Traité des maladies vénériennes, p
u SOURCES DE LA CONTAGION.
n'ai vu que bien peu de nourrices éviter l'infection après avoir allaité un certain temps des nourrissons syphilitiques.
Aussi rencontrons-nous et rencontrerez-vous dans la pratique, messieurs, quantité de femmes infectées de la sorte par leurs nourrissons. Et c'est pitié, en vérité, de voir tant de malheureuses nourrices contracter une détestable maladie dans l'exercice d'une fonction honnête par excellence
Indépendamment des sources de contamination précitées, il en existerait, dit-on, trois autres encore, spéciales toutes trois à la femme, à savoir :
1° La contagion par le sperme ;
2° La contagion par le fœtus dans le travail de l'accouchement;
3° La contagion par le fœtus dans le sein maternel.
Quelques développements à ce triple propos.
1° Pour le sperme, on a prétendu qu'il pouvait transmettre la contagion de deux façons différentes : 1° à la façon et à l'égal d'une sécrétion virulente, c'est-à-dire en déterminant un chancre in situ, au point même où il se trouve déposé; — 2" d'une façon toute spéciale, en inoculant d'emblée la diathèse sans développer d'accident local de contamination. De telle sorte qu'une femme contagionnée par la semence d'un homme syphilitique aboutirait du premier coup aux accidents consécutifs de la vérole sans passer par la fdière de l'infection primitive.
Sur le premier point, la science est fixée actuellement, de par
1. Il n'est pas que les nourrices qui soient exposées à recevoir la contagion d'un enfant syphilitique. On a vu plus d'une fois la contagion se transmettre d'un enfant syphilitique aux personnes chargées de lui donner des soins, à des bonnes, à des gardes, à des parents (autres que le père et la mère), voire à des enfants, etc. Comme exemple, je citerai le fait d'un grand-pi-rc et d'une grand'mcrc que je traite actuellement et qui tous deux ont reçu la sypliilis de leur petitc-fiUe qui était confiée à leur garde. — J'avais dans mon service de Saint-Louis, l'année dernière, une vieille femme de soixante-cinq ans qui avait contracté un chancre du menton d'un enfant syphilitique à qui elle servait de garde et dont les lèvres, la bnuclie, le visage, etc., étaient couverts de sypiiilides ulcéreuses. — Et ainsi de tant et tant d'autres cas analogues que je pourrais citer.
L'élevage d'un enfant syphilitique est donc chose éminemment périlleuse pour linite.<: personnes appelées à se trouver en contact assidu avec lui. Or, comme celte tâche incombe naturellement à des femmes, c'est là pour le sexe féminin une source fréquente de contagions.