‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 170 sur 317 · SURLUXATION PROBABLE DE LA TETE RADIALE · texte numérisé non relu

SURLUXATION PROBABLE DE LA TETE RADIALE

est d'avouer que nous n'en savons rien et de nous demander si une disposition anatomique spéciale, osseuse ou ligamenteuse, n'intervient pas, comme dans la genèse des luxations incomplètes du pouce, des luxations de la mâchoire. Peut-être aussi est-ce en raison de dispositions anatomiques spéciales que les enfants ne sont jamais atteints de cette lésion après cinq ans, rarement après quatre ans ; à moins que ce ne soit parce que passé cet âge on ne les conduit plus par la main, en tirant dessus au moindre obstacle. Pourquoi encore la prédisposition des filles? Je l'ignore. Certains enfants, en tout cas, paraissent enclins à cette lésion, et tous les chirurgiens qui se sont occupés de la question signalent la possibilité d'une récidive dont, pour ma part, j'ai observé plusieurs exemples. Malgaigne en conclut qu'il faut pendant assez longtemps, pour que les ligaments reprennent leur force, maintenir après réduction le membre immobilisé en demitlexion et demi-pronation, dans un appareil ouaté ; les deux ou trois jours demandés par Duverney ne lui suffisent pas. Or je pense, avec tous les chirurgiens d'enfants, que même ces deux ou trois jours sont inutiles ; toujours le sujet sort de ma consultation guéri et sans appareil, et je ne puis trouver la une cause de récidive quand l'année suivante on me le ramène parce que, par une nouvelle traction brusque, on lui a de nouveau subluxé le radius.

Est il permis d'être éclectique, d'attribuer certains faits à chacune des lésions que j'ai énumérées, et même de faire une part, toute petite si vous voulez, à la torpeur, paralysie, inhibition, pour faire plaisir à mon ami Brunon et aux mânes de Chassaignac? Cela me parait impossible : l'unité clinique, l'identité thérapeutique sont telles que nous ne pouvons concevoir une diversité anatomique originelle. Partisan de cette théorie éclectique, Piéchaud, dans son article déjà cité, va jusqu'à dire, en parlant de cette lésion peut-être variable, que : « Très accentuée, accompagnée de mobilisation anormale, suivie de gonflement très marqué, elle

BuocA. — Leçons cliniques, 2^ série. 22

338 LA PRONAÏION DOULOUREUSE

devient une fracture juxta-épiphysaire ou un décollement épiphysaire. »

C'est une opinion que je ne puis admettre. Il y a, au membre supérieur, au poignet, au coude, à l'épaule, au radius, au cubitus, à l'humérus, à la clavicule, des lésions diverses, des entorses, des contusions, des décollements épiphysaires partiels ou complets, des luxations, des fractures, toutes lésions qui rendent le membre impotent, mais que vous devez différencier grâce à leurs signes physiques spéciaux : gonflement, ecchymose, déplacement, douleur à la pression localisée, etc. Quand aucun de ces signes n'existe, quand au contraire vous trouvez à la région radio-hwnérale ceux que vous venez de constater aujourd'hui, à la suite de la cause toujours la même que je vous ai exposée, alors seulement diagnostiquez la pronation douloureuse et une guérison instantanée^ par des manœuvres toujours les mêmes^ vous prouvera que vous aurez eu raison.

Page 1