyenne a été la première prise. Quant au péroné, les deux cas concernent l'extrémité inférieure de cet os.

Au pied, une observation mentionne l'envahissement du calcanétim. Mais cinq cas sont cités où le métatarse est frappé, généralement au niveau de plusieurs os, simultanément ou à quelques jours d'intervalle. Tous lès détails d'évolution clinique observés sur les métacarpiens se retrouvent ici.

Nous voyons à la face le maxillaire inférieur envahi quatre fois, sur lesquelles trois fois la lésion est bilatérale. La tuméfaction débute au niveau de l'angle de la mâchoire, et, s'étendant vers la partie antérieure, atteint le trou mentonnier, quelquefois la symphyse. Les dents sont en général saines; les observations ne

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nous disent pas ce qu'elles deviennent après la disparition du gonflement.

Enfin on signale une fois la localisation de la maladie à l'os malaire, au sternum, aux côtes.

L'évolution des phénomènes locaux, une fois le gonflement établi, reste assez simple : c'est ainsi qu'il ne semble jamais y avoir de tendance à l'ulcération, quoique la rougeur et la pseudo-fluctuation de celte masse d'apparence un peu phlegmoneuse puissent faire souvent penser à une collection suppurée. Je vous ai déjà dit que personnellement, au cours des deux opérations que j'ai faites sur notre malade, je n'ai pas trouvé de pus.

En général, ce que l'on observe, c'est l'induration de la tumeur qui débute lorsque le malade est mis au repos, deux à trois semaines après l'apparition du gonflement et qui donne au bout de quelques jours l'impression d'une hyperostose en masse de la portion d'os atteinte. C'est ce que nous pourrons constater dans quelques jours sur le malade que je vous présente; il va bientôt atteindre cette période, oii l'inflammation locale s'atténuera et laissera percevoir l'induration et l'épaississement du plan osseux profond. A partir de ce moment, la tumeur diminuera très lentement, en plusieurs mois. La régression va commencer, comme c'est la règle dans cette affection, au niveau des parties atteintes en premier lieu, ici, l'angle inférieur du scapulum et son bord spinal. Lorsque plusieurs os ont été le siège de douleurs et de gonflement, certains d'entre eux, plus tardivement lésés, présentent encore une tuméfaction en voie d'activité, tandis que d'autres n'offrent plus qu'un épaississement indolore et se réduisant peu à peu. En effet, à mesure que cessent les phénomènes aigus, chaleur, rougeur, œdème des parties molles, l'hyperostose qui apparaît au-dessous devient parfaitement indolore. Je vous disais que d'ailleurs elle se résorbe d'elle-même, mais ce processus est très lent. La disparition demande de longs mois et souvent n'est pas complète au bout de plusieurs années. L'épaississement reste quelquefois partiel, formant, sur les os qui furent atteints, des saillies irrégulières. Ce fait se voit, paraît-il, surtout au niveau des métatarsiens, vers l'extrémité antérieure de la diaphyse.

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