ÉPOQUE D'APPARITION. — CARACTÈRES CLINIQUES
jamais, au moins sous celte forme, à une époque tardive de la diathèse, dans ce qu'on appelle le stade tertiaire.
C'est dans la période secondaire, à son début ou dans ses premiers mois, qu'elles se produisent le plus habituellement. II n'est pas rare de les observer un peu plus tard, dans le cours de la seconde année, par exemple. Mais au delà elles deviennent de moins en moins communes; et, passé la troisième année environ, elles ne se rencontrent guère plus. Pour prendre un terme extrême, jamais on ne les observe après 10, 15, 20 ans d'infection. A cette période, si elles ont existé autrefois, il y a longtemps qu'elles n'existent plus, et les rechercher à aussi longue échéance est un soin plus que superflu. N'imitez donc pas. Messieurs, ces mauvais observateurs qui, ayant à instituer le diagnostic soit d'un chancre tout récent , soit d'une lésion ultra-tertiaire, s'en vont explorer avec une attention scrupuleuse les régions cervicales de leurs malades. Car c'est faire preuve d'ignorance, c'est commettre un anachronisme pathologique, que de s'efforcer à trouver des adénopathies secondaires dans une époque de la diathèse qui ne les comporte pas.
Sous quelle forme clinique se présentent les adénopathies secondaires ?
D'un mot je puis vous résumer leurs caractères, en vous disant qu'eUes rappellent exactement, trait pour trait, l'adénopalhie symptomatique du chancre, celle que nous avons étudiée en- . semble il y a quelques semaines. Elles reproduisent cette adcnopathie comme symptômes, comme évolution, comme terminaison, comme allure générale, et aussi, disons-le immédiatement, comme bénignité, comme tendance à larésolution pure et simple, en dehors même de toute intervention thérapeutique.
Ce sont en effet des adénopathies essentiellement froides, indolentes, aphlegmasiques et résolulives. — Détaillons.
Gomme volume, d'abord, elles sont peu considérables. Elles n'offrent guère en moyenne que les proportions d'une noisette. Quelquefois moindres (exemple : adénopathies mastoïdiennes), elles atteignent en d'autres cas les proportions d'une olive, d'une demi-noix ou même d'une noix.
176 ADÉNOPATHIES SECONDAIRES.
Elles débutent et se constituent sourdement, insidieusement, sans attirer l'attention des malades, qui s'en aperçoivent un beau j'our d'une façon toute fortuite, ou qui en ignorent l'existence et s'en montrent fort surpris quand le médecin les leur révèle. C'est assez dire combien elles sont indolentes dans leur développement. C'est dire aussi qu'elles sont absolument aphlegmasiques, ne déterminant ni rougeur de la peau, ni chaleur locale, ni phénomènes réactionnels généraux, ni troubles périphériques d'aucun genre. Ce .'sont en un mot des intumescences glandulaires, et rien de plus; des intumescences glandulaires lisses à leur surface, fermes et dures, assez analogues pour leur consistance aux ganglions du cancroïde, et donnant bien l'idée d'une infiltration, d'une néoplasie ganglionnaire. — Elles ne contractent aucune adhérence avec les tissus ambiants; elles restent libres elmohiles, ce qui permet d'en apprécier à la fois le volume, la forme et la rénitence. On les prendrait volontiers, tant elles roulent librement sous le doigt, pour de véritables « noisettes » sous-cutanées, comme les appellent les malades. Elles diffèrent notablement en ce point des adénopathies inflammatoires ou strumeuses, dont le propre est de former de rapides adhérences avec le stroma cellulaire périphérique et de se masser avec les tissus ambiants.
Une fois qu'elles ont acquis leur complet développement, ces adénopathies restent ce qu'elles sont, et cela pour un temps variable, toujours assez long. Pendant plusieurs semaines au minimum, pendant plusieurs mois en général, elles demeurent absolument stationnaires sans subir la moindre modification. — Puis, à un moment donné, elles commencent à perdre de leur consistance et à diminuer de volume. Elles se résolvent alors progressivement, sans phénomènes nouveaux, s'atrophient sur place et disparaissent. Elles sont donc, comme je vous l'ai dit, t^ponlanément résolutives.
Au total, ces adénopathies, comme vous le voyez, Messieurs, sont surtout i-emarquables par leur excessive bénignité. On a dil avec justesse qu'elles « sont plus curieuses qu'importantes ».
De là cette conséquence, qu'elles ne réclament aucune intervcn-