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PALAIS ET VOILE DU PALAIS

Signes d'une perforation du palais. Accidents sypliilitiques osseux concomitants. Origine nasale des perforations palatines.

Ostéite et nécrose syphilitiques des os propres du nez.

Nécessité d'un traitement prolongé avant d'opérer les perforations syphilitiques du palais.

Gommes circonscrites et diffuses du voile du palais. Leur insidiosité. Leur . sensibilité au traitement.

Chez la fille de onze ans, couchée au n" 9 de la salle Valleix, vous pouvez presque affirmer, à sa première réponse, Fexistence d'une perforation du palais ou du voile : vous entendez, en effet, la classique voix nasillarde que je n'ai pas à vous décrire aujourd'hui. Un mot d'interrogatoire aux parents nous a appris que ce trouble de la phonation n'est pas congénital, mais n'a que cinq ou six ans de date; durée qui, d'autre part, exclut du diagnostic la paralysie du voile du palais. Cela posé, faisons souftler et siffler la malade, le vent passe en effet par le nez.

Diagnostic tout de suite confirmé et précisé par l'inspection : il suffit de faire ouvrir la bouche à l'enfant, la tête un peu renversée en arrière, pour voir sur la ligne médiane d'un palais très ogival, à 3 centimètres en arrière des incisives, une perforation large comme une lentille.

La cause de cette perforation ne me paraît pas discutable. Ciiez l'enfant, on peut rencontrer des lésions analogues d'origine traumatique ou tuberculeuse : de trauma, par chute sur une tige rigide enfoncée dans la bouche, il n'est pas question dans les antécédents; quant à la tuberculose palatine perforante, elle est assez exceptionnelle pour que vous ne deviez pas y songer du premier coup. La seule cause vraiment fréquente de ces perforations est la syphilis, et d'ailleurs ici, le diagnostic est imposé par les phénomènes concomitants.

D'hérédité, nulle trace : mais il est à remarquer que cette enfant est la troisième et dernière de la série, sans fausses couches, et l'intégrité des deux premiers ne prouve rien, car nous connaissons tous la syphilis prise « en cours de route » par un des conjoints.

Or, cette enfant est née à huit mois, et à l'âge de neuf mois elle a souffert de convulsions, à la suite desquelles elle a conservé une paralysie faciale gauche, complète, et un léger strabisme de l'œil gauche. Ces accidents ne semblent pas avoir été rapportés à la vérole, car on a institué contre eux, à l'âge de trois ans, un simple traitement électrique, qui parait d'ailleurs les avoir fort améliorés ; sans les guérir toutefois, car actuellement encore ils sont évidents.

Ces troubles paralytiques ne peuvent autoriser à eux seuls un diagnostic rétrospectif, mais celui-ci est rendu certain à la fois par des lésions actuelles du squelette et par l'histoire de la lésion palatine.

Car le tibia gauche est le siège d'une hyperostose diaphysaire diffuse, bosselée, avec quelques points douloureux à la pression, ayant débuté il y a trois mois environ ; car, d'autre part, une tuméfaction un peu étalée, grosse comme une petite noix, soulève le périoste humerai au bord interne, juste au-dessus de l'épitrochlée.

Syphilis héréditaire ou acquise en bas âge ? Je crois à la première hypothèse plus qu'à la seconde, malgré l'absence de la « triade dHutchinson )),en raison de la naissance avant terme et des lésions nerveuses précoces. Du caractère objectif des lésions

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