CONSÉQUENCES DOCTRINALES
mation papiileiise; rien que de normal à cela, rien que d'absolumenL régulier. Survient à ce moment un observateur qui voit cette papule pour la première fois, qui la considère, sur les données du malade, comme l'accident initial de l'infection, et qui conclut de là au début possible de la vérole par des lésions secondaires. Quelle erreur plus facile? Et de la sorte se trouve formulée la doctrine de la plaque muqueuse primitive.
La morale de tout ceci. Messieurs, c'est d'abord qu'il faut apporter aux appréciations doctrinales une rigueur excessive d'examen ; c'est ensuite, en ce qui nous concerne actuellement, qu'il ne faut pas s'empresser de nier le chancre comme exorde de la maladie alors qu'il ne s'impose pas à notre observation sous des formes grossièrement évidentes. Car, d'une part, tous les faits expérimentaux et tous les faits cliniques bien observés nous le montrent comme préludant d'une façon nécessaire, fatale, aux accidents de ladiathèse; et l'expérience, d'autre part, nous le présente comme susceptible de variétés nombreuses d'aspect, d'étendue, de combinaisons, de modifications, de transformations, etc., qui peuvent le rendre facilement méconnaissable, même aux yeux du clinicien le plus exercé.
Ce qui, en effet, caractérise essentiellement le chancre — rappelez-vous bien ceci. Messieurs, — ce n'est pas telle ou telle physionomie, tel ou tel détail de symptomatologie extérieure; ce qui caractérise le chancre, c'est surtout et avant tout : 1° d'être le dérivé d'une contagion et le produit de cette contagion au point même où elle s'est exercée ; — 2" d'être l'expression initiale, le 'phénomène prélude d'une diathèse; — 3° de constituer pour un temps (sans parler du bubon, qui n'est à vrai dire qu'un satellite du chancre) l'accident unique par lequel se traduit l'infection.
Mais assez de doctrine. Messieurs. D'autres études pratiques et plus importantes nous réclament. Dès notre prochaine réunion, nous reprendrons l'histoire clinique de la syphilis secondaire.