‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 227 sur 317 · TRAITEMENT PAR I.E BANDAGE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR I.E BANDAGE

mitante, tant que cette tumeur tendue et irréductible existe, le port d'un bandage est impossible.

Il est possible, au contraire, quand existe la petite hernie habituelle, et je crois qu'alors on doit le conseiller, en reconnaissant toutefois que nous disposons pour cela d'appareils bien médiocres.

On pourrait songer à placer sur l'anneau, après réduction, un tampon d'ouate solidement maintenu par un spica en bandes de tarlatane amidonnée : et ce procédé rend quelques services dans certains cas particuliers, pour éviter par exemple à coup sûr la sorlie nouvelle d'une hernie étranglée que l'on vient de réduire. Mais le contact inévitable des déjections empêche absolument d'en prolonger l'emploi : et là aussi est une des causes principales d'échec pour les bandages proprement dits.

Chez l'enfant tout jeune, on peut presque dire pendant le cours de la première année, le seul bandage applicable est le petit bandage de caoutchouc, dont on insufle la pelote pour la rendre à volonté plus ou moins dure. Que la hernie soit unilatérale ou bilatérale, le bandage doit être bilatéral, enfer à cheval; unilatéral, il glisse toujours et ne maintient rien, tandis que bilatéral il réussit dans les cas légers, oii la hernie pousse peu, et ne cherche pas trop souvent à sortir. Son défaut, c'est le sous-cuisse, qui trop tendu, coupe le pli génito-crural, et pas assez tendu ne résiste à aucune poussée sur la pelote. A partir de dix à douze mois, on peut appliquer un bandage à ressort, garni de caoutchouc, et lui aussi bilatéral.

Ce traitement est des plus ennuyeux. Quoique le caoutchouc soit aisé à laver, les ordures stagnent entre la peau et l'appareil; la région, si sujette à l'intertrigo, est très facilement rouge, suintante, malgré des soins de propreté assidus, malgré l'emploi copieux de la poudre de talc; et l'on ne peut songer à faire reposer les téguments, car le bandage doit être porté nuit et jour, une sortie de la hernie étant capable de détruire les résultats obtenus par plusieurs semaines de compression. Aussi comprend-on que les succès soient, en moyenne, d'autant plus fréquents que l'enfant est mieux surveillé, qu'il appartient à une classe plus aisée. Il est néanmoins exagéré de prétendre, avec O'Neill, qu'à tout

âge il faut opérer dans la classe ouvrière, pour laquelle le bandage est trop dispendieux.

Certaines petites hernies guérissent ainsi : elles n'ont apparu que très rarement au dehors, et quand on supprime le bandage, au moment où l'enfant commence à marcher en liberté, la guérison paraît complète, toutes réserves faites sur les retours plus ou moins tardifs qu'on observe encore assez souvent. Quelle est alors la part exacte du bandage dans la cure? C'est difficile à préciser, car l'évolution naturelle de la région y entre pour beaucoup. Tout le monde sait que d'elle-même, aux environs du terme, un peu avant ou un peu après, la séreuse péritonéo-vaginale tend à l'oblitération; que les ailes iliaques, d'abord à peu près verticales, s'écartent peu à peu en se rapprochant de l'horizontale, ce qui allonge l'arcade de Fallope et par conséquent le trajet inguinal, en même temps devenu, par cet étirement, à la fois plus oblique et plus étroit; que le petit bassin acquiert une capacité de plus en plus grande et peut loger des organes primitivement abdominaux, ce qui fait diminuer le volume relatif du ventre ; que tout cela peut suffire, sans bandage, à la cure spontanée d'une petite hernie non maintenue.

11 me semble, toutefois, qu'à cela la compression par le bandage apporte quelques chances en plus de succès : et j'ajouterai que presque toujours, même dans les cas médiocres, voués pour plus tard à la chirurgie, le bandage, avec tous ses ennuis, tient assez la lésion en respect pour qu'on puisse éviter d'avoir la main forcée sur un enfant trop jeune, la question d'opération d'urgence pour étranglement brusque étant mise à part. On gagne ainsi l'époque du sevrage, après laquelle l'opération est de bénignité certaine, tandis que chez le nourrisson existent quelques causes d'échec dont nous ne sommes pas tout à fait maîtres, ainsi que je vous l'expliquerai tout à l'heure.

Mais parfois vous rencontrerez de grosses hernies, et qui, quoique vous fassiez, grossiront de plus en plus. On a dit que chez le nourrisson elles sont les plus fréquentes; on a dit qu'à cet âge elles apparaissent d'emblée avec leur volume; on en a conclu à la nécessité d'ériger la cure radicale en principe

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