‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 240 sur 317 · FREQUENCE CHEZ LE GARÇON DU PREMIER AGE · texte numérisé non relu

FREQUENCE CHEZ LE GARÇON DU PREMIER AGE

C'est ce qui ressort avec netteté des relevés récents de Meyer, de Petitjean : sur 105 étranglements chez des enfants de douze mois au plus, Meyer en trouve 18 pendant le premier mois, 17 pendant le deuxième mois, 16 pendant le troisième; sur 120 cas chez des enfants de deux ans et au-dessous, Petitjean arrive au même résultat, et si nous divisons la période en semestres nous avons les chiffres suivants :

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Et il faut bien retenir qu'il n'y a pas d'âge, si jeune soit-il, où l'on ne puisse observer l'étranglement ; j'ai opéré un garçon de dix-huit jours, et plusieurs cas analogues sont déjà publiés dans la littérature relativement ancienne; en particulier Woodburg a relaté en 1873 une kélotomie heureuse chez un enfant de deux jours, d'abord soumis sans succès à toutes les tentatives possibles de taxis.

Ce fait, que nous devons jusqu'à nouvel ordre nous borner à enregistrer, est également évident d'après mes observations personnelles ; je n'en ai pas fait récemment le relevé, mais elles sont nombreuses : en deux ans, à l'hôpital Trousseau, de 1892 à 1894, j'ai pu en recueillir 10 qui ont servi de base à la thèse de Tariel, et depuis, en 1899, j'en ai communiqué 17 à Petitjean. De tous ces faits ressort la jeunesse habituelle du sujet.

La fréquence de l'étranglement est incomparablement plus grande chez le garçon que chez la fille. Mes observations personnelles, publiées dans les thèses de Tariel et de Petitjean, sont au nombre de 27 (10 dans la thèse de Tariel, 17 dans celle de Petitjean) et 26 concernent des garçons; la seule fille que j'aie observée, et dont j'ai communiqué l'histoire à Petitjean, a été opérée à l'hôpital Trousseau, en mon absence, par mon collègue et ami Walther. On dit, en général, que cette prédominance s'explique par la fréquence beaucoup plus grande de la hernie inguinale dans le sexe masculin, mais cela ne suffit certainement pas, car lapro-

portion pour les hernies non étranglées me paraît être d'à peu près 1 pour 10, — je n'ai pas la prétention de donner un chiffre exact, — c'est-à-dire tout à fait hors de rapport avec ce que je viens de dire pour la hernie étranglée. Et ce n'est pas un hasard de série personnelle : sur 123 cas, par exemple, Tariel n'a que trois filles. Cela tient bien plutôt au mode de constitution anatomique du sac, car on sait que si on peut voir, dans le canal de Nuck, des valvules qui rappellent celles du canal péritonéo-vaginal normal, elles sont beaucoup moins fréquentes, beaucoup moins saillantes ; or, comme je viens de le dire, ces brides sont, chez l'enfant au?si bien que chez l'adulte, la cause habituelle de la striclion dans la hernie inguinale étranglée.

Jusqu'ici, il a été question de fréquence relative.

Quant à la fréquence absolue, vous voyez qu'elle n'est pas si faible qu'on a bien voulu le dire, que je l'ai cru pendant longtemps; mais je reconnais que la série actuelle de trois en deux mois est anormalement fournie.

On m'objectera probablement qu'un de ces enfants a été opéré par moi, la réduction venant d'être obtenue ; que, chez un autre, si j'avais insisté sur le taxis, j'aurais probablement réussi ; resterait donc un cas, celui de Joiion. Et dès lors on me dira que je multiplie les cas parce que, opérateur de parti pris, j'ignore ou je néglige les éléments de diagnostic entre l'étranglement vrai, rare, justiciable delà kélotomie, et l'engouement, banal, dont viennent à bout quelques pressions, ou même le simple poids d'un cataplasme. Or, mon opinion est que du prétendu engouement à Fétranglement avec sphacèle, il y a une différence de degré et non de nature. L'engouement vrai existe, mais est rare^

Il était classique, il n'y a pas longtemps encore, d'établir, pour les hernies de l'adulte, un diagnostic différentiel entre l'étranglement et l'engouement; cela date de l'époque où l'on cherchait par tous les moyens à reculer une incision dont on connaissait les dangers et à se justifier ensuite de l'insuccès final en proclamant, au nom de l'autopsie, que la lésion, n'étant pas un étranglement, ne

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