‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 137 sur 263 · DIX-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-HUITIÈME LEÇON

ADÉlVOPATUIEiS SECO]\DAlRES.

Sommaire. — Influence remarquable exercée par la syphilis sur le système lymphatique. — Localisée, dans la période primitive, au groupe des ganglions qui avoisinent le chancre, cette influence s'étend et se dissémine, jusqu'à se généraliser parfois, dans le cours de la période secondaire. — Elle se traduit d'ailleurs d'une façon inégale et variée.

Patliogénie. — Les adénopathies secondaires sont-elles symptomatiques ou idiopathiques? — Discussion. — Exemples cliniques, — Le plus habituellement symptomatiques, ces adénopathies se produisent parfois sous l'influence directe et immédiate de la diathèse. — Différence essentielle entre l'adénopalhie primitive, symptomatique du chancre, et les adénopathies symptomatiques des lésions secondaires. La première est constante, fatale ; les autres sont seulement possibles, éventuelles. — 11 n'est même que certaines formes et certaines localisations de la syphilis secondaire qui retentissent habituellement sur les ganglions.

Siège des adénopathies secondaires. — Leur prédilection bizarre pour certain? départements glandulaires, notamment pour ceux de la région cervicale. — Intérêt diagnostique se rattachant à cette particularité.

Adénopathies cervicales postérieures. — Trois groupes de ganglions : 1° ganglions cervicaux postérieurs, proprement dits; — 2° ganglions sous-occipitaux; — 3" ganglions mastoïdiens. — Fréquence excessive de ce premier ordre d'adénopalhies. — Cette fréquence cependant est moindre dans le sexe féminin.

Adénopathies cervicales antérieures : péri-pbaryngées, sus-hyoïdicnncs, cervicales inférieures.

Adénopathies sous-maxillaires.

Adénopathies moins communes : inguinales, parotidienncs, cpitrochlécnncs, etc.

A quel âge de la diatiièsc appartiennent ces adénopathies? — Ce sont dos lésions essentiellement et exclusivement secondaires. — Un anachronisme souvent commis en pratique.

Symptômes. — Les adénopatliics secondaires reproduisent trait pour trait l'adénopathic primitive ou cliancreusc. — Caractère froid et aphlegmasiquc de ces lésions. — Début insidieux. — Développement minime ou moyen, consistance ferme et dure, indolence, mobilité du ganglion afl'ecté, qui demeure oxonipl do toute adhérence, de tout cmpiUemenl périphérique. — Évolution Icnle de celte forme d'adénojjathie. — Période dctai toujours longue. — Résolution spontanée.—

ADÉNOPATHIES SIÎCO N D A I R ES. i09

Au total, bénignité excessive. — Conséquence pratique : inutilité de toute tliérapeuliquc locale.

L'intérêt variable de ces lésions réside surtout dans les indications diagnostiques qu'elles peuvent fournir. — A ce point de vue, l'adénopathie cervicale postérieure est particulièrcnicnt significative. — Pourquoi?

Variétés. Les adénopathios secondaires peuvent, à divers titres, s'écarter de

leur type normal, habituel. — Modifications variées qu'elles subissent parfois comme confluence, comme volume, comme forme clinique. — Adénopatliies multiples. — Chapelets cervicaux. — Glandage secondaire. — Exemple clinique. — Adénopathies à gros ganglions, dites syphilo-striimeiises. — Adénopathies inflammatoires, strumoplilegmasiques. — Suppuration possible ; abcès ganglionnaire. — Phlegmon-périghmdulaire. — Parfois, suppuration ciironique; écrouelles secondaires. — Pourquoi ces dernières formes d'adénopalhics s'observent plus souvent chez la femme que chez l'homme. — Ne les rencontre-t-on que chez les sujets scrofuleux? — Quelles régions affectent-elles de préférence? — Erreurs fréquentes commises sur leur origine, sur leur nature. — Comment leur spécificité court risque d'être souvent méconnue en pratique.

D'une variété d'abcès rétro-pharyngiens {pouvant dériver de ces adénopathies secondaires.

L'étude des adénopathies secondaires forme un complément naturel à celle des syphilides cutanées et muqueuses qui viennent de nous occuper. C'est donc de ces adénopathies que je vous entretiendrai dans notre réunion de ce jour.

Il est peu de maladies qui influencent le système ganglionnaire •au même degré et avec la même fréquence que le fait la syphilis. •C'est en conséquence de lésions communes, très communes, que nous allons parler.

Cette action de la diathèse sur les ganglions commence avec le ■chancre, comme nous l'avons vu précédemment. Mais, à la période primitive, elle reste toujours bornée au département glandulaire qui avoisine le chancre. Plus tard, elle se généralise ou, pour mieux dire, elle se dissémine. Ainsi, à la période secondaire — période où s'exerce surtout l'influence de la diathèse sur le système lymphatique — les ganglions affectés sont bien plus multiples qu'à la période primaire et appartiennent aux régions du corps les plus différentes, comme je vous le montrerai dans un inslant.

470 ADÉNOPATHIES SECONDAIRES.

De même que la plupart des symptômes syphilitiques, les lésions glandulaires de la vérole sont très variables comme importance d'un sujet à un autre. Chez tels malades, elles sont légères, au point d'être presque inappréciables;— chez quelques autres, inversement, elles prennent un développement excessif et constituent un véritable glandage syphilitique; — plus rarement enfin, chez certains sujets constitutionncllement disposés au lymphatisme, on les voit dégénérer en bubons chroniques et suppuratifs, ne justifiant que trop le nom qui leur a été donné d'écrouelles secondaires.

On a longtemps discuté sur la. pathogénie des adénopathies secondaires. Pour les uns, ces adénopathies seraient toujours symptomatiques, c'est-à-dire provoquées par des lésions du tégument cutané ou muqueux. Pour les autres, elles seraient plus spécialement ou exclusivement même idiojmthiques, c'est-à-dire déterminées directement par la diathèse et non par des manifestations locales. Le débat est de médiocre importance, à mon gré; d'autant que l'une et l'autre de ces opinions contiennent une part de vérité. Il est positif, en effet, que les adénopathies secondaires se produisent parfois sans être appelées, incitées, par des phénomènes locaux. Mais il n'est pas moins certain, d'autre part, qu'elles se manifestent souvent à la suite et à propos de lésions cutanées ou muqueuses, et leur relation pathogénique avec ces derniers accidents ne saurait être méconnue. — Exemples à l'appui de ces deux ordres de cas : ^

Voici d'abord une jeune femme sur laquelle vous constaterez facilement par le palper deux ganglions cervicaux postérieurs dans la rainure du trapèze (ganglions développés de fraîche date, car ils n'existaient pas lorsque cette malade est entrée dans nos salles il y a quatre semaines environ). Or, cherchez la lésion qui a pu provoquer ces adénopathies, vous ne la trouverez pas. Examinez la nuque, les téguments du cou; tout y est et tout y a toujours été à l'état le plus normal. Examinez le cuir chevelu ; il est intact : pas la moindre croûte, pas la moindre syphilide, pas même encore d'alopécie. Ici donc, suivant le langage classique, l'adénopathic est essentielle, idiopathique ; elle s'est développée sous

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