‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 171 sur 317 · TUBERCULOSE TESTICULAIRE CHEZ L'ENFANT · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE TESTICULAIRE CHEZ L'ENFANT

I. — Début en apparence aigu; en réalité, poussée aiguë sur une lésion thoracique. Fréquence chez les enfants en bas âge.

II. — Signes habituels de l'épididymite tuberculeuse. Rareté des lésions prostatiques. Diagnostic différentiel : blennorragie, orchite par effort; funiculite ou épiploïte; syphilis.

III. — Pronostic relativement bénin; absence habituelle de lésions génitourinaires profondes. Suppuration fréquente et rapide, mais souvent vite tarie. Atrophie possible du testicule.

IV. — Indications très rares de la castration. Incision des abcès ; cautérisation des fistules au fer rouge.

L'enfant que je soumets aujourd'hui à votre examen est atteint de tuberculose épididymaire à droite. C'est une localisation bacillaire relativement rare avant l'âge adulte, mais dont néanmoins les traités classiques de pathologie infantile n'ont peut-être pas tenu assez compte, jusque dans ces temps derniers, elles quelques mentions succinctes que vous trouverez dans les leçons de Giraldès, ou dans les ouvrages spécialement consacrés à l'étude des maladies du testicule, ne doivent pas suffire à votre instruction.

L'histoire de cette lésion ne se borne pas, en effet, à enregistrer quelques observations éparses, à dire, avec D. Mollière et Augagneur que, sur 183 cas de tuberculose testiculaire, il y en a un qui concerne l'enfant. Les mémoires spéciaux, et plus ou moins développés, consacrés à cette étude par Launois (1883), L. Jullien (1890), Hutinel et Deschamps (1891), Félizet (1899),

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nous prouvent que la fréquence est plus grande que cela, et nous montrent, en outre, que l'âge du sujet imprime à la lésion certaines particularités '.

Il esL difficile d'apprécier cette fréquence de façon exacte, car la plupart de ces malades ne sont pas hospitalisés, et de là sans doute quelques désaccords, d'importance d'ailleurs médiocie. Ainsi, Jullien admet une proportion de 17 cas sur o.566 enfants des deux sexes présentés à une consultation hospitalière; cela cadre bien avec le total de 58 cas sur lequel Félizet établit son étude.

Pour mon propre compte, dans mes registres de l'hôpital Trousseau et de l'hôpital Tenon, de 1892 à 1902, sur 46.000 enfants, je n'ai relevé que 44 cas de tuberculose testiculaire; j'en connais quelques-uns qui n'ont pas été enregistrés, mais il est certain que ma série est relativement moindre que celle de Jullien. Vous voyez cependant que je ne vous mets pas en présence d'une de ces raretés négligeables pour le praticien, mais qu'il vous sera utile de connaître les quelques données cliniques et anatomiques propres à la tuberculose de l'enfance. Je vais vous les enseigner, tout en vous exposant l'histoire de notre malade actuel.

Chez cet enfant, âgé de treize ans et demi, vous devez avant tout étudier les signes locaux qui vous conduisent au diagnostic par l'annonce duquel j'ai commencé cette leçon.

A droite, à l'inspection déjà, le scrotum vous apparaît plus gros qu'à gauche, et en outre le jour de l'admission il était coloré d'une rougeur assez vive, vite disparue sous l'influence du repos. A la palpation, je n'ai jamais senti d'empâtement des parties molles superficielles, d'adhérence de la peau, mais on trouvait une

1. Launois. — Revue mens, des mal. de Venf., Paris, 1883, p. 218. — L. Jui-LIEn. Arc/i. gén. de me'd., Paris, 1890, T. I, p. 420. — Hutinel et Deschamps. Ibid., 1891, T. I, p. 257 et 4S3. — Félizet. Bull, et mém. de la Soc. de chir., Paris, 1899, 26 avril, p. 462.

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