‹ Leçons cliniques de chirurgie infantileChapitre 6 sur 317 · RECHERCHES ANATOMIQUES ET CLINIQUES DE PARROT · texte numérisé non relu

RECHERCHES ANATOMIQUES ET CLINIQUES DE PARROT

Jusqu'à l'âge de trois mois, évolue le deuxième degré^ oii une substance gélaliniforme infiltre le tissu spongieux juxta-éj)iphysaire, contre la couche chondro- calcaire, et cela aboutit à une vraie dégénérescence de ce tissu spongieux, remplacé par une masse couleur sucre d'orge.

Le troisième degré, enfin, chez l'enfant de cinq à six mois, est caractérisé par la médullisation, la calcification à la fois de l'os ancien et des ostéophytes. Alors arrive le décollement épiphysaire.

J'en reste là, car je ne saurais accorder à Parrot que le dernier terme de ces lésions soit la constitution du tissu spongieux des os rachitiques et que le rachitisme soit, dès lors, une manifestation spécifique de la syphilis héréditaire.

Qu'est au juste ce processus anatomique ? Je ne chercherai pas à discuter ici les opinions théoriques différentes de Wegner, de Parrot. Vous en saurez assez si vous retenez qu'au total il y a une infiltration g ommeuse qui, à des degrés divers d'évolution, envahit la face diapliysaire du cartilage conjugal, les couches sous-périostiques et quelquefois plus ou moins de la diaphyse elle-même.

h' évolution clinique^ bien évidemment, correspond à ces degrés, depuis la légère lésion au début, latente pendant la vie, et constatée à l'autopsie, jusqu'à la grosse infiltration qui gonfle une extrémité osseuse douloureuse à la pression, jusqu'au cas enfin où la solution de continuité du levier osseux, par décollement épiphysaire, rend inévitable l'immobilité absolue du membre et ne permet qu'après consolidation le retour des mouvemenls.

Je vous répéterai que les nouveau-nés seuls sont exposés à cette localisation de la vérole, la plupart avant l'âge de trois mois, un bon nombre avant l'âge de six mois, fort peu passé cet âge, pas du tout après la première année. Nous ignorons la cause exacte de ce fait, qu'il faut chercher dans les conditions physiologiques de travail du cartilage conjugal ; c'est en effet la face diaphysaire de ce cartilage, c'est-à-dire sa face d'accroissement, qui est le siège initial de la lésion. La syphilis héréditaire tardive, chez les enfants et adolescents, encore pourvus cependant de cartilages épiphysaires, affecte des allures anatomiques et cliniques tout à fait difl'érentes.

YoLis trouvez maintenant naturel, sans doute, que dès le début de cette leçon, j'aie fait allusion à - la- pronation douloureuse dont je vous ai récemment entretenus, et vous n'avez pas oublié qu'un examen local attentif nous permit de rattacher à une subluxation du radius cette impotence par douleur, traitée de paralysie ou de parésie par les auteurs qui ont insuffisamment exploré le coude.

Dans un cas comme dans l'autre, la conservation de petits mouvements partiels se comprend très bien, s'il y a impotence provoquée par une lésion locale douloureuse du squelette. Mais une autre hypothèse est possible, celle d'une paralysie radiculaire, supérieure ou inférieure, analogue à celle, très nette et d'origine traumatique, que je vous ai fait voir il y a peu de temps ; comme on en observe, plus dissociée encore, dans certains maux de Pott cervicaux ^

Par syphilis aussi bien que par tuberculose, cette deuxième hypothèse est réalisable, par une pachyméningite comprimant les racines à leur émergence. Mais vous ne serez en droit d'y penser que si dans le membre vous ne trouvez aucune lésion locale, douloureuse à la pression, et si, cela fait, vous relevez des signes de paralysie radiculaire pathologique.

Ces signes, je vous les ai résumés à propos des paralysies du mal de Pott, et je crois inutile de vous les énumérer à nouveau, pour vous prouver qu'aucun n'existe ici.

Les paralysies vraies, par syphilis nerveuse précoce, existent : j'en connais, par exemple, des cas de Fournier, de Marfan.

Mais la clinique et l'anatomie pathologique s'accordent à nous démontrer qu'elles sont tout à fait exceptionnelles, et on n'en voit pour ainsi dire jamais quand on sait déceler par la palpation et par la pression localisée le plus petit gonflement douloureux

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