‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 139 sur 263 · ADÉNOPATHIES SECONDAIRES. — SIÈGE · texte numérisé non relu

ADÉNOPATHIES SECONDAIRES. — SIÈGE

existe entre les lésions secondaires et le chancre une différence considérable au point de vue de l'influence que ces deux ordres d'accidents exercent sur les ganglions. Avec le chancre, l'adénopathie syphilitique n'a pas, pour ainsi dire, le droit de faire défaut; elle est forcée, fatale. Avec les lésions secondaires, l'adénopathie est seulement éveniueWe, possible ; elle peut se produire ou ne pas se produire, et très souvent en effet elle ne se p%-oduit pas. Les exanthèmes cutanés, par exemple, ne développent presque jamais d'adénopathies; le psoriasis palmaire, entre autres, laisse absolument indemnes les ganglions du bras et de l'aisselle; les syphilidesvulvaires ne retentissent qu'assez rarement sur les ganglions de l'aine, etc. Il n'est guère en somme que certaines formes et certaines localisations d'accidents qui influencent les ganglions à la période secondaire, telles que les syphilides du cuir chevelu et les syphilides muqueuses de la cavité buccale ^ 11 semblerait ainsi — et vous verrez dans un instant que cette supposition est moins paradoxale qu'elle peut le paraître au premier abord. — il semblerait, dis-je, que certains ganglions se prêtent mieux que d'autres à subir et à traduire l'influence de la diathèse.

Ce qu'offrent, en effet, de très remarquable les adénopathies secondaires, c'est la prédilection singulière qu'elles affectent pour certaines régions. Quoi de plus bizarre, par exemple, que leur préférence bien connue j^our la région cervicale postérieure?

Les adénopathies postéro-cervicales de la vérole sont à elles seules plus communes que celles de tout autre siège. Elles le sont même à ce point qu'elles constituent un signe banal de syphilis. Voyez un médecin interroger un malade : au premier soupçon de syphilis, il ne manquerajamais de courir droit aux ganglions cervicau.K postérieurs ; et ce n'est pas sans raison, car il espère trouver là et il trouvera là, en bien des cas, un élément sémôiologique des plus précieux.

1 . Une remarque aiialofj;iie a élc faite par le I»' \\ ■ Campaiia (de Naplesl. « Les condylomes plats ulcérés des muqueuses, surtout quand ils siègent au pharynx, amènent plus facilement que les autres éruptions les formes liypertropliiques ou liyper|ilasiquc8 des adénopathies, etc..» (Voy. Annales de dermatologie et de syplidigraphie, IIV année, n" 5.)

ADENOPATllIES CERVICALES POSTÉRIEURES. i73

C'est donc, en première ligne par ordre de fréquence, à la ! région cervicale poslérieure que vous observerez surtout les adénopalhies secondaires.

Sur cette région, les adénopathies peuvent occuper plusieurs ^ sièges qu'il n'est pas sans intérêt de spécifier. Ce qu'en effet on appelle communément et vaguement l'adénopathie cervicale [ postérieure de la syphilis se décompose, quand on y regarde de i près, en trois groupes d'adénopathies, de la façon suivante :

i° Adéïio^àlhïe cervicale postérieure, ^YOT^rement dite, constii tuée par les ganglions situés sur les parties postéro-latérales du i cou, dans la rainure du trapèze ;

2° Adénopathie sous -occipitale, constituée par les ganglions : sous-occipitaux, lesquels sont situés à la partie postéro-inférieure t du crâne, à la base même de l'occiput;

3° Adénopathie mastoïdienne, formée par les ganglions mastoïdiens. Relégués derrière l'oreille et beaucoup moins volumii neux que les précédents, ceux-ci forment au niveau môme de l l'apophyse mastoïde de petits soulèvements hémisphériques ou • semi-ovoïdes, comparables tout au plus à des moitiés de noyaux i de cerise ou à des grains de grenade.

Ces trois variétés d'adénopathies coexistent chez nombre de I malades; chez d'autres, il n'en existe que d'un ou de deux ordres.

L'adénopathie cervicale secondaire est tellement fréquente chez 1 l'homme qu'à peu d'exceptions près, on peut la donner comme 1 constante. Bien que très commune aussi chez la femme^ elle l'est ( cependant beaucoup moins que chez l'homme, et cela d'une façon 1 notable. Il n'est pas rare même que nous la cherchions en vain ( chez nos malades de cet hôpital. C'est là un fait dont témoignent I péremptoirement quantité de nos observations.

Viennent en seconde ligne, toujours par ordre de fréquence, I les adénopathies cervicales antérieures.

Celles-ci se produisent sur divers points du cou.

Les plus communes sont les adénopathies péri-pharyngées. 1 Elles occupent les côtés du pharynx, au-devant du muscle sterno-

ADÉKOPATHIES SECONDAIRES.

mastoïdien, et s'observent le plus communément en relation avec des syphilides de la gorge.

Beaucoup plus rares sont les adénopatiiies sus-hi/oidieîmes, situées au niveau ou au-dessus de Tos hyoïde, et les adénopalhies cervicales w/erieitm, se produisant sur les parties inféro-latérales du cou.

Plaçons au troisième rang les adénopatiiies sous-maxillaires, presque toujours symptomatiques de lésions des lèvres, des joues, de la bouche, etc.

Telles sont. Messieurs, les adénopatiiies qu'on observe le plus communément à la période secondaire.

D'autres départements glandulaires peuvent encore être affectés par la syphilis. Sur quelques malades vous rencontrerez parfois, mais beaucoup plus rarement, des adénopathies d'autres sièges, telles que : adénopathies inguinales, comme conséquences de syphilides de la vulve ou de l'anus; — adénopathies parotidiennes, prse-auriculaires, épitrochléennes ^ etc. Aucun ganglion , en un mot, n'est à l'abri soit de l'influence générale de la syphilis, soit du retentissement que peut exercer sur lui une manifestation locale de la diathèse.

A quel ternie, à quel âge de la syphilis se produisent les adénopathies dont nous traitons actuellement?

Ces adénopathies sont, dans l'ordre chronologique de la diathèse, des lésions essentiellement et exclusivement secom/aim. D'une part, en elTet, elles ne sont jamais contemporaines de l'explosion du chancre, elles ne se produisent jamais avant l'époque où l'influence générale de la syphilis se traduit par des manifestations disséminées; et, d'autre part, elles ne s'observent

1. A propos de cette dcrnièi i! adciiopatliie (udcuopalliie c/n/roc/i/écnne), je dois dire qu'on en a beaucoup exagéré la fréquence, en la donnant coninic un signe habiluel ou comnuin de syphilis. Je Tai recherchée très attentivement sur plusieurs centaines de malades, hommes ou femmes, et ne l'ai jamais rencontrée que d'une façon assez rare, prcscpie exceptionnelle.

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