‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 24 sur 317 · LES DENTS DE LA SYPHILIS HÉKEDITAIRE · texte numérisé non relu

LES DENTS DE LA SYPHILIS HÉKEDITAIRE

Les figures 22 k 34 représentent les types principaux traltérations dentaires des syphilitiques hére'ditaires; elles reproduisent une planche de l'ouvi^age déjà cité de Parrot.

FiG. 22 et 23. —Atrophie cupuliforme des incisives inférieures; atrophie cuspidienne des canines.

EiG. 24 et 2d. — Atrophie sulciforme des incisives supérieures et inférieures. Atrophie cuspidienne d'une canine.

FiG. 26 et 27. — Atrophie cupuliforme des incisives supérieures; atrophie cuspidienne des incisives inférieures.

FiG. 28. — Atrophie sulciforme des incisives médianes supérieures. Atrophie cuspidienne des canines.

FiG. 29. — Atrophie cuspidienne de la canine et de la première molaire permanente.

Yio. 30. — Atrophie cuspidienne de la canine et des molaires (dentition temporaire).

FiG. 31. — Atrophie cuspidienne des deux premières molaires inférieures. Absence de prémolaires, constituant la barre.

FiG. 32, 32 bis, 32 ter. — La dent d'IIutchinson. Cette dent sort à l'état d'atrophie cuspidienne, et s'échancre par usure de la pointe atrophiée.

Les figures précédentes représentent les types de Vérosi'iti dentaire, c'est-àdire où il y a non-formation de l'émail et de l'ivoire au niveau de la dépression. Du degré de la lésion dépendent certains aspects, caractérisés par les noms de dents en gradins, érosion en nappe, en facettes, dents en gâteau de miel. Mais il faut bien savoir que si ces troubles dans l'évolution de l'émail sont fréquents chez les syphilitiques héréditaires, ils ne leur sont pas exclusivement réservés.

D'autres altérations dentaires sur lesquelles A. Fournier insiste longuement sont :

1° Le microdontisme, limité presque toujours à quelques dents, parfois aune seule. Le nom suffit à la description (fig. 34 et 34 Us) ;

2° Vamorphisme dentaire, caractérisé par ce fait qu'une dent s'écarte de sa

Fig. 33.

Sillon blanc.

Fig. 34.

Microdontisme.

Fig. 34 bis.

Microdontisme.

Figures empruntées au livre déjà cité de A. Fournier.

configuration physiologique pour affecter un autre type. Ainsi des incisives

peuvent ressembler à des canines ou inversement. Comme le microdontisme,

l'amorphisme dentaire est une malformation partielle et non systématique.

Broca. — Leçons cliniques, 2« série. 4

elles se nivellent par usure. D'aulres dents peuvent être prises de façon analogue, mais sur elles on ne saurait établir, comme sur les incisives supérieures, un diagnostic certain.

J'insiste devant vous sur cette description très spéciale, car je trouve trop souvent tendance, parmi vous, à parler de vérole héréditaire dès que les dents sont petites, irrégulières, verruqueuses, crénelées, à éruption retardée, à émail tacheté de noir par des érosions de formes diverses, en godets, en sillon ou en nappe. Oui, ces altérations dues à un trouble de la nutrition du fœtus ou de l'enfant pendant que se formait, dans la profondeur des mâchoires, l'émail des dents de première ou de seconde éruption; oui, ces altérations sont souvent provoquées parla dystrophie syphilitique ; mais une maladie aiguë peut marquer sa trace sur l'émail comme sur les ongles; mais surtout le rachitisme est capable d'altérer gravement le système dentaire, dont tout le monde connaît l'éruption tardive en pareil cas.

Du côté de l'œil, vous voyez sur les deux cornées de petites taies discrètes, arrondies, grisâtres, semi-transparentes, très superhcielles, n'ayant pas de prédilection pour la région centrale, fort peu apparentes si vous ne regardez les globes oculaires obliquement, à jour frisant. Est-ce là cette fameuse kératite interstitielle qui complète la célèbre triade d'îlutchinson? Je ne le crois pas, car dans les petites opacités je ne trouve pas les caractères de la kératite syphilitique, et je trouve, au contraire, ceux de la kératite phlycténulaire banale. L'iris est indemne de toute lésion.

A la « triade », en tout cas, manquerait un élément : les oreilles sont normales, n'ont jamais suppuré, entendent bien. Et, ici encore, j'ai à vous mettre en garde contre une exagération. La surdité est assez fréquente chez les hérédo-syphilitiques, et quelquefois remarquable par sa rapidité d'évolution, sans otorrhée jjrécdable, et par son intensité. Alors, quand elle est associée à d'autres lésions et quand elle n'a pas été précédée d'otorrhée, elle acquiert une importance diagnostique réelle. Mais n'allez pas jusqu'à attribuer à la vérole toutes les otorrhées des syphilitiques héréditaires; la plupart d'entre elles sont d'étiologie banale, et leur cause est principalement dans les végétations adé-

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