‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 102 sur 263 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

bien évidente, n'est-ce pas ? Mais convenez que, si vous ne l'aviez pas cherchée avec soin, elle aurait bien pu vous échapper. C'est en effet ce qui arrive le plus souvent, à en juger du moins par le peu d'attention que les syphiliographes ont accordé à cette forme de syphilide et parle silence que la plupart d'entre eux gardent à son égard. Cette lésion cependant est une de celles qui contribuent le plus énergiquement à provoquer la chute des cheveux, à dénuder le crâne par îlots.

Second cas. Il s'en faut qu'on rencontre toujours des lésions locales pour légitimer, si je puis ainsi dire, la chute des cheveux. Fort souvent, le plus souvent, les cheveux des syphilitiques tombent sans raison appréciable. Ou bien, s'il existe sur le crâne quelques lésions, ces lésions sont loin de rendre compte de l'alopécie; car elles expliquent bien pourquoi les cheveux tombentlàoù elles existent, mais elles n'expliquent en rien pourquoi ils tombent là où elles n'existent pas. Et tel est, je vous le répète, le cas le plus habituel. Sur quantité de malades vous constaterez des alopécies plus ou moins intenses, avec quelques boutons syphilitiques épars sur le cuir chevelu, boutons qui ne vous rendront en rien compte de la dépilation générale du crâne. Pourquoi, dans ces conditions, c'est-à-dire en l'absence de lésions appréciables à l'examen le plus attentif, pourquoi les cheveux tombent-ils? Nous l'ignorons. On dit vaguement que cette alopécie est un « phénomène constitutionnel », qu'elle dépend « de la modification générale imprimée à l'organisme par le virus syphilitique ». Soit, cela peut bien être. Mais quel est le mécanisme, le nrocessus pathologique par l'intermédiaire duquel cette influence générale arrive à se traduire? Nous n'en savons rien, et c'est là un desideratum anatomique à combler. Il est très vraisemblable que la chute du cheveu tient à un trouble de sécrétion ou à une altération de texture du bulbe pilifère ; mais cela n'est pas encore scientitiquement, histologiquement démontré.

Venons actuellement à l'étude clinique de l'alopécie. Le symptôme unique qui la constitue, c'est la chute des cheveux, car aucun phénomène auArc ne s'y associe. Le cheveu tombe,

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