‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 193 sur 263 · FRISSONS · texte numérisé non relu

FRISSONS

gravité apparente, qui pourrait donner le change et faire penser à des phénomènes pernicieux. Toutefois ils comportent indirectement, au point de vue de la dialhèse, un pronostic actuel assez défavorable. Il est d'observation, en effet, qu'ils ne se produisent guère que dans certaines formes de syphilis secondaire à déterminations multiples et rebelles, affectant d'emblée les fonctions splanchniques, et éprouvant les malades bien plus rudement, bien plus sérieusement que ne le fait une vérole vulgaire à symptômes extérieurs.

Comme origine, enfin, comme pathogénie, il est bien certain que ces accidents dérivent du système nerveux ; il est vraisemblable même , pour préciser davantage , qu'ils doivent tenir à un trouble morbide du grand sympathique. Cette dernière opinion n'est qu'une hypothèse, assurément; mais c'est une hypothèse en harmonie avec les données de la physiologie contemporaine, avec les expériences nombreuses qui représentent le grand sympathique comme présidant aux fonctions de circulation locale et réglant par l'intermédiaire de ses filets vaso-moteurs la température propre de chaque partie du corps.

II. — C'est encore à des troubles de même ordre et de même provenance qu'il convient sans doute. Messieurs, de rapporter certains autres phénomènes assez communs de la période secondaire, tels que les suivants.

Nombre de malades, nombre de femmes surtout, à cette époque de la diathèse, se plaignent d'éprouver de temps à autre des fris-' sons passagers. Ces frissons ont pour caractère de se produire inopinément, sans cause, soit dans la journée, soit plus spécialement dans la nuit; — ils durent peu, quelques instants, quelques minutes, une minute même, mais se répèlent à intervalles plus ou moins rapprochés;. — ils sont peu intenses et consistent inoins, à vrai dire, en des frissons réels qu'en des frissonnements, deshorripilations éphémères ; — ils se relient souvent à une sensation de froid plus ou moins durable, mais d'autres fois ils existent indépendamment de tout phénomène do cette nature.

Page 1