RHUMATISMES ET PSEUDO-RHUMATISMES
considérable de lésions et de douleurs abarticulaires. Toutes les arthrites aiguës multiples étaient du rhumatisme articulaire aigu, et l'époque est toute moderne oii peu à peu on a cherché, parmi ces polyarthrites, à isoler le vrai rhumatisme articulaire aigu, à en séparer ce que, sous l'inspiration de Bouchard, mon ami Bourcy a décrit sous le nom de « pseudo-rhumatismes infectieux ». A dater de ce jour, grâce à la bactériologie, un grand progrès a été accompli, et bien vite est tombé en désuétude le nom de (( pseudo-rhumatisme », pour faire place aux arthrites à pneumocoques, à streptocoques, à staphylocoques, à gonocoques, etc., portant sur une ou plusieurs articulations et pouvant ou non se compliquer d'autres manifestations séreuses, cardiaques, méningées ou pleurales par exemple. Et tout cela une fois retiré, il reste une maladie, dont la bactériologie est peut-être moins bien fixée qu'on ne l'a cru, mais dont l'évolution clinique est nette : le vrai rhumatisme articulaire aigu.
Parallèlement à ces recherches, on en entreprenait d'autres sur les épanchements « rhumatismaux » des grandes séreuses, sur les pleurésies séreuses et les ascites dites a frigore ou rhu- "matismales : et l'on démontrait leur nature presque exclusivement tuberculeuse. Rhumatisme, pseudo-rhumatisme : pour ces lésions, les deux termes n'existent plus dans la nomenclature.
Bien avant cela, tuberculose, syphilis, blennorragie, avaient empiété sur le territoire des arthrites aiguës, subaiguës, chroniques, mono ou polyarticulaires, attribuées en partie au rhumatisme. Ainsi on a parlé de rhumatisme blennorragiquc ; et tant que ce nom a été d'usage courant, on n'a pu se débarrasser de théories erronées : on y est parvenu grâce au « pseudo-rhumatisme » qui servit de pont pour arriver à la dénomination actuelle : arthrite blennorragiquc. De même que — sans que cette fois le rhumatisme fût en cause — les discussions furent interminables sur les « tumeurs blanches syphilitiques », jusqu'au jour oii, après intermédiaire de la « pseudo-tumeur blanche syphilitique )>, on se mit à décrire les ce arthrites syphilitiques ».
Après avoir bien individualisé et rattaché à la scrofule, puis à la tuberculose, la vieille « tumeur blanche » dans sa forme habi-