‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 158 sur 317 · BE.NIG-MTÉ DU PRONOSTIC · texte numérisé non relu

BE.NIG-MTÉ DU PRONOSTIC

chose négligeable, dans la classe ouvrière, à laquelle appartiennent toujours les malades, qu'une immobilisation forcée durant des semaines, ou même quelquefois plusieurs mois. N'oubliez pas, non plus, la possibilité des nouvelles atteintes, qui, jusqu'à l'âge de vingt ou vingt-cinq ans, menacent l'individu s'il continue le métier. Ce dernier fait étant connu, direz-vous, tout sujet une première fois touché n'a qu'à cesser le travail de la nacre; il est toujours jeune encore, de par la nature même de la maladie, et peut prendre une autre occupation. Eh bien, il ne s'y résoudra presque jamais, croyez-moi.

Je ne vous parlerai pas du diagnostic, sur lequel j'ai suffisamment insisté au début de cette leçon; dans certaines villes, à Vienne par exemple, il est facile, la maladie y est connue. En France, oi^i elle est tout à fait exceptionnelle, les symptômes peuvent passer pour ceux d'une ostéite tuberculeuse, ou surtout d'une ostéomyélite franche aiguï. L'erreur est dans ce dernier cas sans grande importance; cependant mieux vaut l'éviter, tant pour le bonheur de se rapprocher de la vérité que pour éviter une intervention opératoire, qui, si elle n'est pas nuisible, ainsi que le prouve le cas de notre malade, est tout au moins inutile.

Et ceci me conduit à vous dire un mot du traitement. D'après riîistoire de notre sujet, vous avez pu conclure déjà que le meilleur serait le plus simple, et, en effet, chez lui, lors de la deuxième atteinte, le véritable diagnostic ayant été porté, l'unique traitement a été le repos. Deux mois après le début des accidents, il était fonctionnellement guéri. Le voici atteint de nouveau, nous allons le mettre encore simplement au repos, et, dans quelques semaines, l'hyperostose sera en voie de régression et les mouvements seront redevenus faciles, du fait de la disparition de la douleur et du gonflement indammatoire.

Je ne crois même pas utile de se servir, comme faisait Gûssenbauer, des pansements chauds humides, et des frictions mercurielles, loco dolenli^ non plus que de l'iodure de potassium qu'il administrait à faible dose à l'intérieur. Quant à Englisch, il préconisait au contraire la réfrigération locale par la vessie de glace. L'ostéite des nacriers est au fond une affection relativement

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bénigne, et si je puis dire « bon enfant », qui ne demande pour guérir que le repos et la suppression du travail de la nacre, s'accommodant aussi bien, pour le reste, du froid que du chaud.

Enfin, vous le devinez, nous engagerons notre malade à changer de métier, pour éviter le retour de pareils accidents. C'est un conseil que je lui ai déjà donné il y a quelques mois, lors de sa deuxième atteinte. Il n'en a rien fait, vous le voyez. Sera-t-il mieux convaincu cette fois, et se rendra-t-il à mes raisons? Commençant à connaître quelque peu l'esprit de la classe ouvrière, je me permets encore d'en douter.

N. B. -^ Cette leçon ayant été faite le 9 décembre 1903, le jeune homme a quitté mon service, guéri, environ un mois après. Il a repris le même travail, et je le soigne actuellement (mai 1904) pour une poussée volumineuse des radius et cubitus droits (moitié supérieure).

Au moment de mettre sous presse (15 septembre 1904) je revois le sujet avec une ostéite de l'extrémité inférieure du radius droit. Tous les os antérieurement malades sont redevenus normaux.

VINGT ET UNlÈxME LEÇON

OSTÉOIYIALACIE INFANTILE. GENU VALGUIVI.

OSTÉOPSATHYROSIS

I. — Genu valgum considérable débutant à cinq ans chez une fille de neuf ans sans rachitisme. Examen physique d'un genu valgum.

II. — Exagération du genu valgum normal quand les os ne sont pas assez résistants. Le rachitisme. Le genu valgum de l'adolescence. Réserves pour l'avenir quand il ne s'agit d'aucune de ces variétés.

III. — Le genu valgum de la seconde enfance peut être le premier signe de l'ostéomalacie infantile, mortelle. Notre ignorance sur la cause et le traitement de cette maladie.

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