DIAGNOSTIC D'UNE HERNIE DE L'S ILIAQUE
d'autant plus que le sujet est plus jeune. L'histoire de notre premier malade va nous permettre de remettre au point ce que ces assertions ont d'abusif; mais avant, procédons à l'examen clinique général ; nous relèverons ensuite les particularités intéressantes.
Le diagnostic, chez ce garçon de dix mois, est d'une facilité tout à fait élémentaire, en présence d'une tumeur, sonore à la percussion, qui distend la moitié gauche du scrotum jusqu'à le rendre gros, d'habitude, comme un œuf de poule, en certains moments comme un œuf de dinde; qui est maintenant réductible avec gargouillement, quoique de façon en général incomplète; qui se reproduit au moindre effort avec son volume primitif. Et le gargouillement, si l'enfant tousse ou crie, est alors assez fort pour que nous puissions l'entendre à distance.
11 y a donc hernie, et j'ajoute tout de suite hernie intestinale, ce qui, d'ailleurs, était certain à l'avance. Car si on a sûrement exagéré, dans les livres classiques, la rareté de l'épiplocèle chez l'enfant, — la thèse de mon élève Talandier en fait foi, — il n'en reste pas moins que c'est exact pour le nourrisson; et que surtout l'intestin seul peut remplir, à cet âge, une tumeur aussi volumineuse.
Mais peut-on aller plus loin, et déterminer avec quelque probabilité, quelle portion de l'intestin estherniée? Il me semble que oui, et que, d'après l'épaisseur du contenu, sa consistance, nous trouverons dans le sac du gros inteslin, presque sûrement rS iliaque. Cela va bien avec ce que nous savons sur la fréquence relative des hernies du gros intestin chez l'enfant en bas-âge. Elles y sont toujours minorité, bien entendu, et même faible minorité, mais elles sont loin d'y affecter la même rareté que chez l'enfant du deuxième âge et que chez l'adulte, si l'on met à part ces énormes hernies, plus ou moins adhérentes, où le gros intestin descend par glissement. La thèse de mon élève Renaut,
en 1898, contient les documents sur lesquels j'appuie mon opinion.
A travers la mince peau du scrotum, et le sac encore plus mince et plus souple, je viens de vous dire que l'on peut reconnaître assez bien le gros intestin. Mais quelle partie du gros intestin? Nous sommes renseignés sur ce point par la notion qu'à droite c'est presque toujours le cœcum, à gauche l'S iliaque; avec cette réserve que certains caecums, très mobiles au bout d'un côlon ascendant à long méso, peuvent s'engager dans le canal inguinal à gauche. Cela se diagnostique à la palpation quand, par exception, on sent l'appendice dans le sac, sous forme d'un petit cordon, après réduction de la masse principale; mais c'est un signe que j'ai très rarement constaté, à n'importe quel âge, et quel que soit le siège de la hernie caecale. Aussi le plus sage est- il de nous en tenir aux données moyennes de l'anatomie pathologique, et jusqu'à preuve du contraire, je conclus à une hernie de l'S iliaque, avec abaissement notable du côlon descendant, peut-être, en raison de la difficulté relative de réduction et de contention.
Cette question est assez importante à préciser à l'avance, pour être bien avertis des difficultés possibles inhérentes à la cure opératoire des hernies du gros intestin. Un autre diagnostic anatotomique, plus intéressant en théorie qu'en pratique, consiste à préciser les rapports du sac herniaire et de la tunique vaginale.
A cet âge, il est /orce que la hernie se soit produite dans un canal péritonéo-vaginal non oblitéré; et au premier abord, elle semble descendre jusqu'au fond des bourses. A ce point de vue, elle est très différente de celle de l'autre enfant que je vais vous présenter; car chez celui-là existent seulement dans Içs aines deux tumeurs arrondies, grosses comme des noix, de simples bubonocèles qu'un long espace sépare des testicules, et non point cette tumeur allongée, oblique en haut et en dehors, qui va d'un seul jet du trajet inguinal au bas du scrotum.
Sur cette tumeur, cependant, un peu au-dessus de la pointe, est marqué un sillon, assez large et peu profond; et si vous palpez, vous trouvez au-dessous de lui un testicule normal, sans