DIAGNOSTIC AVEC DES ENGELURES
s'écouler, j'ai constaté, au pied droit et un peu au pied gauche, les troubles circulatoires, la cyanose locale que vous avez aujourd'hui sous les yeux; quand, enfin, il y a quelques jours, l'enfant m'a été amené de nouveau pour une plilyctène gangreneuse bien localisée à la pulpe d'un orteil.
Peut-être m'accuserez-vous d'impéritie pour avoir, il y a un an, confondu, ne fut-ce qu'un jour, une gangrène semblable avec des engelures. Mais ceux de vous qui ont fréquenté, en hiver, une consultation de chirurgie infantile, savent quel vilain aspect ichoreux et violacé donnent aux pieds des enfants les engelures phlycténulaires ulcérées. Ils savent, en outre, que ces lésions ne s'observent pas avec leur maximum de fréquence au plus fort des gelées, mais quand survient le dégel, après une tombée de neige, quand, par conséquent, les enfants mal chaussés barbottent toute la journée dans la froide boue. Je me demande même, en comparant ce que j'observe aujourd'hui à ce que je voyais au début de mes études, si l'emploi du sel pour liquéfier artificiellement les neiges n'a pas fait augmenter la fréquence et la gravité des engelures, car, dans ce mélange réfrigérant, le refroidissement des pieds est bien plus considérable. Quand mes élèves nouveaux: voient ces lésions pour la première fois, ils diagnostiquent d'ordinaire une gangrène grave, de cause inconnue, et ils sont tous surpris de voir, après deux jours de pansements propres, qu'il ne reste, en général, que des exulcérations superficielles; par exception qu'une ou deux petites ulcérations dermiques. Et, de mon côté, au contraire, quand je vois, en hiver, un aspect semblable, je diagnostique des engelures dont je prévois la guérison rapide par un traitement bien dirigé. Dans l'espèce, l'apparence était bien celle-là, au plus haut degré seulement : d'où mon diagnostic, oii je péchai, d'ailleurs, par omission, plutôt que par erreur vraie. On doit dire, en effet, qu'il y avait une lésion provoquée par le froid, des engelures par conséquent, mais favorisée et aggravée par une nutrition spéciale des tissus atteints. C'est cette prédisposition que j'ai reconnue en deuxième analyse seulement, quand j'ai constaté la profondeur insolite des lésions et la persistance des troubles circulatoires. Je ne crois donc pas que j'aie commis