‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 33 sur 317 · ORIGINE NASALE DES LESIONS · texte numérisé non relu

ORIGINE NASALE DES LESIONS

actuelles, en effet, on ne saurait conclure à cet égard, et en particulier l'histoire de la lésion palatine est celle de n'importe quelle syphilis tertiaire, avec la classique origine nasale et non point buccale.

On a cru, il y a longtemps déjà que, chez l'adulte, les nécroses palatines de la syphilis étaient dues à la dénudation de l'os, la fibro-muqueuse étant décollée par une gomme, dont l'incision précoce pouvait dès lors prévenir la perforation de l'os sous-jacent. Erreur aujourd'hui reconnue : le fait premier est l'ostéite gommeuse, ayant presque toujours son point de départ à la face nasale du palais, surtout au bord inférieur du vomer. Or, chez notre malade, l'association à de la syphilis nasale fut évidente, puisque lorsque le palais se perfora, à l'âge de cinq ans, la racine du nez se gonfla en même temps, contre l'angle interne de l'œil, avec formation d'un abcès qui suppura pendant six mois et a laissé comme trace une cicatrice adhérente, à concavité supéro-externe, à 2 à 3 millimètres au-dessous du rebord orbitaire.

Est-il sorti des os nécrosés par ces deux abcès simultanés ? Le renseignement précis nous fait défaut, mais d'après ce que nous savons sur la syphilis des parois osseuses des fosses nasales, c'est à peu près certain. Pour les perforations palatines en particulier, il est fréquent de les voir se former assez brusquement, lorsque tombe au dehors, dans le nez ou dans la bouche, un séquestre souvent vomérien.

Nous ne devons pourtant pas nous laisser surprendre par cette perforation, que nous pouvons prévenir si nous instituons à temps le traitement, avant nécrose prenant toute l'épaisseur de la voûte palatine, car nous sommes presque toujours avertis à temps par l'odeur si fétide et si spéciale de l'ozène syphilitique, avec ulcérations nasales donnant naissance à une sécrétion purulente mal liée, jaunâtre, formant croûtes dans le nez. A cette période encore, le traitement enrayera le mal dans bon nombre de cas : presque toujours même si l'on agissait dès les premiers symptômes d'ozène. Vous ne devrez donc jamais traiter par le mépris, à n'importe quel âge, le coryza chronique : il doit toujours vous inviter à rechercher la vérole.

Je vous en dirai autant pour les lésions nasales supérieures, des 03 propres du nez, celles qui, après chute des os propres du nez, laissent Ihorrible nez « en selle » ou « en lorgnette », malheureusement trop fréquent chez les syphilitiques héréditaires. Il le serait moins si on prêtait plus d'attention à la première période du mal, avec g-onflemcnt diffus de la racine du nez : ce signe, joint à la féti-

FiG. 38 et 39. — \'ariétés de déformations nasales. iDaprès A. Fournier'.

FiG. 38. — Xez en « selle » par effondrement à la racine après destruction des os propres. — Fig. 39. — Nez « en lorgnette », par recul après destruction du cartilase de la cloison.

dite des fosses nasales, doit toujours vous sembler plus que suspect, je vous dirai presque caractéristique, même en dehors de tout autre signe.

Certes, je n'ai eu aucun mérite à en tirer ces conclusions, il Y a cinq ans, pour une fille de douze ans chez laquelle, — les renseignements héréditaires faisant, il est vrai, défaut — la sympto-

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