COMPRESSION LENTE DE LA MOELLE
d'origine médullaire; en outre, quand elles sont motrices, elles s'accompagnent, comme toute paralysie périphérique par section nerveuse, d'une atrophie rapide, trophique, des muscles intéressés. A la région dorsale, les troubles de ce genre sont toujours accessoires, ou bien nuls, ou bien perdus dans l'ensemble des accidents médullaires. Mais la question change de face aux régions lombaire et cervicale : aux lombes, parce qu'on n'y trouve, outre le filum terminale^ que les nerfs de la queue de cheval; au cou. parce que les nerfs, une fois hors du trou de conjugaison, affectent, avec le squelette, des rapports intimes et étendus dans les gouttières supérieures des apophyses transverses. Aussi, dans les troubles nerveux par compression lente du mal de Pott cervical, n'est-il pas toujours facile de faire la part de la moelle et celle des nerfs ; je n'insiste pas davantage aujourd'hui, car les paralysies cervicales mériteront un jour une étude propre', et c'est du dos qu'en ce moment je veux vous parler. Or, au dos, les symptômes extrinsèques ont, je vous le répète, une grande valeur séméiologique pour nous faire, dans certaines conditions, établir un diagnostic causal ; mais c'est leur seule importance dans le tableau symptomatique, et Ton peut dire que la pathogénie de la paralysie par mal de Pott dorsal est exclusivement médullaire.
L'abcès, le champignon fongueux que je vous ai décrits peuvent exercer sur la moelle une compression unilatérale, d'oii un syndrome clinique spécial, l'hémiparaplégie de Brown-Séquard. En cas de mal de Pott, le fait est possible, mais exceptionnel; je n'en parlerai donc pas puisque rien de semblable n'existe chez nos malades actuels. Ces malades répondent au tableau clinique à peu près constant, et si je vous ai signalé un certain degré d'asymétrie dans les symptômes, on doit dire cependant que la compression porte sûrement sur les deux côtés de la moelle, et presque également. A quelles lésions correspondent ces symptômes ?
A l'autopsie, on trouve la moelle coudée, aplatie au point comprimé, et dans son tissu, de consistance souvent ramollie, on voit généralement au microscope les lésions de la myélite transverse.