CONFUSION POSSIBLE AVEC UNE PARALYSIE
système nerveux entre en jeu. Quelques mouvements partiels conservés dans les doigts et le poignet avec abduction de la main qui pend en prouation? En voilà assez pour démontrer qu'il s'agit d'une paralysie radiculaire. L'enfant crie quand on lui touche le membre supérieur? Cela démontre une hyperesthésie d'ordre nerveux; la lésion occupe certains départements de la moelle et non les seules racines (pourquoi? je n'ai pas très bien compris), et la preuve qu'il n'y a rien en même temps dans le cerveau, c'est que les réflexes rotuliens ne sont pas exagérés et qu'on ne provoque pas le phénomène du pied ! Comme démonstration, avouez que c'est maigre, surtout si vous avez quelques souvenirs sur les paralysies du mal de Pott, avec compression médullaire et exagération primitive des réflexes'.
Malgré la longueur que cela m'impose, je vais continuer à citer mon auteur, car vous apprendrez peut-être ainsi à ne pas tomber dans les mêmes fautes que lui. La phrase suivante, d'ailleurs, vous donnera peut-être la clef de l'énigme, car M. de Peters pense que « les symptômes de paralysie et les symptômes d'excitation du côté des nerfs sensibles ne se laissent pas préciser, même approximativement, chez les petits enfants, étant donné que des obstacles insurmontables, réaction par les cris et les contractions au simple contact des parties saines, entravent complètement tout examen précis de la sensibilité ».
Cette proposition est assurément nette, mais, assurément aussi, elle est erronée. Sans doute, on ne peut avoir la prétention d'explorer scientifiquement, chez un nouveau-né, les divers modes de sensibilité, pas plus qu'électriquement on ne peut, je vous l'ai dit, étudier avec certitude les réactions musculaires; mais croire que cris et contractions surviennent, chez les nouveau-nés, au simple contact des parties saines, c'est une grossière faute de clinique, explicable seulement par l'habitude des manipulations brutales. Souvent vous m'avez vu examiner devant vous des nourrissons, comme c'est le cas aujourd'hui : combien de fois m'avez- vous vu les faire crier « au simple contact des parties