‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 173 sur 317 · FRÉQUENCE CHEZ LES ENFANTS JEUNES · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE CHEZ LES ENFANTS JEUNES

insuffisamment établi une explication inspirée de la philosophie des causes finales.

Voilà deux fois que je vous parle de la fréquence relative de la lésion chez les enfants du premier âge : cette donnée ressort, en effet, de tout ce qu'on a publié sur la question, et je puis sur ce point confirmer à peu près l'opinion de Jullien. Ce dernier auteur, parmi ses 17 malades, en compte 6 au-dessous d'un an, 6 d'un à deux ans, 8 de deux à treize ans; voici mes chiffres, et ici ma statistique est complète :

7 semaines 1

2 mois 1

6 mois 1

DeOàlan, 7cas ^ g ^^.^ ...... 1

10 mois 2

1 an 1

D'un à deux ans 6 cas.

De deux à sept ans 15 cas, dont 10 de deux à cinq ans et 3 à cinq ans.

De sept à treize ans 7 cas.

De treize à quinze ans 9 cas.

Donc, les deux premières années de la vie sont celles où la lésion est nettement la plus fréquente. Mais ma proportion est moindre que celle de Jullien; et surtout je ne puis admettre, malgré Félizet, que la tuberculose testiculaire soit tout à fait exceptionnelle de sept à quatorze ans : pendant cette période de l'enfance elle est moins fréquente que chez les nourrissons, mais il n'y a pas plus d'immunité pour les enfants de huit ans que pour ceux de cinq ans. Quant à vous donner le motif de cette préférence pour les nourrissons, vous me permettrez de garder le silence plutôt que de chercher une explication forcément un peu « cause-finalière ».

Mais de digression en digression, je m'aperçois que jusqu'à présent, je ne vous ai guère parlé que de théorie. Il est temps d'entrer dans le détail de l'examen clinique et du diagnostic.

3i4 SYMPTOMES DE LA TUBERCULOSE TESTICULAIRE

Ainsi le testicule droit est gros et abaissé. Et l'inspection nous révèle encore sur la peau un reste d'aspect inflammatoire. Les veines n'ont jamais été dilatées; les plis, effacés par distension, il y a quatre jours, reparaissent aujourd'hui que le gonflement est moindre; mais il persiste, quoique moins vive, une rougeur manifeste.

Ce signe est le seul qui trahisse la participation éphémère des parties molles superficielles à l'inflammalion. Car la peau est partout mince, souple, mobile, partout on peut la plisser, à droite aussi bien qu'à gauche et nulle part, môme pas dans un point limité, elle ne présente une adhérence avec les plans profonds. A'^ous devrez toujours, en cas de tuberculose testiculaire, faire avec soin cette recherche, qui vous permet de reconnaître de bonne heure la tendance à la suppuration d'une bosselure qui migre VL>rs la peau.

Ici, rien de semblable. Aucun empâtement superficiel ne nous gène pour palper attentivement le testicule; et voici ce que nous trouvons :

Dans la tumeur ovoïde, grosse comme un pruneau, qui remplace le testicule, nous sentons deux parties : en bas et en avant est une région lisse, souple, indolente, qui a la forme, les dimensions et la consistance du testicule gauche ; mais au-dessus et en arrière de celte glande est une masse dure, bosselée, douloureuse à la pression, grosse surtout à son extrémité antéro-supérieure, qui déborde un peu sur le bord antérieur du testicule. A ces caractères vous reconnaissez avec certitude l'épididyme, coiflTant le testicule comme le cimier surmonte le casque, et en palpant successivement, par comparaison, les deux côtés, vous reconnaissez qu'à droite, glande et épididyme sont parfaitement sains.

Il y a quatre jours, le gonflement était plus fort ; la tête de l'épididyme, surtout, débordait davantage en avant, gagnait sur le bord antérieur du testicule et on sentait mal les limites des

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