CONTAGION DÉRIVANT DU FŒTUS
les données de l'observation clinique et de par les résultats de l'expérimentation. L'observation clinique a nettement démontré que le sperme d'un sujet syphilitique n'est pas susceptible de développer un chancre sur les tissus avec lesquels il est mis en contact. Ne voit-on pas journellement des individus syphilitiques avoir des rapports répétés soit avec leur femme, soit avec leurs maîtresses, sans leur transmettre le moindre accident? D'autre part, l'expérimentation s'est prononcée dans le même sens. On a inoculé à des sujets sains du sperme provenant de sujets syphilitiques, et, comme on devait s'y attendre, cette inoculation est restée absolument et invariablement négative dans tous les cas*.
Quant à l'opinion qui attribue au sperme la faculté de développer la diathèse de toutes pièces, et cela sans déterminer d'accident local de contagion, ce n'est là qu'une simple hypothèse, une conception théorique qui ne repose sur aucune base, qui ne peut invoquer en sa faveur aucun fait précis. Laissons-la donc pour ce qu'elle vaut, sans même ouvrir à son sujet une discussion superflue.
2° La possibilité d'une contagion par le fœtus dans le travail de la parturition n'offre rien que de rationnel théoriquement. Affecté de lésions contagieuses, un enfant reste en contact, pendant un temps assez long, avec les parties de sa mère, distendues, éraillées, le plus souvent même déchirées ; quoi d'étonnant à ce qu'il puisse inoculer ces parties ? Mais où sont les faits qui démontrent que cette contagion se soit jamais produite? Vainement vous en chercheriez de nature à vous satisfaire et vous convaincre. Je n'ai jamais rien observé de semblable pour ma part, et je crois être en mesure d'affirmer qu'il n'existe pas dans la science une seule observation témoignant d'une façon authentique qu'une mère ait été contaminée de la sorte par son enfant. Donc je n'insisterai pas davantage et me bornerai à vous dire ceci : un tel mode de transmission ne serait pas absolument impossible à la rigueur; mais il n'a pas encore été vérifié cliniqucment, même une seule fois.
1. V. Mircur, Recherches sur la non-inoculabilité syphilitique du sperme, publiées ilans les Annales de dermatologie et de sijphiligraphie, t. VUI, 1876-77, p. 423, — Dr X..., communication orale.