RARETE DES RETENTISSEMENTS ARTICULAIRES
degré dliydarthrose, et je vous ai déjà dit combien cela est important pour écarter la tuberculose du diagnostic. Je dois ajouter qu'il n'en est pas toujours ainsi, et, par exemple, nous avons constaté, il y a quelques jours, les signes indéniables d'une hydarthrose chez un garçon de onze ans et demi que, depuis l'âge de cinq an?, je soigne pour des hyperostoses syphilitiques de la partie supérieure des tibias; hyperostoses à poussées multiples, chez un sujet porteur de la dent d'Hutchinson. A gauche, le plateau tibial participe nettement au processus, et depuis deux mois, il y a un peu de gêne articulaire. Nous avons trouvé, en effet, les signes d'une hydarthrose légère, qui s'est rapidement résorbée, sous l'influence du traitement mercuriel, dont j'ai naturellement conseillé la reprise.
Cette irritation de la synoviale voisine est en somme assez rare, et quand, par hasard, elle se produit, presque toujours elle reste au second plan, même quand l'ostéite prend gravement l'épiphyse ; je m'expliquerai devant vous sur ce point la semaine prochaine, à propos d'un malade qui vient d'entrer dans mes salles, au moment même oii nous quitte celui sur lequel je vous donnais, il y a un instant, un supplément d'informations. A ce propos, aussi, je vous signalerai certaines hyperostoses épiphysaires assez irrégulières, non suppurantes, capables de gêner mécaniquement les fonctions d'une articulation voisine et d'y provoquer quelques craquements d'arthrite sèche.
A côté de ces lésions épiphysaires circonscrites, je dois vous rappeler la possibilité de foyers diaphysaires analogues, et de temps à autre, vous voyez venir à la consultation un enfant atteint d'une bosselure de ce genre au milieu du tibia gauche, semblant avoir été déterminée par une contusion, l'évolution syphilitique ultérieure étant d'ailleurs hors de doute.
Mais je dois ajouter que si le traitement n'est pas suivi avec régularité, il en peut résulter une hyperostose diffuse, diaphysaire, avec atteinte de plusieurs os. Vous vous souvenez peut-être que nous avons eu dans nos salles, quelques semaines avant le garçon que je vous ai présenté aujourd'hui, un enfant de onze ans qui y a séjourné du H octobre au 18 novembre 1901, pour
des hyperostoses tibiales, bilatérales, prenant les diaphyses sur toute leur étendue : or, je vous rappelle que ce sujet avait été soigné par moi une première fois, du 25 juin au 21 juillet de la même année, pour une contusion de la partie moyenne de la crête tibiale gauche, survenue huit jours auparavant, par un choc sur une marche d'escalier dans une chute; la douleur, plus vive, il est vrai, depuis deux jours, et ayant eu un paroxysme inexpliqué dans la nuit, la veille de Feutrée, avait débuté aussitôt après la contusion, dont une ecchymose marquait d'ailleurs la trace. Tout fut calmé par le repos, le gonflement diminua très vite, et je pensai à une périostose traumatique. Or la syphilis, dont nous n'avons d'ailleurs aucun commémoratif, était sous roche : cette lésion locale a peu à peu irrité autour d'elle le périoste, et nous sommes maintenant en présence du classique tibia « en fourreau de sabre », avec des poussées successives auxquelles nous assistons, que nous enrayons par le traitement dès que le malade entre à l'hôpital, mais qui semblent devoir être rebelles, comme malheureusement le fait est banal.