‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 49 sur 317 · INDÉPENDANCE DE LA PARALYSIE ET DE LA GIBBOSITÉ · texte numérisé non relu

INDÉPENDANCE DE LA PARALYSIE ET DE LA GIBBOSITÉ

l'étude de la paralysie pottique, ou tout au moins du type habituel de cette paralysie. Quel doit être, chez ces malades, notre pronostic, et quelle thérapeutique instituer? A ces explications vont me servir les deux enfants couchés dans la salle Dolbeau : mais avant d'en arriver là, il est indispensable que, dans une courte vue d'ensemble, je vous enseigne un peu d'anatomie et de physiologie pathologiques, pour que vous sachiez à quoi correspond la symptomatologie dont vous êtes en ce moment témoins.

La première idée venue à l'esprit a été de supposer un lien entre la gibbosité et la paralysie, c'est-à-dire d'invoquer la compression de la moelle par les vertèbres déplacées. On établissait une sorte de comparaison avec ce qui se passe dans les fractures et luxations Iraumatiques du rachis, et certaines observations ont donné raison à cette opinion ; mais on n'a pas tardé à reconnaître qu'elles appartenaient presque exclusivement au mal de Pott cervical, en particulier à celui des deux premières vertèbres cervicales; alors, en effet, on voit des malades chez lesquels, brusquement, se fait une saillie angulaire d'une apophyse épineuse en même temps que se déclare une paralysie complète des quatre membres; et même la mort subite n'est pas rare, et quand on pratique l'autopsie, on voit la moelle épinière écrasée par un os déplacé, par l'apophyse odontoïde le plus souvent.

Les accidents de ce genre sont rares à la région cervicale inférieure, ils sont exceptionnels à la région dorsale : la règle, en ces points, c'est la paralysie lente, progressive, qu'une analyse clinique, même superficielle, montre indépendante de la gibbosité. Je ne parle pas des cas, dont Tinterprétation est relativement récente, oiila paraplégie est causée par une tuberculose vertébrale sans gibbosité, dont elle est le premier symptôme révélateur. Mais exaoïinez ce qui s'est passé pour nos malades : une fois, la gibbosité est médiocrement accusée et s'accompagne d'une paralysie précoce, rapidement aggravée; une autre fois, la déformation rachidienne est en voie d'amélioration évidente, grâce à un traitement orthopédique bien dirigé; une troisième fois, enfin, il s'agit d'un vieux mal de Pott, que l'on aurait presque pu croire guéri, et dont la bosse ne s'est d'ailleurs en rien modifiée depuis

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